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Le Manitoba s'inspire du Tennessee pour financer ses établissements postsecondaires

Devanture d'un bâtiment de l'Université du Manitoba.

Le financement des établissements postsecondaires du Manitoba pourrait être inspiré du Tennessee, qui a mis au point une formule qui lie le financement de chaque établissement à sa performance.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le premier ministre Brian Pallister se penche sur le modèle d’un État américain, pionnier du financement basé sur le rendement pour les établissements postsecondaires, alors que le Manitoba cherche une nouvelle façon de financer l'enseignement supérieur.

Le président et vice-recteur de l'Université du Manitoba, Michael Benarroch, dit que le premier ministre l’a rencontré en septembre pour lui indiquer que le Manitoba explorait l’idée de suivre l'exemple du Tennessee.

Le premier ministre Brian Pallister tourne son regard vers la droite.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a indiqué à l'administration de l'Université du Manitoba qu'il aimait l'approche du Tennessee en matière de financement postsecondaire.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Au cours de la dernière année, le gouvernement progressiste-conservateur du Manitoba a mentionné à plusieurs reprises qu'il souhaitait adapter les universités et les collèges pour mieux répondre aux besoins du marché du travail, sans toutefois donner davantage de précisions.

Depuis que le Tennessee a créé son modèle de financement, en 1979, un grand nombre d'États américains ont élaboré des modèles semblables basés sur le rendement plutôt que sur le nombre d'inscriptions.

Selon un document d'État (en anglais) (Nouvelle fenêtre), le Tennessee fonde environ 83 % de son allocation de financement postsecondaire sur un ensemble de résultats pondérés et de normes de qualité, et 17 % sur des coûts fixes.

L’essentiel du financement est basé sur des résultats tels que les taux d'obtention de diplôme, le nombre de diplômes décernés, le nombre d'heures de crédit obtenues et les certificats et diplômes attribués pour 100 étudiants à temps plein. Les écoles les moins performantes reçoivent une subvention moins importante.

MacGregor Obergfell a étudié l'approche du Tennessee tout en travaillant pour le New America, un groupe de réflexion sur les politiques publiques.

Cela peut fonctionner, mais il faut faire très attention à la façon dont on le conçoit, affirme-t-il en entretien téléphonique depuis Washington.

Il explique que, bien que le modèle soit une incitation à obtenir plus de diplômes, certains étudiants pourraient être laissés pour compte.

Alors que certains de ces modèles de financement basés sur la performance sont bien intentionnés, s'ils ne sont pas mis en place d'une manière qui garantit que l'établissement est toujours un lieu qui accepte les étudiants et est là pour les aider à réussir, de l'inscription à l'obtention du diplôme, ils peuvent en fait être contre-productifs, soutient MacGregor Obergfell.

Priorité aux étudiants défavorisés

Le modèle de financement du Tennessee a évolué depuis 1979, en partie pour répondre à ce genre de situation.

La formule de financement est révisée tous les cinq ans et une prime est désormais accordée à l'avancement des étudiants issus de milieux défavorisés. De plus, les établissements peuvent juger certains paramètres comme étant plus précieux, selon leurs priorités.

Le modèle de financement est également aidé par une série d'initiatives visant à encourager les inscriptions, explique MacGregor Obergfell, qui cite l'exemple des résidents qui peuvent parfois fréquenter un collège communautaire ou technique gratuitement.

MacGregor Obergfell croit qu'il est nécessaire qu’un modèle basé sur les résultats soit intégré à d'autres programmes conçus pour améliorer l'accès pour les étudiants.

Portrait de Michael Benarroch, président et vice-recteur de l'Université du Manitoba.

Michael Benarroch est devenu président et vice-recteur de l'Université du Manitoba en novembre 2019.

Photo : Alia Youssef/Université du Manitoba

Le président et vice-recteur de l'Université du Manitoba reconnaît l'inquiétude suscitée par un nouveau modèle de financement, mais il pense que cela peut aider.

Chaque fois qu’un changement se produit, il y a de l'inquiétude. Je crois que nous pouvons travailler sur un système qui minimise les risques pour les établissements.

Michael Benarroch, président et vice-recteur de l'Université du Manitoba

Le gouvernement manitobain examine également des modèles de financement en Alberta et en Ontario, des exemples qui n’ont pas encore fait leurs preuves, puisqu’ils n'ont pas encore été mis en œuvre en raison de la pandémie.

Le modèle de financement du Tennessee a été établi dans les années 1970 pour financer les établissements en fonction de la performance plutôt que du nombre d'inscriptions, et il comprend des mesures faciles à comprendre qui capturent le caractère unique de chaque établissement et un comité externe examine le tout pour s'assurer que les mesures sont justes et efficaces, précise une déclaration écrite de la province, qui confirme que le gouvernement du Manitoba consultera les universités et les collèges avant d'élaborer un plan.

Bien évaluer les risques, pour l'Université de Saint-Boniface

La rectrice de l'Université de Saint-Boniface (USB), Sophie Bouffard, confirme avoir participé à une rencontre avec le ministre Eichler et les autres dirigeants des institutions postsecondaires manitobaines le 2 septembre dernier, qui ouvrait la porte à une discussion sur le financement basé sur la performance. Elle dit n'a eu aucun suivi depuis.

Sophie Bouffard estime qu'un tel modèle de financement pose certains risques. Afin d’être bien conceptualisé, il nécessitera la mise en place d’une réflexion approfondie et d’un dialogue important entre le ministère et les établissements. Il faudra également prévoir des ressources financières, humaines et technologiques additionnelles afin de répondre aux exigences accrues, notamment en matière de gestion des données. Il va de soi que les indicateurs de performance pour l’USB ne pourront être les mêmes que pour un établissement de la majorité, dit-elle dans une déclaration écrite en réponse aux questions de Radio-Canada.

Si la province souhaite mettre en place une nouvelle formule de financement, un travail devra être fait pour développer des outils qui permettront de qualifier et quantifier la performance d'une institution, explique la rectrice.

Avec les informations d’Ian Froese

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