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« Insatisfait », Christian Dubé envoie des équipes spéciales dans 4 CHSLD

Jusqu'à 76 % des résidents ont été infectés et on dénombre au moins 31 décès dans ces établissements.

Le ministre Dubé, l'air sérieux.

Le ministre de la Santé du Québec Christian Dubé exige une chronologie complète des événements.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Sentant la situation se dégrader et échapper aux équipes en place sur le terrain, le ministre de la Santé du Québec prend les grands moyens. Des renforts ont été envoyés dans quatre CHSLD de l'Estrie, de la Capitale-Nationale, de la Montérégie et du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Ces équipes « SWAT » sont des brigades d'intervenants en santé spécialisées en contrôle et prévention des infections. C'est une nouveauté, mise en place pour la deuxième vague.

Elles sont là pour accompagner et aider à reprendre le contrôle de la situation, en plus d'examiner les protocoles en place.

Les CHSLD où sont envoyés les renforts (données du MSSS en date du 20 octobre)

  • CHSLD de Lambton* (Estrie), 22 cas (76 % des résidents), 6 décès
  • CHSLD du Fargy (Capitale-Nationale) 38 cas (69% des résidents), 5 décès
  • CHSLD Isidore-Gauthier (Saguenay-Lac-Saint-Jean) 50 cas (47% des résidents), 7 décès
  • CHSLD Sainte-Croix (Montérégie-Centre) 37 cas (32% des résidents), 13 décès

*Le « SWAT » a été envoyé « pour rien » dans le CHSLD de Lambton, a reconnu le ministre Christian Dubé, plus tard jeudi. La liste des éclosions du ministère n'était pas à jour. La situation est sous contrôle dit le CIUSSS de l'Estrie et il n'y a plus de cas depuis plusieurs jours.

Nous prenons la situation excessivement au sérieux : les réponses aux questions doivent être claires et complètes.

Marjaurie Côté-Boileau, attachée de presse du ministre de la Santé du Québec

Mardi, le premier ministre François Legault avait lui-même exigé des réponses au ministère. Il s'interrogeait sur le respect de la prévention et du contrôle des infections dans ces établissements.

Nous avons obtenu des réponses à l’effet que les protocoles ont été suivis pour les quatre cas rapportés, indique l'attachée de presse du ministre de la Santé, Marjaurie Côté-Boileau. Par ailleurs, on nous indique que d’autres facteurs pourraient être mis en cause dans ces cas précis, par exemple la vétusté des établissements ou encore la pénurie de main-d’oeuvre.

Nous tenons à préciser que le ministre n’a pas été satisfait de l’étendue de ces réponses.

Marjaurie Côté-Boileau, attachée de presse du ministre de la Santé du Québec

Le ministre a demandé à recevoir une chronologie complète des événements pour ces CHSLD, ce qui est en cours d’élaboration, dit le cabinet.

Les équipes « SWAT » ont déjà été mises à contribution lors des éclosions aux hôpitaux de Saint-Jérôme et de Saint-Eustache, cet été. Elles avaient permis de resserrer les mesures en place.

Trop tard, estiment des gériatres

Les équipes SWAT devraient intervenir de façon beaucoup plus précoce, estime le Dr David Lussier, de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal.

La cavalerie arrive une fois que la bataille est terminée.

Réjean Hébert, gériatre, ancien ministre de la Santé, entrevue à l'émission Tout un matin

Même point de vue pour le gériatre du Centre hospitalier de l'Université de Montréal, Dr Quoc Dinh Nguyen :

L'envoi de SWAT teams en CHSLD alors qu'il y a plus de 50 % des résidents atteints est tout simplement trop tardif.

Dr Quoc Dinh Nguyen, gériatre au CHUM

On a mis en place des mesures très vigoureuses dans la population, dès le 1er octobre, et on n'a pas attendu que les hôpitaux soient pleins et que les lits de soins intensifs débordent pour le faire, dit le Dr Nguyen. Il faut s'assurer que toutes les mesures sont en place dès le premier cas.

Des éclosions de cette ampleur dans des CHSLD ne devraient plus se produire, maintenant que des procédures claires sur les mesures à prendre sont connues, ajoute Dr David Lussier.

Le gouvernement était mal préparé, selon les partis d'opposition

On nous a dit qu'on était vraiment sous contrôle, qu'il y avait un plan de match. [...] C'est clair que le gouvernement n'était pas prêt, a réagi la cheffe de l'opposition officielle, Dominique Anglade.

Le sentiment qui m'habite, c'est la peur, dit pour sa part la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé. J'ai peur, parce que ce que je vois depuis quelques jours, particulièrement ce matin... J'ai l'impression de rejouer dans le film du printemps.

Quant au porte-parole du Parti québécois en matière de Santé, Joël Arseneau, il a déclaré : Aujourd'hui, le gouvernement envoie des équipes SWAT parce qu'il constate l'échec de son plan d'action, il constate l'échec des mesures qu'il a mises en place

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