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Des ratios infirmières / patients jugés dangereux dans des CHSLD de l'Estrie

Une médecin au chevet d'un patient âgé.

La FIQ s'inquiète des ratios infirmières / patients.

Photo : iStock

Radio-Canada

Plus d’une quinzaine de CHSLD de l’Estrie sont jugés dangereux par la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) en raison du ratio patients-infirmière trop élevé.

Le syndicat a publié des données pour appuyer les infirmières, qui ne cessent de marteler qu’elles sont surchargées.

C’est en Montérégie-Est que la situation semble être la plus critique. Or, certains établissements du CIUSSS de l’Estrie-CHUS sont tout de même jugés très dangereux. C’est le cas du Centre d’hébergement Villa-Bonheur de Granby, qui remporte la palme de l’établissement ayant le pire ratio, suivi du Centre d’hébergement de Sutton. Dans le premier cas, 2 infirmières auxiliaires et 1 infirmière doivent répondre aux besoins de 98 patients, alors qu’à Sutton, 1 seule infirmière auxiliaire doit prendre soin de 72 patients.

Données sur certains CHSLD du CIUSSS de l'Estrie-CHUS

Des exemples de ratio infirmières-patients dans des CHSLD du CIUSSS de l'Estrie-CHUS..

Photo : Radio-Canada

Le Centre de santé et services sociaux (SSS) de Memphrémagog inquiète aussi le syndicat. La nuit, les 6 infirmières doivent se répartir les 200 patients dispersés sur 6 étages. Selon Sophie Séguin, présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est, ce problème de ratio ne survient pas uniquement lors des quarts de nuit.

On se retrouve avec un nombre de patients beaucoup trop élevé, et qui est presque inhumain de nous donner des conditions comme cela au travail.

Lorsqu’on termine notre quart de travail, on se dit qu’on aurait pu faire plus si on avait une personne supplémentaire à venir nous aider. Ces gens-là, il faut quand même prendre le temps de les soigner, et souvent, on le fait à la presse parce qu’on est pris entre l’arbre et l’écorce. Pour la charge mentale des infirmiers et infirmières, c’est difficile.

Sophie Séguin, présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l'Est

Difficile d'assurer une bonne surveillance

Une infirmière ayant travaillé tout l’été au CHSLD de Weedon a tenu à témoigner sous le couvert de l’anonymat des conditions de travail.

Elle soutient qu’elles n’étaient que trois personnes, soit une infirmière auxiliaire, une infirmière et une préposée aux bénéficiaires, pour répondre aux besoins de la clientèle. Or, lorsque deux employées devraient prendre soin d’un patient instable, la troisième personne était laissée à elle-même pour veiller sur la cinquantaine de patients, répartis sur deux étages.

Extrait du témoignage de l’infirmière

Vous comprendrez que ça peut être difficile d'assurer une surveillance adéquate de nos patients à ce moment-là. Nous avons demandé une bonne partie de l'été à être quatre employés la nuit, en vain. La réalité est que des situations semblables étaient vécues sur tous les quarts et le manque de personnel touchait tous les titres d'emploi. La banque d'employés disponibles pour ce site étant limitée, les ressources ne suffisent pas à combler les besoins. J'ai côtoyé des travailleurs et travailleuses dévoués cet été, et j'en ai vu aussi beaucoup trop quitter en maladie, épuisés, pour la courte période durant laquelle j'ai travaillé. Des ratios raisonnables et respectés auraient un impact direct sur les conditions de travail de l'équipe soignante ainsi que sur les soins offerts. Tout le monde là-bas, travailleurs et résidents, mérite que l'employeur se penche sur la question.

Cette demande rejoint d’ailleurs celle formulée par la FIQ, soit qu’un ratio de base patients-infirmière soit instauré par le gouvernement provincial.

Avec les informations de Marion Bérubé

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