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Les négociations se poursuivent entre la FIQ et le gouvernement Legault

Une membre de la FIQ tenant une pancarte entourée de dizaines d'effigies représentant des patients de CHSLD.

Une membre de la FIQ près du Centre d’hébergement René-Lévesque, à Longueuil entourée de dizaines d'effigies représentant des patients de CHSLD.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

La FIQ négociait encore avec Québec, vendredi, après avoir annulé l'exercice prévu de ses moyens de pression, samedi et dimanche.

Les infirmières de la Fédération interprofessionnelle de la santé avaient prévu s'en tenir à leur horaire régulier de travail, samedi et dimanche, et refuser de faire des heures supplémentaires obligatoires.

Mais jeudi, lors d'une conférence de presse, la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, s'est dite ouverte à négocier spécifiquement des façons de diminuer la surcharge de travail des infirmières, avec les moyens pour y parvenir. Elle a martelé des messages comme on vous a entendues, on comprend votre épuisement, on est au rendez-vous.

Réunies en conseil national extraordinaire de négociation, jeudi soir, les déléguées de la FIQ ont donc décidé de donner une chance à cette main tendue par la ministre LeBel. Le refus du TSO (temps supplémentaire obligatoire) samedi et dimanche a donc été annulé. Et les parties se sont donc rencontrées de nouveau vendredi.

La FIQ a toutefois insisté sur le fait que les engagements publics de la ministre LeBel devront se traduire concrètement par des engagements aux tables de négociation, car notre patience sera de courte durée, a t-elle prévenu dans un communiqué.

La FIQ, qui représente 76 000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques, avait été convoquée par le Tribunal administratif du travail, jeudi, à cause de son refus annoncé de faire des heures supplémentaires obligatoires samedi et dimanche.

Le Comité patronal de négociation avait demandé au tribunal d'intervenir, craignant que les services dus à la population ne soient trop affectés.

Il n'y a jamais eu autant d'infirmières au Québec

Le Québec n'a jamais compté autant d'infirmières, indique leur ordre professionnel, qui publie ses statistiques annuelles sur la profession.

Au 31 mars dernier, il y avait 78 204 personnes inscrites au tableau de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec – un nombre qui n'a jamais été aussi élevé, souligne l'ordre.

Il y avait 1600 infirmières de plus que l'année précédente, soit une croissance des effectifs de 2,2 %.

L'ordre professionnel a également enregistré un nombre record de retours dans la profession, notamment une centaine d'infirmières qui sont revenues avec l'appel lancé par le gouvernement à cause de la pandémie de coronavirus.

Les problèmes actuels d’effectif viennent de la trop faible proportion d'infirmières qui travaillent à temps complet, souligne l'ordre professionnel.

Deux priorités

Une infirmière dans une salle d'opération.

Les infirmières et le personnel médical sont plus sollicités que jamais en ce moment au Québec.

Photo : Getty Images / gpointstudio

La FIQ s'est donné deux priorités pour réduire la charge de travail de ses membres: implanter des ratios sécuritaires infirmière-patients et constituer des équipes de soins complètes et stables, avec des postes à temps complet qui permettent la conciliation travail-famille.

Le premier ministre François Legault a déjà déploré le fait que même quand des postes à temps complet étaient affichés, les infirmières à temps partiel ne postulaient pas pour les obtenir.

La présidente de la FIQ, Nancy Bédard, a déjà expliqué que ces postes à temps complet doivent être attractifs pour intéresser ses membres. Or, certains postes à temps complet incluent du travail à des quarts de jour, de soir et de nuit, ou bien du travail dans trois unités de soins différentes.

De plus, avec un poste à temps complet viennent souvent les heures supplémentaires obligatoires – un irritant majeur pour les infirmières, qui s'estiment alors « prises en otage » au travail.

Le gouvernement a déjà indiqué que seulement 50 % des infirmières travaillent à temps complet.

Le premier ministre Legault a déjà prévenu, cependant, que Québec ne pourrait à la fois offrir des augmentations de salaire supérieures à l'inflation et investir pour régler les problèmes de surcharge de travail.

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