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Des trousses de dépistage de COVID-19 livrées par drone à une Première Nation albertaine

Du personnel médical en équipements de protection individuelle à côté d'un drone dans un champ.

Ce drone peut transporter 45 kilos de matériel et son autonomie peut aller jusqu'à 3 heures.

Photo : Services de Santé Alberta / Leah Hennel

Émilie Vast

L’Université de Calgary et l’Institut des technologies du sud de l’Alberta (SAIT) expérimentent l’utilisation de drones pour livrer du matériel médical, notamment des trousses de dépistage de la COVID-19, dans les communautés de la Première Nation Stoney Nakoda.

Ils travaillent sur ce projet en partenariat notamment avec Services de santé Alberta (AHS) et Alberta Precision Laboratories.

Nous savons que le dépistage de la COVID-19 est un des outils les plus efficaces pour lutter contre sa propagation, rappelle John Conly, le directeur médical du Centre de recherche et d'innovation W21C au sein de l’École de médecine Cumming.

Il déplore cependant que de nombreuses communautés éloignées, partout au Canada, n’aient pas facilement accès à du matériel ou à des centres de dépistage. Les drones peuvent nous aider à répondre à ce besoin, résume-t-il.

La Première Nation Stoney Nakoda a accepté de prendre part à l'expérimentation parce qu’elle a trois communautés dans la province, dont deux difficiles d’accès.

Notre communauté à Morley a plusieurs points d'accès. En revanche, nos communautés satellites à Eden Valley et à Big Horn sont éloignées, et un système de livraison par drones pourrait jouer un rôle essentiel pour la santé et la sécurité de nos communautés, affirme Ryan Robb, du Conseil tribal Stoney.

En plus de l'éloignement, il faut aussi tenir compte de la météo, ajoute-t-il, lorsque les routes gelées ou les inondations sont des obstacles supplémentaires.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Un drone à l'essai en Alberta pour livrer du matériel médical

L'un des drones utilisés ressemble à un petit hélicoptère, décrit Wade Hawkins, qui dirige le projet pour le SAIT. Il peut transporter jusqu'à 45 kilos de matériel, et son autonomie est de 3 heures maximum.

Plusieurs vols d'essai ont été effectués cet été. Le plus long a permis de parcourir 12 kilomètres. Des équipements de protection individuelle et des tests de dépistage ont ainsi été livrés à la communauté de Morley.

Deux techniciens derrière un moniteur de contrôle.

Diriger le drone dans des conditions hivernales est un des prochains défis à relever.

Photo : Université de Calgary / Riley Brandt

Nous avons été capables de confirmer que des trousses de dépistage de la COVID-19 pouvaient être livrées et que les échantillons pouvaient survivre au retour au laboratoire sans être endommagés, résume M. Conly.

Le Dr Byron Berenger, un microbiologiste médical d'Alberta Precision Labs, précise que les échantillons utilisés pour le vol d’essai n'étaient pas infectieux et ne présentaient donc pas de risques pour le public.

Deux techniciens regardent un drone voler dans le ciel.

Le SAIT souhaite obtenir l'autorisation de Transport Canada pour diriger le drone sans l'avoir en vue.

Photo : Université de Calgary / Riley Brandt

Afin de transporter des échantillons provenant de patients, nous allons devoir regarder les options pour sécuriser leur transport. De telles mesures sont actuellement prises pour le transport routier ou aérien des échantillons. Quelle que soit la solution retenue, nous travaillerons avec Transport Canada pour l’approbation réglementaire, annonce M. Berenger.

Le SAIT est aussi en relation avec Transport Canada afin d'obtenir l'autorisation de diriger le drone sans l'avoir en vue, une autorisation qu'il a déjà reçue pour d'autres projets.

Andrew Kirkpatrick, hirurgien traumatologue à l'Hôpital Foothills et professeur à l’école de médecine Cumming, a utilisé le drone pour livrer un appareil d’échographie portable.

Une personne charge du matériel dans un coffre, sous un drone.

Parmi les expériences à venir, le SAIT veut réfrigérer le caisson de transport.

Photo : Services de Santé Alberta / Leah Hennel

Avec cet outil et un téléphone portable avec une connexion Internet, une personne peut être guidée à distance par un professionnel de santé pour se faire elle-même une échographie ou pour que quelqu’un la lui fasse, souligne-t-il.

Nous avons confirmé que ce système pouvait être utilisé pour chercher des traces de COVID-19 dans les poumons. Je peux imaginer l'utiliser pour de nombreuses autres urgences médicales, comme diagnostiquer une fracture ou un éclatement de la rate.

D’autres vols d’essai sont prévus dans les semaines à venir en direction des communautés d'Eden Valley et de Big Horn.

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