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Le port obligatoire du gilet de sauvetage dans les petits hydravions est reporté

Une carcasse d'hydravion.

Six personnes sont mortes après l'écrasement d'un hydravion, en 2009, au large de l'île Saturna, en Colombie-Britannique.

Photo : CBC

Radio-Canada

L’obligation de porter un gilet de sauvetage dans les petits hydravions est reportée « en raison des défis liés à la COVID-19 », dit Transport Canada.

À compter du 6 septembre, l’équipage et les passagers des avions de neuf passagers et moins devaient obligatoirement porter des vêtements de flottaison individuels (VFI) réutilisables, selon une mesure adoptée par Transport Canada en 2019.

Or, CBC News a appris qu'une semaine avant la date limite Transport Canada a discrètement accordé aux compagnies d'hydravions neuf mois supplémentaires, reportant l’obligation à juin 2021.

Les experts en sécurité affirment que les VFI gonflables portés par les passagers sont plus efficaces que les gilets de sauvetage rangés sous les sièges, puisque ces derniers peuvent être oubliés ou inaccessibles en cas d’accident.

Un hydravion au Lac-à-la-Tortue.

En 2019, Transport Canada donnait 18 mois aux exploitants d'hydravions pour s’adapter à la nouvelle loi qui oblige les passagers à porter des gilets de sauvetage.

Photo : Radio-Canada

Des victimes furieuses

Ce report rend furieuses des victimes d’accidents d’hydravion qui réclament plus de sécurité depuis des années.

Le fait qu'ils prétendent que c’est lié à la COVID-19 n'a aucun sens, soutient Barbara Glenn, l'une des survivantes de l'accident d'hydravion qui a coûté la vie à six personnes au large de l'île de Saturna, en décembre 2009.

Les victimes, dont le mari de Mme Glenn, se sont noyées après avoir survécu à l’impact. J'ai cru naïvement qu’après notre accident, avec la perte de six vies, les choses allaient changer, dit-elle.

Sa frustration est partagée par Patrick Morrissey, dont l'épouse et la petite fille sont mortes dans l'accident. Espérons qu'il n'y aura pas d'autres morts d'ici là, dit-il.

Depuis la tragédie de Saturna, en 2009, il y a eu au moins huit noyades à la suite d'accidents d'hydravion au Canada, soit au Québec, dans le nord de l'Ontario, dans le centre-sud de la Colombie-Britannique et dans les Territoires du Nord-Ouest.

Avion de proche dans les bois.

Plusieurs personnes sont mortes dans l'écrasement d'un petit avion dans le nord de l'île Gabriola l'an dernier.

Photo : Radio-Canada

L'industrie des hydravions frappée par un triple coup dur

La pandémie a porté un triple coup dur à l’industrie des hydravions, affirme Transport Canada, le commerce de l'aviation au Canada étant en baisse de 90 %.

Il faut des VFI capables de résister à une désinfection répétée, rappelle Transport Canada, et il y a une pénurie de gilets de sauvetage parce que de nombreux fabricants sont passés à la production d'équipements de protection individuelle (EPI) pendant la pandémie.

Neuf mois ont été ajoutés pour permettre aux fournisseurs d'augmenter leur production. Cela donnera également du temps pour définir les processus de nettoyage et de désinfection appropriés, et aux professionnels, pour mettre en œuvre les nouvelles règles avant l'été 2021.

Un hydravion électrique jaune en vol.

Harbour Air affirme avoir obtenu au printemps l'approbation de Transport Canada pour ses propres VFI.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

En 2011, les exploitants d’hydravions craignaient que le fait de forcer les passagers à porter des VFI augmente leurs coûts. Selon l'industrie, ce n'est toutefois pas le cas en ce moment.

Il n'y a pas de méchant dans cette histoire, assure le directeur général de la Northern Air Transport Association, Glenn Priestley, qui représente plus de 30 entreprises. Nous prenons la sécurité très, très au sérieux.

Harbour Air, le plus grand exploitant d'hydravions en Amérique du Nord, affirme avoir obtenu au printemps l'approbation de Transport Canada pour ses propres VFI.

Cette rallonge donnera à Harbour Air le temps nécessaire pour produire les VFI nouvellement élaborés et les mettre à la disposition des passagers de manière sûre et structurée, indique l'entreprise, de Richmond, dans le Grand Vancouver.

Déception du côté du BST

Le Bureau de la sécurité des transports (BST), qui recommande le port de VFI gonflable, trouve la situation malheureuse. Les gilets de sauvetage obligatoires réduiraient considérablement les risques associés aux activités commerciales d'hydravions, croit la présidente du BST, Kathy Fox.

La recommandation du BST visant à moderniser les fenêtres escamotables dans les quelque 700 hydravions du pays n'a jamais été mise en œuvre par Transport Canada. Certaines entreprises les ont installés volontairement.

Transport Canada exigera que les pilotes d'hydravion reçoivent une formation sur l'évacuation sous-marine d'ici 2022.

Avec les informations d’Eric Rankin

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