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Bridget Carleton, le secret bien gardé du basketball féminin canadien

Bridget Carleton contrôle le ballon face à une adversaire.

Bridget Carleton (à gauche) a rivalisé avec les joueuses les plus chevronnées de la WNBA en 2020, dont Sue Bird du Storm de Seattle.

Photo : Associated Press / Chris O'Meara

Bridget Carleton s'apprête à disputer sa deuxième saison de basketball de l'année 2020. Après avoir connu sa grande éclosion dans la WNBA, aux États-Unis, elle a rejoint Landerneau dans la Ligue féminine de basketball, en France, afin de gagner en expérience.

L'Ontarienne, de Chatham, n'a pas pris la décision de rejoindre l'une des meilleures ligues d'Europe pour le plaisir de voyager. En raison de la pandémie, un revirement de situation n'attend pas l'autre. Malgré la situation, elle y a vu la meilleure option pour garder son bon niveau après un été rocambolesque qui l'a aidé à prendre ses marques avec les Lynx du Minnesota.

À la maison (à Chatham), je n'avais même pas accès à une salle d'entraînement, souligne-t-elle. À ce stade de ma carrière, je me dis "pourquoi ne pas aller en France, goûter à la vie dans un autre pays, rejoindre une nouvelle équipe, avoir accès à un gym et jouer au basketball." […] En plus, on me paie! Il n'y a pas de meilleur métier.

Puisque la saison nord-américaine prend fin plus tôt qu'ailleurs, les joueuses ont la chance de parfaire leur jeu outre-mer pendant la saison morte. Cette année, c'est la France qui l'accueille.

Ça fait partie du mode de vie d'être une joueuse de basketball professionnelle. On joue toute l'année, surtout les plus jeunes.

En 2019, après n'avoir disputé que 39 minutes en l'espace de huit matchs dans la WNBA, elle avait rejoint le Fire de Townsville, en Australie, pour se refaire une confiance. Pendant tout ce temps, Stéphane Leite l'a eue à l'œil.

L'entraîneur-chef de la formation de Landerneau se réjouit de pouvoir finalement compter sur elle.

Bridget, ce n'est pas une joueuse “flashy”, c'est une joueuse d'équipe.

Stéphane Leite, entraîneur de Landerneau (LFB)

Je ne pense pas qu'elle change les aspirations du club, [mais] je pense qu'elle les appuie, c'est-à-dire qu'elle nous permet de rester ambitieux, fait-il remarquer. Bridget vient ici pour découvrir la France et pour se lancer aussi, mais nous, on espère déjà faire cette saison, et pourquoi pas continuer ensemble.

Rien n'arrive pour rien

Bridget Carleton et ses coéquipières saluent la foule à la fin d'un match de basketball.

L'Ontarienne (à droite) a disputé quatre saisons avec l'équipe de basketball féminine de l'Université d'État d'Iowa, entre 2015 et 2019.

Photo : Associated Press / Matthew Putney

L'athlète de 23 ans n'est pas la plus connue des quatre Canadiennes à œuvrer dans la WNBA, loin de là.

Kia Nurse, Kayla Alexander et Natalie Achonwa – toutes de l'Ontario – ont chacune été appelées parmi les dix premières au repêchage, ont fait leurs classes avec les plus prestigieux programmes universitaires américains et font désormais partie de l'élite du meilleur circuit nord-américain de basketball féminin.

Bridget Carleton, elle, a étudié à l'Université d'État d'Iowa, se démarquant pendant quatre saisons dans l'uniforme des Cyclones, avant d'être appelée au deuxième tour de l'encan annuel de la WNBA, en 2019, par le Sun du Connecticut.

Les débuts de sa carrière professionnelle n'ont pas été ceux auxquels elle s'attendait non plus, étant libérée au bout de quatre matchs par le Sun avant d'être reprise par les Lynx du Minnesota, avec qui elle s'est finalement révélée un an plus tard.

De la façon que je le vois, tout arrive pour une raison, confie-t-elle lors d'un entretien par visioconférence.

Bridget Carleton contre Breanna Stewart sur le terrain.

Lors des séries éliminatoires, Bridget Carleton a été chargée de contrer Breanna Stewart, la joueuse par excellence de la saison 2020 de la WNBA.

Photo : Associated Press / Chris O'Meara

Carleton rêvait de défendre les couleurs de l'unifolié lors des Jeux olympiques de Tokyo cet été, mais c'est finalement vers la bulle établie par la WNBA à Bradenton, en Floride, qu'elle s'est envolée fin juillet. Et, c'est tant mieux.

Les Jeux ayant été remis à 2021, elle a pu se concentrer entièrement sur l'atteinte de son plein potentiel sous la gouverne de Cheryl Reeve, la pilote des Lynx qui a d'ailleurs été nommée entraîneuse de l'année dans la WNBA.

Disons que si la pandémie n'avait pas eu lieu et que les Jeux s'étaient déroulés comme prévu (cet été), je n'aurais peut-être pas eu la chance que j'ai eue dans la WNBA. Je n'aurais pas pu faire ma place comme je l'ai fait.

L'Ontarienne a disputé près de 30 minutes par match pendant la saison écourtée de la WNBA. Elle a entamé trois des quatre matchs de son équipe en séries éliminatoires, mais ses coéquipières et elle se sont inclinées en demi-finale face aux éventuelles championnes, le Storm de Seattle.

La France, estime-t-elle, lui offrira la chance de revenir plus forte encore pour une année 2021 remplie de promesses. Entre les prétentions de son équipe dans la WNBA et les Jeux olympiques avec le Canada, Bridget Carleton ne risque pas d'être inconnue de ses compatriotes encore bien longtemps.

La rentrée devra attendre

Débarquée en début de semaine en Bretagne, où elle jouera cet automne, l'Ontarienne a rencontré quelques pépins. Elle n'a pas encore eu la chance de jouer ni même de s'entraîner avec ses nouvelles coéquipières en raison des protocoles stricts de la LFB et d'éclosions de cas de COVID-19 au sein d'autres équipes.

On avait deux matchs cette semaine et elle aurait dû jouer deux matchs déjà, mais dû au COVID et au protocole sanitaire, les deux matchs ont dû être annulés, a expliqué son entraîneur.

Son tour viendra prochainement. Landerneau doit jouer son prochain match le 31 octobre à La Roche-sur-Yon.

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