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Changements climatiques : le Québec fait fausse route, croit l’IRIS

Cheminées de la raffinerie de Valero à Lévis.

La raffinerie Énergie Valero de Lévis est le deuxième établissement ayant déclaré les émissions de GES les plus élevées au Québec en 2018 (archives).

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le Québec est condamné à rater ses cibles de réductions de gaz à effet de serre (GES) s’il ne procède pas à une transformation en profondeur de son économie, prévient l’Institut de recherches et d’informations socioéconomiques (IRIS).

Dans une étude publiée jeudi sur son site Internet, l’IRIS invite le gouvernement Legault à donner un coup de barre à sa stratégie de lutte aux changements climatiques.

Les auteurs de l’étude, Julia Posca et Bertrand Schepper, rappellent que le Québec ratera vraisemblablement son objectif de réduire de 20 % ses émissions de GES par rapport à 1990 d’ici 2020.

Les deux chercheurs estiment que les politiques environnementales, notamment en matière d’électrification des transports, ne suffiront pas à atteindre la prochaine cible que s’est dotée le Québec : ramener ses émissions de GES à 37 % sous les niveaux de 1990 pour l’année 2030.


Pour consulter l’étude de l’IRIS, cliquez sur ce lien (Nouvelle fenêtre)

Bertrand Schepper lors d’une entrevue en visioconférence avec Radio-Canada.

Le chercheur de l’IRIS Bertrand Schepper plaide pour la mise en oeuvre d’une transition juste au Québec.

Photo : Radio-Canada

Pour y arriver, disent-ils, le Québec devra mettre en branle une transition écologique juste, qui consiste à se sortir des industries polluantes , mais sans pour autant abandonner les travailleurs et les régions qui en dépendent.

Ça veut dire qu'un gouvernement doit avoir une politique pour à la fois, peut-être, charger chacune de ces industries polluantes là, mais aussi soutenir les employés de sorte qu'ils puissent être en mesure d'apprendre à travailler dans d'autres secteurs, ou transformer des secteurs pour ce faire, explique Bertrand Schepper en entrevue à Radio-Canada.

Notre objectif n'est pas d'attaquer ces industries-là, ce n'est pas ça l'idée. C'est de faire un constat pour se préparer.

Bertrand Schepper, chercheur à l’IRIS

Les 10 industries les plus polluantes au Québec emploient environ 85 000 personnes, dont une bonne partie en région.

D’où l’importance, note Bertrand Schepper, de prévoir des mesures d’aide pour éviter que la transformation de la structure industrielle n’entraîne une dévitalisation des régions ressources.

Les 10 industries les plus polluantes au Québec

1. Usines de pâte à papier, de papier et de carton
2. Fabrication de pesticides, d'engrais et d'autres produits chimiques agricoles
3. Fabrication de produits du pétrole et du charbon
4. Fabrication de ciment et de produits en béton
5. Fabrication de produits chimiques de base
6. Transport aérien
7. Fabrication de produits de viande
8. Fabrication de produits laitiers
9. Foresterie et exploitation forestière
10. Première transformation des métaux

Source : Statistique Canada

Le chercheur croit que le gouvernement Legault gagnerait à s’inspirer du fédéral, qui s’est engagé à éliminer les centrales électriques au charbon d'ici 2030.

La cheminée d’une centrale thermique rejette de la fumée blanche.

Le Canada cessera de produire de l’électricité à partir de charbon d’ici 2030. Sur la photo : la centrale électrique au charbon Sheerness située près de Hanna, en Alberta (archives).

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Le plan d’Ottawa prévoit entre autres des mesures visant à soutenir les travailleurs qui perdront leur emploi ainsi que des investissements dans les infrastructures des collectivités touchées.

Il faut qu’on soit capable, d’emblée, de dire : "Nous savons qu'à terme le charbon, il ne faut plus l'utiliser [...] À partir de ce moment-là, nous allons faire en sorte que cette industrie-là ait le temps de se transformer, que les gens qui y travaillent, les régions qui bénéficient de ces emplois-là soient aussi capables de se transformer" , insiste Bertrand Schepper.

Si on accepte qu'il y a des changements climatiques, si on accepte qu'il y a des cibles à atteindre, bien ça ne sera pas uniquement à travers des mesures sur le transport. Ça va être à travers des mesures de production.

Bertrand Schepper, chercheur à l’IRIS

En mettant en oeuvre une transition écologique juste dès maintenant, le Québec serait selon lui en meilleure position pour gérer les difficultés associées aux industries appelées à péricliter.

Il pourra ainsi, poursuit le chercheur, éviter une crise des finances publiques ou une crise des emplois semblables à celles que traverse l’Alberta, dont l’économie dépend largement de l’industrie pétrolière.

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