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L'ONU annonce un cessez-le-feu « immédiat » en Libye

Des militaires se préparent à détruire des explosifs.

Les ingénieurs militaires du gouvernement d'accord national libyen (GNA), reconnu par les Nations unies, s’apprêtent à éliminer des munitions et des explosifs dans la capitale, Tripoli, le 12 octobre 2020. La Libye a basculé dans le chaos en 2011 après la chute et la mort de Mouammar Kadhafi.

Photo : Getty Images / MAHMUD TURKIA

Radio-Canada

Les parties en conflit en Libye ont signé vendredi à Genève un cessez-le-feu national et permanent avec « effet immédiat », après cinq jours de discussions organisées sous l'égide de l'ONU.

Le cessez-le-feu a été conclu entre le gouvernement d'entente nationale (GEN), en place à Tripoli et reconnu par la communauté internationale, et l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen.

Il prend effet de façon immédiate, a indiqué Stephanie Williams, l’envoyée de l'ONU pour la Libye, après la signature de l'accord à Genève.

C’est un accord national complet et permanent avec effet immédiat.

Stephanie Williams, cheffe par intérim de la Mission d'appui de l'ONU en Libye (Manul)

Le cessez-le-feu doit par ailleurs être accompagné du départ de Libye des mercenaires et combattants étrangers dans un délai maximum de trois mois à compter d'aujourd'hui.

Mme Williams a également évoqué la mise en place d'une force de police conjointe qui aura la charge de patrouiller dans les secteurs contestés.

Stephanie Williams.

Le cessez-le-feu prend effet de façon « immédiate », a indiqué Stephanie Williams, envoyée de l'ONU pour la Libye.

Photo : Getty Images / FABRICE COFFRINI

Un dialogue politique cette fois doit débuter le 9 novembre à Tunis.

Mais il n'existe toujours pas de signal clair que les belligérants libyens considèrent cela comme autre chose qu'une nouvelle période de postures et de positionnement qui doit leur permettre de dominer l'autre lors de la prochaine phase à venir de la transition, estime Tarek Megerisi, spécialiste des questions liées à l'Afrique du Nord et au Moyen-Orient au sein du Conseil européen des relations internationales.

La signature de l'accord de cessez-le-feu coïncide avec une première symbolique : pour la première fois en plus d'un an, un avion de ligne a effectué un vol entre Tripoli – où siège le GEN – et Benghazi, la capitale de la Cyrénaïque, dans l'est du pays, place forte de l'ANL.

Un accord accueilli avec prudence

L’Union européenne (UE) salue cette annonce en rappelant que sa mise en œuvre est aussi importante.

Nous savons très bien que la mise en œuvre sera plus difficile que les négociations sur cet accord.

Peter Stano, porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell
Recep Tayyip Erdogan.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Photo : Associated Press

L'UE entend désigner un représentant spécial pour accompagner le processus politique en Libye. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est considéré comme un acteur clé en Libye, doute carrément de la viabilité du cessez-le-feu.

L'accord de cessez-le-feu de ce jour n'a pas été conclu au plus haut niveau, mais à un niveau moindre, a déclaré M. Erdogan à des journalistes à Istanbul.

Pour moi, [cet accord] semble manquer de crédibilité.

le président turc Recep Tayyip Erdogan

Le président Erdogan a également fait un parallèle entre la situation en Libye et celle dans le Haut-Karabakh. Un cessez-le-feu a aussi été déclaré entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Est-ce que les Arméniens ont tenu parole? Non. Espérons que [le sort de cet accord] ne sera pas similaire et que le cessez-le-feu sera respecté, a ajouté M. Erdogan.

Quel sera le sort des combattants étrangers?

Les États-Unis, qui se sont opposés récemment à la désignation d'un émissaire spécial de l'ONU en Libye, ont salué l'accord de cessez-le-feu en appelant au départ de tous les combattants étrangers du pays.

L'accord est un progrès majeur vers la réalisation des intérêts qu'ont tous les Libyens à la désescalade, la stabilité et le départ des combattants étrangers, a indiqué un communiqué de l'ambassade des États-Unis en Libye.

À l’instar des autres pays, Washington reconnait le gouvernement de Tripoli, mais le président Donald Trump avait semé la confusion l'an dernier en faisant les louanges du maréchal Haftar.

La France a également salué l'accord qui montre l'aspiration de tous les Libyens à la souveraineté, face aux ingérences extérieures.

Tout comme les États-Unis, la France souligne que la stabilité du pays passe par le départ des mercenaires étrangers du territoire libyen, le démantèlement des milices, l'union de tous dans la lutte contre le terrorisme et l'arrêt des violations de l'embargo sur les armes, a indiqué la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès von der Mühll.

Paris avait tenté sans succès une médiation, en 2017-2018, pour obtenir un règlement politique de la crise libyenne. Cependant, il est reproché à la France d'avoir alors apporté une légitimité internationale à l'homme fort de l'est du pays, le maréchal Khalifa Haftar, par ailleurs soutenu militairement par les Émirats arabes unis, la Russie et l'Égypte.

La Libye a basculé dans le chaos en 2011 après la chute et la mort de Mouammar Kadhafi.

Depuis, le gouvernement de Tripoli et l'ANL du maréchal Haftar se disputent le contrôle du pays, avec le soutien de puissances étrangères.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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