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Analyse

Faut-il rouvrir les restaurants au Québec?

Une bouteille d'huile sur une table sur laquelle on a déposé des chaises à l'envers.

Les restaurateurs, les hôteliers et les chambres de commerce réclament une réévaluation des mesures restrictives de l’État.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Quand on se compare avec nos voisins, la situation de la COVID-19 au Québec est très préoccupante. La province affiche le nombre de nouveaux cas quotidiens le plus élevé au pays, le double de la moyenne canadienne, et un nombre plus élevé que nos voisins américains, le Massachusetts et l'État de New York, notamment. La situation est grave, affirme le premier ministre, et c’est pourquoi il accueille froidement les demandes des restaurateurs.

Contrairement à la première vague, alors que le gouvernement avait fermé 40 % de l’économie, on a l’impression ces jours-ci que les milieux d’affaires ont du mal à adhérer totalement aux décisions gouvernementales. Les restaurateurs, les hôteliers, Tourisme Montréal, ils sont nombreux à demander au gouvernement de revoir certaines décisions.

Or, François Legault répond que son objectif prioritaire demeure de réduire les contacts sociaux, et il espère une hausse du télétravail. En point de presse, jeudi, il a reconnu que ses décisions ne plaisent pas nécessairement à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Et il a dit, probablement à la blague, qu’il avait possiblement perdu des amis dans la restauration.

Il dit entendre les critiques à propos des restrictions imposées par son gouvernement. En fermant plus de 12 000 entreprises au début du mois d'octobre, le gouvernement Legault a voulu étouffer la deuxième vague de contagion de la COVID-19. Force est de constater, toutefois, que les résultats tardent à se faire sentir : la hausse des cas dépasse le millier, en moyenne, tous les jours, et il semble difficile de faire baisser la courbe.

Selon les données du gouvernement du Québec et de la Johns Hopkins University, colligées par la Banque Nationale, la moyenne mobile 7 jours du Québec est à 121,5 nouveaux cas quotidiens par million d'habitants. C'est le double de la moyenne canadienne, qui est de 63,8, et ça dure depuis plusieurs semaines.

Voici les données pour quelques provinces canadiennes – nouveaux cas quotidiens par million d'habitants :

Voici les données pour quelques États américains – nouveaux cas quotidiens par million d'habitants :

Le premier ministre compare le Québec aux États-Unis, à la France et au Royaume-Uni, qui affichent un nombre de cas plus élevé. D’autres pays font mieux que le Québec, toutefois.

Voici donc les données pour quelques pays – nouveaux cas quotidiens par million d'habitants :

Le Québec fait partie des endroits où le nombre de cas demeure parmi les plus élevés. Et compte tenu de la hausse des hospitalisations qui est attendue, le gouvernement préfère ne rien promettre, pour l'instant, quant aux décisions suivant le 28 octobre.

Or, les restaurateurs, les hôteliers et les chambres de commerce réclament une réévaluation des mesures restrictives de l’État. Ils comprennent tous la situation dans laquelle nous sommes plongés. Nous sommes tous ensemble dans cette crise, faut-il le rappeler.

Cependant, ils ne comprennent pas – surtout les restaurateurs – pourquoi ils doivent payer pour une situation qui n’est pas causée par leurs activités.

Les entreprises de restauration, partout au Québec, ont investi des sommes importantes dans la sécurité et la protection de leurs travailleurs et de leurs clients. Elles ont appliqué toutes les mesures exigées, et il est démontré que les restaurants n’ont pas été des lieux importants d’éclosion au cours des derniers mois.

En rouvrant les salles à manger, ne viendrait-on pas s’assurer que les rassemblements se fassent dans un cadre mieux suivi, plus sûr, mieux organisé, plus visible aussi que les maisons privées? Et le gouvernement ne serait-il pas bien avisé de mieux cibler les groupes et les lieux à risque?

La question est légitime, d’autant qu’avec l’ensoleillement qui s’enfuit ces jours-ci, il faut craindre une montée des troubles de santé mentale. Le Toronto Star rapporte qu’on est passé de 6 % à 13 % de Canadiens qui disent vivre avec un haut niveau de dépression... et de 20 % à 25 % de Canadiens qui disent ressentir une forme moyenne de dépression.

Carlos Ferreira, patron du Ferreira à Montréal, a déclaré sur nos ondes que le maintien des fermetures pourrait finalement avoir des conséquences plus néfastes que le fait de rouvrir les salles à manger. Pour lui, laisser les restaurants fermés, ce n’est pas nécessairement faire passer la santé avant l’économie.

La gestion de cette crise est difficile, nous en convenons tous. Elle est de plus en plus complexe. Et les prochains mois risquent d’être difficiles à plusieurs points de vue.

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