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La transfusion de plasma de patients guéris de la COVID-19 peu efficace

Cette méthode s'est révélée efficace pour traiter le virus Ebola ou le SRAS.

Des mains gantées manipulent du plasma dans un laboratoire.

Du plasma d'un patient guéri de la COVID-19 dans un laboratoire à Seattle, aux États-Unis

Photo : Reuters / LINDSEY WASSON

Agence France-Presse

Transfuser à des malades de la COVID-19 du plasma prélevé sur des personnes ayant été contaminées, mais désormais rétablies, ne réduit pas leurs chances d'être gravement atteints ou de mourir, selon une étude publiée vendredi.

Alors que la palette de traitements contre le nouveau coronavirus est toujours très limitée et que les recherches pour un vaccin se poursuivent, il s'agit des premiers résultats d'essais cliniques destinés à évaluer les bénéfices d'une transfusion de ce plasma (partie liquide du sang qui renferme les anticorps après une maladie), méthode déjà autorisée dans certains pays comme l'Inde ou les États-Unis.

En tant que traitement des malades de la COVID-19 souffrant de formes modérées, le plasma de convalescent a montré une efficacité limitée, conclut l'étude réalisée en Inde et publiée dans la revue médicale BMJ, qui appelle toutefois à conduire de nouvelles études se concentrant sur du plasma contenant de hauts niveaux d'anticorps neutralisants.

Selon certaines études, la transfusion de plasma renfermant des anticorps s'est révélée efficace pour traiter le virus Ebola ou le SRAS, qui est de la même famille que le nouveau coronavirus.

Pour la COVID-19, de récentes études observationnelles ont suggéré une possible efficacité du plasma.

Cependant, lors de cet essai clinique randomisé (patients choisis par tirage au sort) conduit dans des dizaines d'hôpitaux publics et privés en Inde, les chercheurs ont découvert que la méthode n'avait pas permis de réduire la mortalité ou d'empêcher, pour les malades modérés, la progression vers un cas grave.

L'étude, financée par le Conseil indien pour la recherche médicale, a enrôlé, entre avril et juillet, 464 patients adultes, d'une moyenne d'âge de 52 ans, et les a séparés au hasard en deux groupes.

Le groupe témoin de 229 malades a reçu les soins habituels, tandis que 235 patients ont reçu deux transfusions de plasma de convalescent en plus des soins habituels.

Après 28 jours, 44 participants (19 %) du groupe plasma et 41 (18 %) du groupe témoin ont développé une forme grave de la maladie ou sont morts.

En limitant la comparaison aux patients ayant reçu du plasma avec un niveau d'anticorps détectable, on a obtenu les mêmes résultats.

Les Britanniques estiment que la méthode est prometteuse

En revanche, selon l'étude, les transfusions de plasma ont permis une amélioration des difficultés respiratoires et de la fatigue, et le virus était moins souvent détectable après sept jours.

Cet essai a été rigoureux, a déclaré la spécialiste de santé publique Elizabeth Pathak dans un commentaire publié par le BMJ.

Le service de santé britannique (National Health Service), qui mène le même type d'essai sur le plasma, s'est quant à lui montré prudent, soulignant que, dans l'expérience indienne, on avait utilisé des dons de plasma contenant de 6 à 10 fois moins d'anticorps que ceux collectés au Royaume-Uni.

Il y a d'autres éléments prometteurs montrant que du plasma de convalescent contenant des taux élevés d'anticorps pourrait améliorer le sort des patients, a-t-il indiqué.

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