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Controverse à l’Université d’Ottawa : le gouvernement Ford ne veut pas s'en mêler

Affiche sur laquelle il est écrit « uOttawa ».

La controverse sur l'utilisation du « mot en n» à l'Université d'Ottawa ne semble pas passionner la classe politique ontarienne.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Hamelin

Radio-Canada

Malgré la controverse entourant l’utilisation du « mot en n » par la professeure de l’Université d’Ottawa Verushka Lieutenant-Duval, la classe politique ontarienne ne semble pas vouloir se joindre au débat.

Le ministre des Collèges et Universités, Ross Romano, a affirmé mercredi que les universités ont la responsabilité de mettre en place un milieu éducatif et doivent faire tout en leur pouvoir pour régler les questions de racisme et de discrimination sur les campus.

Le ministre Romano souligne que les universités sont des entités autonomes responsables de leurs relations de travail et de leurs opérations.

M. Romano ajoute que le gouvernement a une politique de tolérance zéro pour la discrimination.

Cette controverse a fortement fait réagir la classe politique du Québec. Cette semaine, le premier ministre François Legault a notamment qualifié les agissements de certains militants de police de la censure.

La controverse sur l’utilisation de ce mot dans un contexte d'enseignement fait rage depuis la suspension de Mme Lieutenant-Duval, à la suite de son utilisation du mot qui commence par n dans son cours.

La professeure a par la suite pu regagner son poste, mais le recteur de l’Université d’Ottawa, Jacques Frémont, a tout de même défendu la décision initiale de sévir contre la professeure.

Un sujet qui ne peut être pris à la légère

La députée du Nouveau Parti démocratique de Kitchener-Centre, Laura Mae Lindo, affirme que les enseignants ne comprennent parfois pas qu’aborder des sujets difficiles nécessite des mesures particulières pour s’assurer que tous les étudiants se sentent en sécurité.

Les gens ne comprennent pas la gravité des mots utilisés, explique-t-elle.

Portrait de Laura Mae Lindo.

Laura Mae Lindo, députée de Kitchener Centre, est la présidente du caucus noir du NPD ontarien.

Photo : CBC/Kate Bueckert

Mme Mae Lindo, qui a été directrice de la diversité et de l’équité à l’Université Wilfrid-Laurier, affirme qu’elle comprend mal pourquoi certaines personnes sont surprises par la réaction au geste de la professeure.

Ça ne devrait pas être une surprise pour nous. Des excuses n’effaceront pas l’impact d’avoir utilisé le "mot en n" auprès de nos étudiants, explique celle qui est aussi la présidente du caucus des Noirs du NPD.

Elle ajoute que les universités devraient se munir de plus d’expertise de la communauté noire pour s’assurer de pouvoir mieux expliquer les enjeux de cette communauté, comme celui de la réclamation du mot en n par ceux-ci.

La députée ne comprend pas pourquoi le débat ne prend pas plus de place sur la scène politique ontarienne. Cependant, elle croit que c’est peut-être parce que ce n’est pas un dossier que le gouvernement priorise.

[Le fait] que le gouvernement ne s’assure pas que les étudiants noirs se sentent en sécurité est peut-être un autre signe de racisme

Laura Mae Lindo, députée NPD de Kitchener-Centre

Elle ajoute que le débat a tout de même eu lieu sur les médias sociaux en Ontario, signe que des Ontariens se soucient du dossier.

Pas une liberté d’opprimer

Un homme avec des lunettes et un habit gris.

Alexie Tcheuyap croit que les enseignants ont le devoir de se renseigner et de connaître leur sujet avant d'aborder des sujets difficiles.

Photo : Université de Toronto

Le professeur de littérature à l’Université de Toronto, Alexie Tcheuyap, croit que les enseignants ont le devoir d’éducation et de formation et qu’ils ont aussi le droit d’émettre leur opinion et de se tromper.

Mais selon lui, les enseignants qui choisissent de traiter de sujets difficiles ont le devoir de s’informer et de connaître leur sujet.

Ils doivent savoir que les mots ont une charge politique, idéologique et émotionnelle, qui peuvent avoir un impact sur ceux qui les entendent

Alexie Tcheuyap, professeur de littérature à l’Université de Toronto

L'homme d’origine camerounaise affirme qu’il est possible de traiter du mot en n dans les classes, mais qu’il faut que ce soit fait dans le bon contexte et qu'il faut l’aborder de la bonne manière.

Il ajoute au sujet de la liberté de l'enseignement, argument qui est parfois cité dans le débat sur l’utilisation du mot en n, qu'elle n’est pas une liberté d'opprimer.

Concernant la controverse qui fait rage, M. Tcheuyap dit qu’on ne peut pas en vouloir à une personne d’exprimer sa souffrance. Juger la souffrance, c’est aggraver la douleur, ajoute-t-il.

M. Tcheuyap affirme que ce n’est pas un problème qui se limite à l’Université d’Ottawa et que les médias ont parfois soif de primeurs quand on parle d’une controverse comme celle-ci.

L’Université de Toronto a quant à elle choisi de ne pas commenter une nouvelle concernant un autre établissement d’enseignement.

Du côté de l’Université Laurentienne, on affirme avoir mis en place des politiques pour s’assurer que les professeurs et les étudiants puissent interagir dans un environnement sans discrimination.

En ce qui a trait à la liberté d'enseignement, l’Université Laurentienne affirme que les enseignants sont libres de chercher la vérité, la connaissance et la compréhension et d'exprimer librement leurs opinions.

L'établissement universitaire précise toutefois que leurs paroles et leurs gestes doivent toujours respecter les politiques de l’Université ainsi que les lois dominantes.

Avec les informations de Colin Côté-Paulette

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