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Des élections partielles, mais pas générales : un jeu politique dit Annamie Paul

Bien que la cheffe des verts ait demandé que les élections partielles à Toronto soient reportées pour des raisons sanitaires, plus de gens ont participé au vote par anticipation que la normale.

Green Party of Canada Leader Annamie Paul takes part in socially-distanced canvassing in Toronto’s Cabbagetown neighbourhood on Oct. 16, 2020 — the first day of advance polling in the Toronto Centre by-election.

La cheffe Annamie Paul fait campagne dans Toronto-Centre

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Le Parlement a choisi de « soutenir les Canadiens plutôt que les jeux politiques », disait Pablo Rodriguez à l’issue du vote de confiance mercredi, mais les partis politiques font exactement l'inverse en soutenant la tenue de deux élections partielles à Toronto, martèle la cheffe du Parti vert du Canada.

J’étais vraiment frustrée d’entendre un député après l'autre dire que les élections générales ne sont pas sécuritaires. C'est un double standard. Les élections partielles sont une décision opportuniste et cynique du Parti libéral, lance Annamie Paul, la seule cheffe à avoir demandé leur report.

Jusqu’ici, la pandémie ne semble pas avoir eu d'impact sur le vote. Malgré la flambée des cas, plus de 14 000 électeurs ont déjà voté par anticipation. C’est légèrement plus élevé que la normale pour des partielles, dit la porte-parole d’Élections Canada, Natasha Gauthier.

Mme Paul voit néanmoins une manœuvre de suppression du vote, surtout dans Toronto-Centre, la circonscription la plus densément peuplée au pays, où des quartiers cossus en chevauchent d'autres à faible revenu et à forte population immigrante, vulnérables à la COVID-19. Toronto-Centre et York-Centre sont deux châteaux forts libéraux.

La cheffe du Parti vert, Annamie Paul, participe à un rassemblement.

La circonscription de Toronto-Centre est densément peuplée et plus de la moitié des électeurs sont issus de l'immigration.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Reste à voir si les électeurs seront plus réticents à sortir le jour du vote, lundi prochain. L’effet COVID-19, bien que pas déterminant, pourrait décourager les électeurs à faible revenu et les travailleurs essentiels de se présenter aux urnes, selon le politologue de l’Université McGill, Daniel Béland.

Une victoire de la science-fiction

Jeu politique ou pas, à moins d’une sérieuse surprise, les chances d’Annamie Paul de l’emporter relèvent plus de la science-fiction qu’autre chose, souligne Daniel Béland.

L’ancienne circonscription de Chrystia Freeland et de Bill Morneau est rouge depuis 1993. En plus d’être beaucoup mieux connue, sa rivale libérale, Marci Ien, tire plusieurs cartes du même jeu que la cheffe verte : une femme noire de parents immigrants qui a grandi dans la communauté.

Les électeurs de Toronto-Centre ne se préoccupent pas du tout du scandale d’Unis, selon Marci Ien. Ils sont plus surpris de ne plus me voir à la télévision qu’autre chose, lance l’ancienne journaliste de CTV en riant. C’est la pandémie, l’itinérance, l’économie qui les préoccupent.

Marci Ien et l'ex-premier ministre Stephen Harper en compagnie de personnalités du milieu des médias, sur une photo remontant à 2008.

Marci Ien et l'ex-premier ministre Stephen Harper en compagnie de personnalités du milieu des médias, sur une photo remontant à 2008.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Ses parents, raconte-t-elle le sourire aux lèvres, ont immigré à Toronto de la Barbade grâce au gouvernement de Pierre Elliott Trudeau. Un discours qui résonne fortement auprès des électeurs qu’Annamie Paul tente de courtiser.

En 2019, la candidate des verts avait terminé quatrième avec 7 % des voix, loin derrière les libéraux, mais aussi les néo-démocrates.

Une deuxième place serait donc déjà une bonne percée pour Annamie Paul. Dans Toronto-Centre, ce serait symbolique de ce qu’elle espère accomplir à l’échelle du pays : détrôner le NPD en tant que vraie option progressiste.

Si les électeurs se tannent des libéraux et que les gens trouvent que les néo-démocrates sont trop proches ou votent pareil comme les libéraux, alors ça devient une carte à jouer pour les verts, explique Daniel Béland.

Diriger son parti sans être à la Chambre des communes lui permet de bien saisir les vrais problèmes des gens, au lieu de prendre des décisions égoïstes comme se préparer à des élections en pleine pandémie, dit Annamie Paul.

L’autre château fort

L'autre lutte se dessine dans la circonscription de York-Centre, libérale depuis 1962, avec seule exception la victoire du conservateur Mark Adler en 2011, qui avait maintenu le siège pour un seul mandat.

Le député libéral représentant la circonscription, Michael Levitt, avait annoncé sa démission en août. L'entrepreneure Ya'ara Saks est la favorite pour le remplacer.

C’est aussi dans cette circonscription que Maxime Bernier tentera de se faire élire pour une seconde fois en tant que chef du Parti populaire du Canada. Son parti n’avait pas présenté de candidat à York-Centre en 2019.

L’homme d’affaires Julius Tiangson s’y présente sous la bannière conservatrice. Il avait été candidat en 2015, mais à Mississauga-Centre, où il avait terminé bon deuxième. La néo-démocrate Andrea Vásquez Jiménez, candidate en 2019, et le vert Sacha Zavarella tentent aussi leur chance dans York-Centre.

Entre le 16 et le 19 octobre, 7960 électeurs ont voté par anticipation à Toronto-Centre, contre 6306 à York-Centre.

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