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La campagne « Répondez présent » dans les écoles donnera-t-elle les résultats escomptés?

Plusieurs organisations reprochent au ministre de l’Éducation une réaction tardive au manque de personnel.

Une adulte verse du désinfectant dans la main d'une élève dans la cour de l'école Principal Sparling.

Une employée de soutien d'une école accueille les élèves et les familiarise avec les mesures d'hygiène.

Photo : CBC/Jeff Stapleton

La plateforme « Répondez présent » qui vise à pourvoir des postes pour soutenir le réseau scolaire à bout de souffle a attiré jusqu'à maintenant 38 430 candidatures de personnes prêtes à prendre la relève du personnel de soutien dans les écoles. À ce jour, seulement 1023 candidatures ont été retenues, dont 426 surveillants d’élèves, 441 concierges et 156 éducateurs en service de garde.

Ce sont les centres scolaires qui ont la tâche de scruter chacune des candidatures et de faire les embauches au terme du processus. Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, a l'intention de recruter jusqu'à 2000 travailleurs par l'intermédiaire de cette plateforme.

La Fédération du personnel de soutien scolaire de la Centrale des syndicats du Québec (FPSS-CSQ) avance que ces recrues ne sont pas nécessaires. Le syndicat croit que le problème de pénurie de personnel doit se régler d'abord avec les travailleurs qui sont déjà sur le terrain.

Pour nous, ça ne passe pas par aller chercher des gens de l'extérieur, ça passe par aller chercher des gens en place déjà formés qui sont fidèles et qui tentent de rester fidèles, soutient Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ.

Le syndicat s'appuie sur la précarité à laquelle les travailleurs qu'il représente sont confrontés. Par exemple, sur les 28 487 éducatrices en service de garde réparties partout au Québec, à peine 8326 occupent un poste à temps complet, ce qui signifie 70 % ont un statut précaire.

C'est un affront d'aller chercher des gens de l'extérieur parce qu'il y en a des gens qui travaillent depuis des années, qui travaillent 10 et 12 heures qui vivent la précarité pis on va chercher des gens pas formés, c'est très ordinaire, ajoute Éric Pronovost.

Accusé de désorganisation

Annie Bissonnette, secrétaire à l'école Fleur-de-Vie à Laval.

Annie Bissonnette, secrétaire à l'école Fleur-de-Vie, à Laval, ne digère pas encore ses heures consacrées inutilement à la préparation du premier bulletin.

Photo : Radio-Canada

Sur le terrain, le personnel de soutien accuse le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, de désorganisation. Je travaille souvent dans le vide et parfois en double pour rien, dénonce Annie Bissonnette, secrétaire à l'école Fleur-de-Vie, située à Laval.

Elle ne digère pas encore ses heures consacrées inutilement à la préparation du premier bulletin. Ça demande une préparation, le premier bulletin. Il fallait mettre beaucoup de choses en place pour le 15 octobre et ce premier bulletin, explique-t-elle.

Le 8 octobre, le ministre de l'Éducation rend publique une directive dans laquelle il annonce qu'il n'y aura finalement pas de premier bulletin : Dans le but de faciliter et d'alléger la charge de travail du personnel scolaire (...) pour cette année, seulement deux bulletins seront transmis aux parents au lieu de trois, peut-on lire dans le communiqué annonçant cette décision.

Quand on a appris que le ministre avait enlevé le premier bulletin, tout le travail avait été fait, moi ça m'a demandé énormément de travail. Environ une semaine pour essayer de préparer les normes et modalités. Ça, ça veut dire que je vais devoir tout refaire le travail pour l'adapter, s'insurge Annie Bissonnette, qui croit que, dans le contexte, ces heures auraient pu être utiles à autre chose.

Et puis tous les postes que le gouvernement cherche à pourvoir d'urgence par l'intermédiaire de la plateforme Répondez présent auraient pu être pourvus avant la rentrée scolaire, dit Sylvie Levert, éducatrice en service de garde au centre de services scolaires de la Rivière-du-Nord depuis 22 ans.

En septembre quand les écoles ont rouvert, il le savait le ministre qu'on avait des besoins particuliers auxquels il fallait répondre, mais ils n'ont pas bonifié les budgets pour qu'on puisse donner plus d'heures pour répondre adéquatement à tout.

Résultat, en plus de faire face à une pénurie de main-d'œuvre, à peine deux mois après le début de l'année scolaire, le personnel est exténué : Écoutez, on était à bout de souffle après trois semaines, indique Sylvie Levert.

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