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Controverse à l’UdO : le dialogue encouragé par les autres universités de la région

Le pavillon Tabaret de l'Université d'Ottawa.

Le recteur de l’Université d’Ottawa a lancé un appel au calme tard mercredi dans une lettre adressée à la communauté universitaire.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

Radio-Canada

L’Université du Québec en Outaouais (UQO) et l’Université Carleton appellent au dialogue dans la foulée de la controverse qui touche l’Université d’Ottawa.

Après l'appel au calme lancé mercredi par le recteur de l'Université d'Ottawa (UdO), les dirigeants de deux autres universités de la région ont réagi à la controverse. Dans une lettre adressée à la communauté universitaire, le recteur de l'UdO Jacques Frémont dit également souhaiter que les débordements sur les réseaux sociaux cessent.

Dans un entretien avec Radio-Canada jeudi, la rectrice de l’UQO a insisté sur l’importance des débats en milieu universitaire. Pour nous, c’est important que l’université demeure un lieu de débat, de libre circulation des idées, évidemment toujours dans le respect des personnes, a dit Murielle Laberge.

Celle-ci souhaite réitérer nos valeurs, notamment celles de l’importance qu’on accorde à la liberté universitaire et l’engagement de l’Université du Québec en Outaouais à la promouvoir, à la protéger.

La rectrice de l'UQO a également dénoncé les propos haineux et discriminatoires tenus depuis le début de la controverse. Qu’une plainte soit fondée ou non, on n’a pas le droit de se faire justice soi-même, a-t-elle lancé. Il y a des mécanismes en place pour que justice soit faite et aucune conduite à connotation haineuse, raciale ou discriminatoire ne peut être tolérée ou acceptée.

Murielle Laberge

Murielle Laberge, rectrice de l'Université du Québec en Outaouais.

Photo : Courtoisie/UQO

Je crois beaucoup dans le bon côté des humains, mais il faut amorcer les dialogues.

Murielle Laberge, rectrice de l’UQO

Murielle Laberge invite les membres de sa communauté universitaire à amorcer des discussions afin de s’assurer que tous puissent s’exprimer dans le respect si un tel incident survenait à l’UQO.

Pour aider le dialogue, il faut comprendre la réalité de l’autre, parce que chacun porte une histoire en soi qui a une charge émotive alors il faut la comprendre pour pouvoir amorcer le dialogue et le faire de façon respectueuse, a ajouté la rectrice.

Pas un enjeu de liberté académique, selon le président de l’Université Carleton

Dans une déclaration envoyée jeudi, le président de l’Université Carleton Benoit-Antoine Bacon explique que, tout comme la société, le secteur universitaire doit lui aussi composer avec le changement.

Selon lui, un changement significatif prendra du temps et des efforts, mais des études réfléchies, des conversations respectueuses et de l’empathie vont éclairer le chemin.

Affiche à l'entrée du campus où on peur lire le nom de l'établissement.

L'Université Carleton à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Même si un débat fait rage à propos de la liberté académique, M. Bacon dit ne pas voir comment le fait d’être invités à s’abstenir d’utiliser une insulte raciale […] mine cette valeur fondamentale. Le mot en n serait sans doute le mot dans la langue anglaise le plus offensant, affirme le président.

M. Bacon a aussi fait référence à la mort de George Floyd et de Joyce Echaquan en soulignant l’importance de l’écoute, la discussion et de la compréhension les uns des autres.

Il s’est aussi prononcé en accord avec une déclaration du caucus des professeur.e.s et bibliothécaires Noir.e.s, Autochtones et Racisé.e.s de l’Université d’Ottawa publiée en ligne : Les étudiants noirs méritent de fréquenter l’université sans avoir à entendre des termes désobligeants à propos de leurs communautés ou sans que l’utilisation de termes qui les déshumanisent soit proposée pour un débat en salle de classe.

Le caucus condamne sans équivoque l’utilisation du « mot en n » et la conversation autour de la liberté académique qui est utilisée pour justifier cette insulte raciste

Caucus des professeur.e.s et bibliothécaires Noir.e.s, Autochtones et Racisé.e.s de l’Université d’Ottawa

Le caucus se dit également déçu de la position de son syndicat puisqu’il a, selon lui, présenté les enjeux antiracistes comme une menace à la liberté académique.

Un appel au calme raté, selon une professeure de l’UdO

L’intention du recteur, c’était de calmer le jeu. Je pense que c’est un échec, affirme Sylvie Paquerot de l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa.

Elle estime que les étudiants et étudiantes de la communauté noire considèrent qu’il [le recteur] ne répond pas assez à leurs attentes.

D’autre part, nous, ce que nous lui avions demandé très clairement, c’était qu’ils disent publiquement que la lettre des 34 est tout à fait recevable et correspond aux normes en contexte universitaire, et donc qu’il n’y avait là ni incident raciste, ni quelque suprémacisme blanc comme nous en avons été accusés, ajoute-t-elle.

Selon elle, le message envoyé à la communauté universitaire n’a pas eu l’effet escompté.

Sylvie Paquerot en entrevue virtuelle avec Radio-Canada

Sylvie Paquerot, École d’études politiques Université d'Ottawa

Photo : Radio-Canada

Il renvoie les communautés dos à dos en disant "bon, calmez-vous".

Sylvie Paquerot de l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa

Elle qualifie même l’intervention du recteur de contre-productive. Elle croit qu’il aurait dû clarifier des faits et exiger le respect.

Sans ça, il n’y a pas de discussion possible, lance-t-elle. Le problème de départ, c’est la possibilité de débattre des questions, la possibilité de discussion qui est à l’université une nécessité.

On tient autant à garder le débat sur la liberté académique parce que la seule possibilité de se sortir de telles polarisations, c’est d’être capable de débattre, c’est d’avoir des espaces de débats, explique la professeure.

Avec les informations de Jean-François Poudrier.

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