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Crise des droits de pêche autochtones : l'intervention de la reine réclamée

Le drapeau du Traité no 8, à côté des drapeaux du Canada et de l'Alberta.

Le Traité no 8 a été signé en 1899 entre plusieurs Premières Nations de l'Ouest canadien et la reine d'Angleterre.

Photo : Radio-Canada / Geneviève Normand

Geneviève Normand

Le grand chef du Traité no 8 réclame l'intervention de la reine Élisabeth II dans la foulée de la crise qui oppose les pêcheurs micmacs et les pêcheurs non autochtones dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, a appris Radio-Canada.

Le grand chef Arthur Noskey et les chefs des Premières Nations couvertes par ce traité se disent, à l’autre bout du pays, solidaires avec la Première Nation Sipekne'katik qui a lancé en septembre sa pêche de subsistance autogérée, hors saison. Les pêcheurs non autochtones affirment pour leur part que cette pêche est illégale parce qu’elle n’a pas lieu dans les périodes déterminées par le gouvernement fédéral.

Nous n’allons pas laisser notre partenaire du Traité, la Couronne britannique, continuer à ignorer ses obligations, écrit le grand chef Noskey par voie de communiqué.

Les partenaires du Traité no 8 demandent une rencontre avec la reine d’Angleterre pour discuter du mépris continu et de l'absence de mise en œuvre de chacun de [leurs] traités respectifs.

Arthur Noskey doit en faire l’annonce officielle dans le cadre d’une conférence de presse à Edmonton, jeudi.

Le grand chef somme également la gouverneure générale du Canada et les lieutenants-gouverneurs des provinces à participer à ce dialogue avec la reine.

Les chefs autochtones du Traité no 8 espèrent également que toutes les Premières Nations couvertes par les 11 traités numérotés, conclus avec la Couronne britannique entre 1871 et 1921, soutiennent les Micmacs dans ce conflit qui fait rage dans les Maritimes.

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement fédéral est la cible de nombreuses critiques, autant de la part des pêcheurs autochtones que des pêcheurs commerciaux. Les deux camps critiquent l’inaction d’Ottawa dans ce conflit qui a dégénéré en actes de violence, la fin de semaine dernière.

Le Traité no 8 a été signé entre la Couronne britannique et des Premières Nations dans l’Ouest du pays, le 21 juin 1899. Il couvre un territoire qui comprend une partie de l'Alberta, de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan et des Territoires du Nord-Ouest.

Un conflit qui fait boule de neige

Des pêcheurs autochtones en Nouvelle-Écosse ont obtenu mercredi une injonction temporaire qui leur permettra de continuer à avoir accès aux quais de Saulnierville et de Weymouth, ainsi qu’à un vivier à homards à New Edinburgh.

Cette demande d’injonction avait été initiée par la Première Nation Sipekne’katik et avait pour but de mettre fin aux confrontations et aux menaces que les pêcheurs micmacs disent recevoir.

Le droit des Autochtones à une pêche de subsistance convenable a été reconnu dans la décision Marshall, rendue en 1999 par la Cour suprême du Canada.

Un débat d’urgence sur les vives tensions dans cette région du pays s’est déroulé plus tôt cette semaine à la Chambre des communes. Le premier ministre Justin Trudeau y a participé et son gouvernement a été la cible de tirs groupés de la part de l’opposition.

Ailleurs en Nouvelle-Écosse, la Première Nation Poltotek a aussi lancé sa propre pêche de subsistance convenable. D’autres communautés veulent emboîter le pas et exercer ce droit issu du Traité, que le gouvernement fédéral a dit vouloir faire respecter.

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