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Une équipe spéciale envoyée « pour rien » au CHSLD de Lambton

Une entrée austère d'un CHSLD.

L'éclosion au CHSLD de Lambton est en veille d'être terminée, selon la santé publique en Estrie.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Dumas

Radio-Canada

Une équipe SWAT a été envoyée « pour rien » au CHSLD de Lambton, reconnaît le ministre de la Santé et des Services sociaux, alors que l’éclosion qui fait rage dans l’établissement depuis plusieurs semaines tire à sa fin.

On s’est dépêchés à envoyer une équipe pour se rendre compte qu’il n’y avait pas d’éclosion. J’aime bien mieux l’avoir envoyé pour rien que n’avoir rien envoyé du tout, indique le ministre Christian Dubé en point de presse, jeudi après-midi.

Le CHSLD de Lambton a été retiré de la liste des établissements en situation critique, mercredi soir. Pour expliquer sa décision de déployer ces équipesSWAT dans l’établissement de Lambton, Christian Dubé lance qu’il a été peut-être trop longtemps sur la liste.

Par ailleurs, le CIUSSS de l’Estrie - CHUS a fait savoir par voie de communiqué que l’éclosion au CHSLD de Lambton était sous contrôle et qu’elle était sur le point d’être levée. Aucun nouveau cas positif à la COVID-19 n’a été rapporté depuis plusieurs jours dans cette installation, tant chez les usagers que chez les membres du personnel, indique-t-on.

Sentant la situation se dégrader et échapper aux équipes en place sur le terrain, le ministre de la Santé du Québec a pris les grands moyens, jeudi matin. Il avait annoncé que des renforts seraient envoyés dans quatre CHSLD du Québec, dont celui de Lambton.

Ces équipes SWAT , qui sont des brigades d'intervenants en santé spécialisées en contrôle et prévention des infections, sont une nouveauté mise en place pour la deuxième vague. Elles sont là pour accompagner et aider à reprendre le contrôle de la situation, en plus d'examiner les protocoles en place.

Un inspecteur à Lambton

Un inspecteur spécialisé en prévention et contrôle des infections a d'ailleurs visité le CHSLD de Lambton, jeudi, fait savoir le CIUSSS de l’Estrie - CHUS dans un communiqué. Il a été mandaté par le MSSS pour s'assurer que les recommandations faites par l'équipe de l'Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec ont été mises de l'avant.

L'objectif derrière l'envoi de brigades d'experts dans des CHSLD en éclosion vise à limiter au maximum la propagation du coronavirus au sein d'une clientèle vulnérable, d’après le MSSS.

Rappelons qu’au CHSLD de Lambton, 22 résidents sur 29 ont contracté la COVID-19 depuis une éclosion en septembre dernier. Six d’entre eux ont perdu la vie. De plus, 22 employés ont également attrapé le virus.

Au plus fort de l'éclosion, à la fin septembre, une brigade de spécialistes a été déployée dans le milieu de vie. Sur place, ils ont observé le travail des effectifs et vérifié le protocole en place.

Des renforts qui arrivent trop tard selon Réjean Hébert

Pour l'ancien ministre de la Santé et des Services sociaux et gériatre, Réjean Hébert, la décision de Québec d’envoyer des équipes SWAT, qui sont en réalité des brigades d'intervenants en santé spécialisées en contrôle et prévention des infections, dans plusieurs CHSLD arrive trop tard.

Il souligne par ailleurs que lors de la première vague, près de 4000 décès sont survenus dans les CHSLD de la province.

4000 sur 40 000, c’est 10%. C’est énorme. L'Ontario c’était 2,3%, la Colombie-Britannique, 0,6%. Les pays européens sont loin de ces 10%. [C’est] une hécatombe due à un virus très virulent, mais surtout à une fragilité du milieu des CHSLD qui ont été négligés dans le courant des dernières décennies où on n’a pas l’encadrement médical, infirmier, s’insurge le médecin gériatre au micro de l’émission Par ici l’info.

Réjean Hébert se dit plus préoccupé par les CHSLD de manière générale, même ceux qui ne sont pas en prise avec des éclosions pour le moment. Une préoccupation partagée par le Collectif Action COVID, dont il est le porte-parole et qui regroupe des dizaines de milliers des professionnels de la santé, notamment des médecins et des infirmières, mais aussi plusieurs associations de retraités et de proches aidants.

En mars, on disait qu’il y avait quelques éclosions dans les CHSLD et on voit la catastrophe qui est arrivée. Je pense que c’est une catastrophe de ce même type qui nous guette.

Réjean Hébert, médecin gériatre et porte-parole du Collectif Action COVID

[On veut] sensibiliser le gouvernement à mettre en place des actions concrètes pour éviter la répétition de l’hécatombe qu’on a connue l’hiver dernier. Et, à moyen terme, d’essayer de faire une réforme majeure dans les CHSLD pour qu’on ait des milieux plus sécuritaires où il y a une bonne qualité de soins, indique-t-il.

D’ailleurs, pour rendre les CHSLD plus sécuritaires, Réjean Hébert préconise des tests réguliers du personnel de santé.

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