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Avenir incertain pour les cinémas de la Gaspésie et des Îles

L'intérieur d'une salle du cinéma Gaieté, complètement vide.

Les propriétaires de cinémas doivent faire face à une baisse d’achalandage importante depuis le début de la pandémie (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Les défis sont grands pour les cinémas qui sont encore en zone orange en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine. En plus du nombre de places réduit et du report de la sortie de plusieurs films, les propriétaires doivent faire face à une baisse importante d’achalandage.

J’ai peut-être 7 ou 8 personnes par soir, 10 ou 12 les vendredis soir. Ce n’est pas rentable, déplore le propriétaire du cinéma Paradiso de Chandler, Rodrigue Huard.

Si j’étais un vrai homme d’affaires, je fermerais mon cinéma pour l’instant.

Rodrigue Huard, propriétaire du cinéma Paradiso

Dans la même situation, le propriétaire du cinéma Gaieté de Matane, Jacques Desjardins, s’est vu forcé d’annuler certaines séances par manque de spectateurs.

En ce moment, on a deux excellents films [à l’affiche], mais la clientèle n’est pas au rendez-vous. [La limite de] 25 ou 50 personnes, on n’a pas de misère avec ça du tout. On est loin d’avoir à refuser du monde, relate-t-il.

M. Desjardins raconte que beaucoup de cinéphiles avec qui il s’est entretenu s’empêchent de se rendre au cinéma en raison du resserrement de 28 jours des mesures sanitaires demandé par le gouvernement Legault.

Quand le premier ministre dit : "Allez à l’école, allez travailler et restez chez vous", les gens écoutent, même s’ils ne sont pas dans une zone rouge. En même temps, je n’ai rien contre ça. La santé, c’est plus important que n’importe quoi, estime-t-il.

Vue de la façade du cinéma Gaieté avec un stationnement complètement vide.

Le cinéma Gaieté de Matane a rouvert ses portes à la fin de juin (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Plusieurs cinémas ont d’ailleurs modifié leurs heures d’ouverture pour atténuer les effets de la baisse d’achalandage. Le cinéma Figaro d’Amqui, par exemple, n’ouvre plus ses portes les lundis et les mardis.

Pour la plupart, toutefois, il n'est pas question de fermer leurs portes, du moins pas pour le moment. Le propriétaire du cinéma Cyrco de Cap-aux-Meules, Patrick Chevarie, par exemple, préfère attendre la nouvelle année avant de tirer des conclusions quant à l’avenir de son entreprise.

C’est pour ça que j’ai pris mon temps avant de rouvrir : c’était pour voir s’il y avait un intérêt chez les gens de sortir en couple ou en famille pour faire autre chose que d’être à la maison, affirme-t-il.

La façade du cinéma Cyrco, à Cap-aux-Meules.

Le cinéma Cyrco n'a rouvert ses portes qu'au début du mois d'octobre (archives).

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis_Rad

Salles sans film

Les propriétaires doivent également vivre dans l'incertitude quant aux programmations à venir. Plusieurs films, dont de nombreux titres à grand déploiement, ont reporté leur sortie, alors que d’autres, comme La déesse des mouches à feu, ont carrément été retirés des écrans en attendant une accalmie des mesures sanitaires.

On ne sait même pas quels genres de produits on va être en mesure d’offrir dans les prochaines semaines. […] On est comme une entreprise qui n’a pas de matière première, déplore la propriétaire du cinéma Figaro d’Amqui, Marie-Michèle Voyer.

Mme Voyer salue tout de même les distributeurs québécois qui, pour aider les cinémas, ont devancé la sortie de certains films, notamment Mon cirque à moi, dont la sortie n'était pas prévue pour l'été au départ.

Sur une scène extérieure, un homme (Patrick Huard) maquillé en clown jongle devant un autre homme portant un turban et jouant de l'accordéon (Robin Aubert) et une petite fille (Jasmine Lemée).

On a devancé de quelques semaines la sortie du film « Mon cirque à moi ».

Photo : Laurent Guerin

Les propriétaires de cinéma gaspésiens espèrent recevoir une aide spécifique du gouvernement provincial pour compenser les pertes financières qu’ils ont vécues dans les derniers mois.

Seuls les cinémas en zone rouge sont admissibles pour l'instant aux mesures d’aide annoncées par le ministre de l’Économie et de l’Innovation au début du mois.

Je vais essayer de garder mon cinéma ouvert le plus longtemps possible […], mais s'il n'est pas fermé, les prêts ne sont pas repoussés par la banque, comme c’était le cas dans la première vague. Tous les paiements restent, mais je n’ai pas les entrées d’argent nécessaires, conclut Rodrigue Huard.

Avec les informations de Marie-Claude Tremblay

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