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Les Albertains pourraient devoir payer eux-mêmes certains soins ambulatoires

Les bras d'un médecin et de sa patiente discutant, assis à un bureau.

Des documents d'AHS ayant fait l'objet d'une fuite révèlent que les Albertains pourraient devoir payer eux-mêmes certains traitements ambulatoires.

Photo : iStock

Radio-Canada

Services de santé Alberta (AHS) envisage de transférer le coût de certains médicaments et traitements ambulatoires aux patients. C’est ce qu’a appris CBC/Radio-Canada après avoir obtenu des documents confidentiels d'un employé d’AHS.

Le nouveau programme appelé Access to Medications for Ambulatory Patients (STAMP) dont il est question dans les documents établit les paramètres permettant de décider dans quelles situations AHS absorbera les coûts de certains traitements et dans quels cas ils seront facturés aux patients.

Si ce programme est adopté, certains médicaments ne seront donc plus offerts ni administrés gratuitement aux patients dans les hôpitaux. Dans de tels cas, les Albertains devront plutôt acheter leurs médicaments à la pharmacie. Ils pourraient également devoir couvrir les frais d’administration du médicament dans une clinique.

Plusieurs traitements pourraient être touchés

Le programme STAMP permettrait à la province d’économiser environ 2,3 millions de dollars annuellement, selon les documents obtenus.

Ceux-ci révèlent également que des traitements contre le cancer et la maladie de Crohn pourraient être touchés par le programme.

Des injections de fer, de calcium, de magnésium et de botox non cosmétique pourraient se faire dans des cliniques, plutôt qu’à l’hôpital.

Ces injections sont souvent utilisées pour le traitement de la fibromyalgie, du cancer du sein et de la moelle osseuse, des problèmes squelettiques comme la maladie de Paget et l’ostéoporose ainsi que la spasticité causée par un traumatisme crânien, la paralysie cérébrale ou encore la sclérose en plaques.

AHS a refusé la demande d’entrevue de CBC/Radio-Canada, mais a fait une déclaration.

Le processus en cours d’évaluation concernerait les cas qui ne nécessitent pas l’administration urgente d’un médicament à l’hôpital ou dans une AHS/Covenant Health clinic. Ces patients seraient potentiellement dirigés vers un médecin de famille, une pharmacie ou une autre clinique, si [ces services] sont disponibles dans leur région, affirme le porte-parole d’AHS James Woods.

Inquiétudes

L’employé d’AHS qui fourni les documents et à qui l'anonymat a été donné pour éviter des répercussions sur sa carrière, affirme craindre que des milliers de patients inondent le nombre limité de cliniques qualifiées pour prodiguer ces soins. Il croit que cela pourrait engendrer des retards dans le système en plus d’ajouter un fardeau financier aux patients.

Selon l’employé, une injection de fer coûte environ 150 $. Il craint que les patients qui n’ont pas d’assurance ni les moyens de payer décident de sauter des traitements, ce qui pourrait engendrer des problèmes de santé plus graves et plus coûteux pour le système de santé.

Les documents qui ont fait l'objet de la fuite explique que le programme STAMP doit être présenté comme une manière d’uniformiser les soins afin que tous les patients aient le même accès aux soins partout dans la province.

Ils ajoutent que l’absence de modèle encadrant l’administration de médicaments aux patients aux soins ambulatoires mine la confiance de ces derniers envers le système de santé.

Les Albertains recevront toujours les médicaments dont ils ont besoin. Cela ne changera jamais. Nous allons aussi nous assurer qu’ils continuent à prendre leurs médicaments. Le nouveau processus ne ferait que permettre que cela se passe dans un autre endroit et d’assurer l’uniformité des prix associés à ces services, affirme James Wood.

La directrice générale de Friends of Medicare, Sandra Azocar, croit cependant qu’implémenter le programme STAMP n’est pas nécessaire et créerait des inégalités au sein du système de santé albertain.

Les assurances privées ne couvriront jamais les conditions médicales préexistantes, dit-elle.

La standardisation des soins peut se faire sans en transférer le coût aux patients et à leur famille. C’est cruel.

Sandra Azocar, directrice générale, Friends of Medicare

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, David Shepherd, partage ces inquiétudes.

Nous jouons avec la santé des gens pour économiser quelques dollars. C’est complètement déraisonnable, dit-il.

Avec les informations d'Elise von Scheel

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