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Le Château contraint de mettre la clé sous la porte

Des vêtements accrochés dans une boutique.

La chaîne de boutiques Le Château réclame la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.

Photo : The Canadian Press / MARTA IWANEK

La direction des boutiques de vêtements Le Château a annoncé vendredi qu’elle a déposé une demande pour se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers.

La chaîne de boutiques bien connue au Canada affirme dans un communiqué avoir fait cette demande au tribunal pour assurer une liquidation ordonnée de ses actifs et la cessation de ses activités.

La demande doit être entendue par la Chambre commerciale de la Cour supérieure du Québec au cours de la journée.

C’est la firme PricewaterhouseCoopers Inc. qui supervisera les activités de la compagnie pendant la liquidation des actifs.

La direction de la chaîne de vêtements, qui emploie 1400 personnes dans 123 succursales et son siège social, explique qu’en dépit de plusieurs mois d’efforts, elle n’est pas arrivée à refinancer ni à vendre l’entreprise.

Le siège social du détaillant, en affaires depuis 1959, est situé à Montréal.

Déjà aux prises avec d’importantes baisses des ventes en raison de la progression du commerce en ligne ces dernières années, Le Château a été frappé de plein fouet par la pandémie de COVID-19.

L'impact déjà évident de cette situation sur la demande des consommateurs pour les vêtements du temps des Fêtes et les tenues de soirée de Le Château, qui représentent le cœur des produits que nous offrons, a réduit la capacité de Le Château à poursuivre ses activités, explique la direction.

En janvier dernier, Le Château affichait une perte nette de 69 millions de dollars au terme de l'exercice précédent. Le dernier exercice où la compagnie avait déclaré des profits remonte à 2010.

En 2016, Le Château avait annoncé la fermeture, sur trois ans, de 40 de ses magasins au pays dans le cadre d’un effort visant à redresser ses activités déficitaires. Déjà fragilisée, la compagnie n'aura pas survécu à la deuxième vague de COVID-19.

Outre Le Château, un grand nombre de détaillants de vêtements ont dû baisser pavillon au Canada ces dernières années en raison du changement d’habitudes des consommateurs qui désertent les succursales, de la concurrence qui s’internationalise et des coûts reliés au maintien d’un grand nombre de boutiques.

Au cours des derniers mois, les chaînes de vêtements Magasin Laura, Groupe Dynamite, Forever 21, Reitmans, Coalision (Lolë), les Entreprises Vagabond, Frank and Oak, les magasins de plein air Sail et La Cordée, pour ne nommer que ceux-ci, se sont tous placés sous la protection de la loi sur les faillites ou ont dû restructurer leurs activités.

Un modèle d'affaires dépassé

Depuis l'essor important du commerce en ligne, beaucoup de détaillants sont disparus faute de n'avoir pas su ou pu se réinventer. On n'a qu'à penser au géant Sears qui a fermé ses portes au Canada en 2018 après 66 ans d'existence où à la multitude de boutiques qui ont fermé leurs portes, faute d'offrir une expérience client concurrentielle en ligne.

Dans le cas des magasins qui sont en difficulté, c’est un concept pour la plupart qui date des années 1980, où on tente d’ouvrir plusieurs magasins à beaucoup d’endroits, explique Jacques Nantel professeur émérite à HEC Montréal.

Le coût de gérer la logistique d’approvisionnement des produits, comme envoyer des chandails un peu partout dans de petits magasins est énorme, surtout au moment où le commerce électronique prend de l’ampleur.

Jacques Nantel, professeur émérite à HEC Montréal

Trop de magasins trop petits avec un décor et une ambiance qui n’ajoutent pas une grande valeur ajoutée [par rapport au magasinage en ligne], résume M. Nantel qui explique que les chaînes qui tirent leur épingle du jeu actuellement ont une offre attrayante pour les gens sur Internet tout en proposant une expérience client plus poussée dans des succursales plus grandes, mais surtout moins nombreuses.

Propos recueillis par Diana Gonzalez

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