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Confrontation entre Autochtones et la police à Caledonia

Des flammes se dégagent d'une barricade au milieu de la rue Argyle, à Caledonia.

Des pneus en feu à Caledonia jeudi, après la décision d'un juge d'octroyer une injonction contre une revendication territoriale des Six Nations.

Photo : CBC

Radio-Canada

La situation est tendue à Caledonia, en Ontario, où des membres des Six Nations de la rivière Grand ont dressé une barricade pour bloquer un projet de construction résidentielle sur ce qu'ils qualifient de terres ancestrales.

Une confrontation a eu lieu jeudi entre les protestataires et la Police provinciale de l'Ontario (PPO), après la décision d'un juge d'accorder une injonction permanente au promoteur immobilier.

Les manifestants accusent les policiers d'être les instigateurs de la confrontation et d'avoir utilisé un pistolet à décharge électrique contre l'un d'entre eux, en plus d'avoir tiré au moins une balle de caoutchouc.

C'est un autre exemple d'actes violents d'agression de la part de la PPO contre des gens qui ne font qu'occuper leurs terres ancestrales. Nous en avons assez, affirme le porte-parole autochtone Skyler Williams.

Les policiers de la PPO affirment, eux, avoir usé d'un « niveau approprié de force non létale ». Ils affirment que plusieurs véhicules de police ont subi des dommages majeurs. Une enquête a été ouverte.

En plus de pneus et de palettes de bois, les protestataires ont mis le feu à un poteau électrique jeudi soir, selon la police.

Vendredi matin, ils ont démoli une partie de la chaussée de la route McKenzie, qui mène au site du projet immobilier contesté, selon les tweets d'un reporter de CBC News sur le terrain.

Par ailleurs, les manifestants ont utilisé un autobus scolaire pour fortifier leur barricade.

Un autobus scolaire renversé sur la route.

La barricade autochtone à Caledonia le 23 octobre.

Photo : CBC/Jorge Barrera

Doug Ford en a assez

Je vais être très clair : je ne tolérerai aucune forme de violence. [...] On règle nos problèmes à la table de négociations. On n'attaque pas la police, on ne brûle pas des poteaux électriques. On ne détruit pas de routes. C'est inacceptable.

C'est ce qu'a déclaré le premier ministre ontarien Doug Ford, vendredi après-midi durant son point de presse quotidien, en lien avec la situation à Caledonia.

99,9 % des membres des Premières Nations sont des gens merveilleux. [...] Je vais toujours être de votre côté, je vais toujours vous défendre. Mais vous devez contrôler [ceux qui causent des problèmes], parce que je ne tolérerai pas que des gens attaquent la police, a-t-il ajouté, faisant référence à la confrontation qui a eu lieu jeudi.

Justin Trudeau appelé à intervenir

Le porte-parole autochtone Skyler Williams dit que les protestataires ne quitteront pas les lieux tant que les policiers « n'arrêteront pas de pointer des armes en [leur] direction ».

Il ajoute que d'autres membres des Premières Nations au pays sont prêts à se joindre à eux.

Selon lui, le juge R. J. Harper, de la Cour supérieure, qui a accordé l'injonction au promoteur Foxgate et au comté de Haldimand, « monte les Canadiens contre les peuples autochtones ».

Le résident de Caledonia Lewis Walker demande au premier ministre Justin Trudeau d'intervenir.

Pourquoi ce conflit perdure-t-il? Au bout du compte, c'est un enjeu fédéral et on en a assez.

Lewis Walker, résident de Caledonia

L'occupation autochtone de l'emplacement du projet domiciliaire a commencé l'été dernier, quelques mois après le blocage ferroviaire à Tyendinaga.

En 2006, un chantier de construction avait aussi été occupé à Caledonia.

Les Six Nations de la rivière Grand ont plusieurs revendications territoriales contre les gouvernements fédéral et ontarien sur lesquelles les tribunaux doivent se pencher en 2022.

Jeudi, le juge Harper a accordé une injonction permanente dans le dossier du projet de McKenzie Meadows, après que les protestataires eurent refusé de se plier aux précédentes injonctions temporaires. Des abus ont été commis à l'endroit des communautés autochtones, a affirmé le magistrat, mais les revendications dans notre société doivent être traitées de façon respectueuse et en suivant les ordonnances de la cour.

Le maire du comté de Haldimand, Ken Hewitt, presse lui aussi Ottawa d'agir. Le gouvernement fédéral a un grand rôle à jouer, dit-il. Ottawa a abdiqué ses responsabilités au fil des années en ne donnant pas aux membres des Six Nations une plateforme pour exprimer leurs préoccupations et un processus pour gérer ces enjeux. C'est pour ça qu'on en est rendus là.

Avec les informations de CBC News

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