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Des millions de Britanniques se font serrer la vis pour contrer la COVID-19

Une femme masquée marche près d'une voie réservée aux piétons au centre d'une rue.

À Cardiff, au pays de Galles, le centre-ville était essentiellement désert avant même le confinement.

Photo : Reuters / REBECCA NADEN

Agence France-Presse

Des millions de Britanniques se voient imposer vendredi des restrictions locales durcies, le pays de Galles entrant même dans un nouveau confinement, pour endiguer la deuxième vague de nouveau coronavirus au Royaume-Uni, qui aborde la question en ordre dispersé.

Largement approuvé dans l'ensemble par la population, ce durcissement entraîne des tensions et de la résistance, notamment dans le nord de l'Angleterre, région particulièrement touchée qui se sent traditionnellement délaissée par Londres.

Tout ça est ridicule. J'ai 83 ans et je m'en contrefous, a témoigné auprès de la BBC une retraitée de la région, dans une intervention devenue virale sur les réseaux sociaux.

Je n'ai plus beaucoup d'années à vivre et je ne vais pas les passer enfermée chez moi alors que le gouvernement fait n'importe quoi! Vous savez qui va payer pour tout ça? a poursuivi Maureen Eames. Tous les jeunes. Pas moi, parce que je vais mourir.

Confiné d'un bloc le 23 mars lors de la première vague, le pays le plus endeuillé en Europe par la pandémie (plus de 44 000 morts) réagit à la résurgence de contaminations de manière localisée, les gouvernements locaux étant compétents en la matière.

À partir de 18 h, heure locale, les plus de 3 millions d'habitants du pays de Galles devront rester à la maison jusqu'au 9 novembre, devenant ainsi la première province britannique à se résoudre à un confinement.

Tous les commerces non essentiels devront fermer, mais les enfants du primaire et de certaines classes du secondaire pourront retourner à l'école début novembre après les vacances scolaires.

En Angleterre, le gouvernement du premier ministre britannique Boris Johnson cherche à éviter un confinement général, mais désormais environ la moitié de la population, soit quelque 29 millions d'habitants, vit sous des restrictions locales à un niveau ou un autre.

Dans le nord-ouest de l'Angleterre, la ville de Manchester est passée vendredi matin au niveau d'alerte sanitaire maximale, après plusieurs jours de bras de fer infructueux entre le gouvernement et les collectivités locales sur les contreparties économiques.

Ses 2,8 millions d'habitants ne peuvent désormais plus se rencontrer entre différents foyers, sauf très rares exceptions, et les bars et pubs qui ne servent pas à manger ont fermé, la ville étant désormais classée par les autorités au niveau très élevé, dernier échelon d'un système d'alerte qui en compte trois.

La région du Yorkshire du Sud va subir le même sort dans la nuit de vendredi à samedi, portant à 7,3 millions le nombre d'Anglais soumis au niveau de restrictions le plus élevé.

En Écosse, la première ministre Nicola Sturgeon a annoncé vendredi un système d'alerte semblable à celui de ses voisins anglais, qui comporte lui cinq échelons : du niveau 0 – le plus proche de la normalité, où les visites sont autorisées sans restriction entre foyers – au niveau 4, où tous les commerces non essentiels devront fermer. Les niveaux seront réévalués chaque semaine, a-t-elle précisé.

Jeudi, l'un des responsables des services sanitaires avait prévenu que les Écossais devaient d'ores et déjà se préparer à l'éventualité d'un Noël numérique.

Interrogé sur la BBC, Jason Leitch avait déclaré qu'il était honnêtement trop tôt pour dire combien de foyers seraient autorisés à se réunir pour les Fêtes, mais qu'il ne s'agirait en aucun cas d'un Noël normal.

Mi-octobre, l'Irlande du Nord a fermé pour un mois pubs et restaurants et a décidé de prolonger les vacances scolaires.

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