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Racisme systémique : la Commission des droits de la personne ajoute sa voix

L'Assemblée nationale du Québec.

La Commission des droits de la personne appelle Québec à adopter une politique de lutte contre le racisme et la discrimination systémiques.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

La Presse canadienne

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec exhorte le gouvernement Legault à agir contre le racisme systémique; elle déplore que la majorité de ses recommandations contenues dans un rapport de 2011 n'aient toujours pas été mises en œuvre.

Il y a neuf ans, ce rapport se penchait sur des cas de profilage racial et de discrimination systémique subis par des jeunes racisés de 14 à 25 ans lors de leurs interactions avec des policiers, des enseignants ou des travailleurs sociaux de la Direction de la protection de la jeunesse.

Philippe-André Tessier, président de la Commission, affirme aujourd'hui que des 93 recommandations contenues dans le rapport de 2011, la majorité n'ont pas été mises en oeuvre ou ne l'ont été qu'en partie.

Ce dont nous parlons, c'est d'un problème systémique, qui nécessite des réponses systémiques, a déclaré M. Tessier lors d'une conférence de presse virtuelle, mercredi, après avoir publié le dernier rapport de la commission, un suivi de la mise en oeuvre des recommandations de 2011.

Le nouveau rapport indique notamment que peu de mesures ont été prises pour remédier à la surreprésentation des enfants noirs dans le système de protection de la jeunesse, ou au fait que les enfants racisés sont punis de manière disproportionnée dans les écoles. Le rapport comprend une liste révisée de 63 recommandations.

Mais d'abord et avant tout, la Commission appelle de nouveau le gouvernement à adopter une politique de lutte contre le racisme et la discrimination systémiques, qui inclut notamment un plan d'action pour prévenir et enrayer le profilage racial et ses conséquences.

Reconnaître le racisme systémique

Le premier ministre François Legault a créé en juin un groupe d'action contre le racisme, composé de sept membres de son gouvernement, qui doit publier un rapport cet automne.

François Legault, lors d'une conférence de presse.

Le premier ministre du Québec, François Legault, refuse de parler de racisme systémique.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

M. Legault refuse toujours de dire que le racisme systémique existe au Québec – un point de vue qui n'est pas partagé par la Commission des droits de la personne.

M. Tessier a cité en exemple le fait que les personnes racisées sont plus souvent arrêtées par la police que les Blancs. Ces contrôles de routine se produisent lorsque la police interpelle des personnes pour recueillir des informations, sans les arrêter.

Il y a un an, des universitaires qui étudiaient les données du Service de police de la Ville de Montréal ont découvert que les Autochtones, les Noirs et les personnes d'origine arabe étaient plus susceptibles d'être interpellés.

Ce que nous demandons, c'est l'arrêt de ces contrôles de routine. Ce n'est pas seulement un problème à Montréal, c'est un problème au Québec, a soutenu M. Tessier mercredi.

La commission recommande aussi que les ministères et les organismes publics analysent, révisent et corrigent les règles, les pratiques et les processus de décision à tous les niveaux du système d'emploi [...] en tenant compte du caractère historique, systémique et intersectionnel des discriminations et du racisme.

Les recommandations publiées mercredi ont été transmises aux membres du groupe de travail du gouvernement Legault, a assuré M. Tessier.

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