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Aide à l’industrie touristique : les PME sont déconcertées

Un autocar de tourisme devant le phare de Peggy's Cove.

L'entreprise Ambassatours est l'une des 11 que le gouvernement de la Nouvelle-Écosse juge admissibles à son programme d'aide aux grandes entreprises touristiques.

Photo : Tourisme Nouvelle-Écosse

Radio-Canada

Un programme d’aide du gouvernement de la Nouvelle-Écosse destiné aux grandes entreprises touristiques laisse les autres en état de choc et d’incrédulité alors qu’elles connaissent de plus en plus de difficultés, selon la présidente de l’association de l'industrie touristique de la province, Darlene Grant Fiander.

Ces entrepreneurs, explique-t-elle, sont déconcertés depuis l’annonce, vendredi dernier, d’un programme offrant une garantie de prêt maximale de 50 millions de dollars aux entreprises touristiques qui comptent au moins 100 employés et des revenus d’au moins 10 millions de dollars en 2019.

Le gouvernement estime que 11 entreprises sont admissibles, dont Ambassatours à Halifax, mais ne précise pas qui sont les autres.

Alors que la province se relève à peine de la crise de la COVID-19, il est difficile de croire que c’est le mieux que le gouvernement puisse offrir à un secteur si important pour cette province et qui a autant de potentiel, affirme Mme Grant Fiander.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

L’industrie touristique explique que ses revenus fondent cette année à cause de la COVID-19. Ils étaient de 2,6 milliards de dollars en 2019 et devraient se chiffrer à environ 900 millions de dollars en 2020.

Remise en question du processus

D'après Darlene Grant Fiander, des représentants de l’industrie ont régulièrement discuté de leurs besoins précis avec des gens du gouvernement, sondages à l’appui. Toutefois, rien de cela n’était apparent lors de l’annonce du programme d'aide, selon elle.

Elle souligne avoir elle-même parlé avec des responsables du ministère de l’Entreprise deux jours avant l’annonce et n’avoir eu aucune indication de ce qui allait être proposé.

L’association, indique-t-elle, encourage ses membres à communiquer avec leurs députés respectifs.

Étant donné les circonstances défavorables auxquelles font face les entreprises touristiques, Darlene Grant Fiander qualifie de navrant le programme d’aide.

Plus tôt cette semaine, AllNovaScotia.com rapportait que le programme d’aide est similaire à celui proposé par de grandes entreprises touristiques, dont Ambassatours et les clubs de golf Cabot.

Selon des courriels obtenus par AllNovaScotia.com, ce groupe pouvait compter sur Kristan Hines, ancien chef de cabinet du premier ministre Stephen McNeil, pour agir comme représentant en juin. M. Hines est vice-président du cabinet de relations publiques National.

Le gouvernement comprend que le programme annoncé ne répond pas à tous les besoins de l’industrie et continue de chercher des moyens de l’aider dans la mesure du possible, a expliqué le ministre de l’Entreprise, Geoff MacLellan.

Des conséquences désastreuses

Ce qu’il faut en ce moment, c’est un moyen de protéger la diversité de l’industrie touristique, selon le propriétaire de l’auberge MacKinnon-Cann à Yarmouth, Michael Tavares.

De nombreux touristes qui visitent habituellement les Maritimes aiment s'installer dans de vieilles maisons pittoresques de petites villes côtières, explique M. Tavares.

Ces petites entreprises touristiques, souligne-t-il, ont du mal à obtenir de l’aide des banques et voient leurs coûts monter en flèche. Son propre volume d’affaires, précise-t-il, a diminué de 85 % comparativement à 2019, alors que ses coûts fixes, l’assurance en tête de liste, ont plus que doublé.

Nous ne pouvons pas demander une ligne de crédit à une banque. Nous n’avons pas ce luxe, affirme Michael Tavares.

Situation urgente pour la plupart des hôtels

David Clark, ancien président de l’association des hôtels de la Nouvelle-Écosse, est tout aussi inquiet.

Les membres de cette association voient leurs revenus diminuer au point où certains d’entre eux ont plus de factures à payer que de revenus à encaisser. Les chambres d’hôtel se vident parce qu’il y a moins de touristes. Il n'y a plus ni navires de croisière ni congrès.

C’est désastreux pour nous, souligne David Clark, qui est aussi le directeur général de l’hôtel Atlantica, à Halifax. Il reproche aux représentants du gouvernement d’avoir annulé des discussions prévues. Il réclame une meilleure communication entre le gouvernement et l’industrie.

David Clark s’attend à la fermeture de certains hôtels dans les prochaines semaines en raison de leurs pertes.

Il souligne un problème en particulier. L’hôtel, dit-il, doit payer un impôt foncier établi d’après les revenus d’il y a deux ans. En ce moment, dit-il, il n’y a même pas assez de revenus pour payer cet impôt pour un mois.

C’est devenu une urgence pour la plupart des hôtels, conclut David Clark.

Avec les renseignements de Michael Gorman, de CBC

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