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Un médecin canadien au coeur de la guerre du Haut-Karabakh

Le Dr Raphael Vartazarmian dans une salle d'opération.

Raphael Vartazarmian est arrivé en Arménie cette semaine pour aider à soigner les blessés.

Photo : Raphael Vartazarmian

Des médecins aux infirmières, ils sont une cinquantaine de membres du corps médical de la diaspora arménienne à avoir pris l’avion pour aider les blessés, les soldats et les civils, qui se comptent par centaines dans le conflit entre l’Arménie et l'Azerbaïdjan. L’un d’entre eux est Canadien et a décidé de se rendre sur place cette semaine. Il raconte son expérience.

C’est après un quart de travail de 30 heures que Raphael Vartazarmian répond à nos questions avant de tenter de récupérer quelques moments de sommeil. Cet urgentologue québécois de 44 ans est parti de l’aéroport de Montréal cette fin de semaine pour se rendre à Erevan, la capitale de l’Arménie.

Ce n’est pas la première fois qu’il met les pieds sur la terre de ses ancêtres. Il y fait des missions humanitaires depuis les années 1990. J’ai toujours eu le besoin d’aider l’Arménie. Après la dissolution du système soviétique, elle n’a jamais été capable de se remettre sur pied et elle a toujours eu besoin d’aide, explique-t-il.

Escalade des combats

Depuis le 27 septembre, le médecin observe l’évolution de la guerre dans le Haut-Karabakh, une enclave indépendantiste, à majorité arménienne, en plein Azerbaïdjan. C'est en voyant l’intensité des combats que ce spécialiste en médecine d’urgence à l’Hôpital de Hawkesbury, en Ontario, a pris la décision de réserver son billet d’avion.

Par mesure de sécurité, le Dr Vartazarmian ne peut pas nous dire où il se trouve précisément. Il y a des drones qui volent au-dessus de nous, dit-il. À quelques kilomètres du front, il soigne des blessés, des civils et surtout des soldats. C’est des jeunes de 18 à 25 ans avec des blessures très graves. On ne veut plus voir ces jeunes arriver à l'hôpital. Ils sont en train de se faire attaquer par des drones avec une technologie épouvantable. Ce n'est pas une guerre équitable, raconte-t-il.

Un homme en pleurs sur la tombe d'un soldat, à Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh, le 17 octobre.

Un homme en pleurs sur la tombe d'un soldat, à Stepanakert, capitale du Haut-Karabakh, le 17 octobre.

Photo : afp via getty images / Aris Messinis

L'entraide de la diaspora

Au milieu de la tragédie des combats, le médecin voit toutefois une lueur d'espoir dans l’entraide de sa communauté. La diaspora arménienne, dont le nombre dépasse la population actuelle de l'Arménie, s’est vite mobilisée. Sur le terrain, Raphael Vartazarmian a croisé des personnes venues de Los Angeles, de Boston, de Paris ou de Moscou. C’est génial de voir cet esprit. Une fraternité se crée entre nous face à cette situation.

Selon le président de l’Association médicale arménienne du Québec, Ari Demirjian, une cinquantaine de médecins ou d'infirmières de la diaspora mondiale sont sur place actuellement.

Entre la pandémie et la guerre, ça fait deux combats humanitaires à mener. Ils ont surtout besoin de chirurgiens, de neurochirurgiens, d'infirmières, d’anesthésistes. Il faut aussi qu’on s’organise pour que des psychologues et des psychiatres partent aider la population pour tous les cas de stress post-traumatiques, car le besoin existe et va grandir, explique-t-il.

Dans cette région du Caucase du Sud, Raphael Vartazarmian garde pour l’instant le moral. Il va toujours y avoir de l’espoir. Ils ont une force incroyable, ces gens-là. C’est vraiment inspirant. L’urgentologue canadien espère néanmoins voir bientôt la fin de la guerre pour pouvoir rejoindre sa famille au Canada.

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