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L’inhumain: tourner son premier long-métrage en pandémie

Jason Brennan est aussi le producteur et directeur de la compagnie gatinoise Nish Media.

Jason Brennan réalise son premier film.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Filmer son premier long-métrage en pleine pandémie: voilà le pari qu'a pris Jason Brennan, producteur et directeur de la boîte gatinoise Nish Media, avec L’inhumain. Alors que le film est en plein tournage, Radio-Canada s'est rendu à Déléage, près de Kitigan Zibi, où le réalisateur métis et le rappeur, documentariste, photographe et acteur Samian ravivent l'esprit malfaisant du windigo.

Sur les abords d'un lac, une vingtaine d'artisans s'activent, manteau sur le dos et masque au visage.

Une personne transporte du matériel, pendant que d'autres enfilent des combinaisons étanches. Tous portent des masques.

L'équipe de tournage du film L'inhumain en plein préparatif

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Par chance, une bonne partie des images doivent être filmées à l'extérieur: le thriller psychologique raconte l'histoire de Mathieu, un chirurgien autochtone capricieux expatrié à Montréal, que la mort de son père ramène dans sa communauté natale.

Or, quelque chose d'Inhumain l'attend dans la forêt.Produit avec un budget de 1,8 M$, le film s'inspire de la légende algonquine du windigo, un être surnaturel et sanguinaire qui pourchasse et dévore les égoïstes.

À la base, c'est d'expliquer le principe que les aînés autochtones avaient face à cette histoire-là. Quand on parle de la légende du windigo, c'était un peu pour expliquer l'importance de l'altruisme avant tout.

Jason Brennan, réalisateur de L’inhumain

Jason Brennan est né d'un père autochtone de Kitigan Zibi et d'une mère blanche de Déléage. Comme L’inhumain s’inspire de passages de sa propre jeunesse, il a tenu à tourner dans la communauté même où ils se sont produits - mais, pandémie oblige, il a fallu déménager la production quelques kilomètres plus loin, en territoire de la nation algonquine anishinabeg.

Plusieurs membres de l'équipe viennent de Kitigan Zibi et de Gatineau.

L’art des nuances pour Samian

Pour tenir le rôle de Mathieu, le réalisateur et producteur a fait appel à l’artiste Samian, qui a grandi dans la réserve anichinabée de Pikogan, en Abitibi.

De prime abord, Samian avoue avoir eu un peu peur d’où on pouvait aller avec tout ça.

Ça peut être difficile de s’attaquer à un film comme ça. Beaucoup de gens l’ont fait dans le passé. Ça n’a jamais vraiment été un succès. Est-ce que c’est à cause de la légende? Mais je crois que Jason a trouvé l’angle , explique-t-il.

Samian discute avec des membres de l'équipe entre deux prises du tournage du film L'Inhumain.

Le rappeur et acteur Samian

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Aussitôt que j’ai lu le scénario et que j’ai rencontré l’équipe, on a tout mis en marche et je suis très, très confiant.

Samian

Depuis huit ans, Samian tourne un film par année, sans nécessairement [se] considérer comme un acteur. Il dit avoir appris les nuances de ce métier sur le tas, en s’appuyant sur de bonnes équipes de production.

D’un film à l’autre, je redécouvre certaines zones. Ce film-là est un peu plus complexe parce qu’il y a beaucoup plus de nuances , indique le rappeur-acteur. Moi, je vais vraiment à un autre niveau, ça c’est sûr. Je ne suis jamais allé dans ces zones-là. Mais ce qui est beau des journées qu’on passe ici, c’est qu’on rentre vraiment au cœur de la bête. Tout ce qu’on contourne ici, en forêt, on est en train de faire le buildup du film.

L'inhumain devrait sortir sur les écrans à l’automne 2021.

Avec les informations de Christelle D'Amours

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