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Un jeune entrepreneur au parcours scolaire hors norme

Un jeune homme dans un dépanneur.

En septembre dernier, Alex Albert a acheté le dépanneur Blanchette à Fauquier.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Dans le cadre de la Semaine de la petite entreprise, Radio-Canada vous fait découvrir Alex Albert, un jeune entrepreneur du Nord de l’Ontario au parcours atypique.

Victime d’intimidation pendant son adolescence, Alex Albert quitte son école secondaire pour poursuivre son éducation dans un centre d’apprentissage pour jeunes décrocheurs. Il réussit par la suite à décrocher un diplôme en affaires au Collège Boréal.

À 18 ans, il fonde sa première entreprise : un casse-croûte offrant en plus un service de traiteur. Le voilà nouvellement propriétaire d’un dépanneur à Fauquier, son village natal.

Un femme discute avec un homme derrière le comptoir d'un dépanneur.

La mairesse du village a toujours de bons mots pour Alex qu'elle a vu grandir à Fauquier.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Je suis parti du secondaire en 10e année en raison de bullying et je me suis rendu à l’alternative.

Alex Albert, propriétaire du dépanneur Groundhog

Sur cette route, une enseignante du Centre d’apprentissage du Nord-Est de l'Ontario (CANO) à Kapuskasing, Joanne Boulet, influencera grandement son parcours de vie.

C’est un jeune qui était extrêmement motivé, se souvient-elle. J’avais beaucoup de décrocheurs dans ce temps-là et des étudiants qui s’étaient fait expulser des écoles pour troubles de comportements. Alex n’avait aucun de ces problèmes, sa place n’était juste pas dans une école secondaire.

Un jeune discute avec un homme devant le rayon des croustilles.

Alex Albert en pleine discussion avec le représentant des croustilles.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Sa persévérance et sa motivation ont tiré le groupe vers le haut, selon l'enseignante. C’était le seul qui avait un sac d’école, soupire Joanne en riant.

Deux personnes montrant des assiettes pleines de nourriture.

Depuis 5 ans, Alex Albert a son service de traiteur qui dessert les régions de Kapuskasing, Moonbeam, Fauquier et Smooth Rock Falls.

Photo : Gracieuseté Alex Albert

Alex possédait une joie de vivre contagieuse, alors que sa passion pour la cuisine émergea. Il m’aidait à faire des déjeuners santé pour les jeunes, raconte l'enseignante.

Tous les élèves le regardaient: '' Oh, wow! Tu es vraiment motivé! Comment tu fais? '' Il parlait déjà d’avoir sa propre entreprise. Il savait qu’il avait besoin de son éducation pour atteindre son rêve.

Joanne Boulet, enseignante à CANO

J’ai terminé mon secondaire un an avant ceux qui m’intimidaient, lance Alex avec beaucoup de fierté.

Un jeune homme pose avec son diplôme en compagnie de son enseigante.

Après avoir reçu son diplôme d'études secondaires du Centre d'apprentissage du Nord-Est de l'Ontario, Alex Albert pose avec son enseignante Joanne Boulet.

Photo : Gracieuseté Joanne Boulet

Il fera ensuite le saut en administration des affaires au Collège Boréal, campus de Kapuskasing, où un autre enseignant le marquera à tout jamais, Michel Mainville.

Je me souviens de sa première journée à mon cours de marketing. Alex me dit: ''Moi Mainville, je veux ouvrir un chip stand à Fauquier.''

Michel Mainville, professeur au Collège Boréal

Dès sa première journée avec son professeur Michel Mainville, il a développé son plan d’affaires pour ouvrir son casse-croûte.

Il a travaillé cette notion d’ouvrir un restaurant de la première à la deuxième année, précise le spécialiste des affaires. C’était un défi monumental, un investissement financier important était demandé pour concrétiser ce rêve raconte M. Mainville.

Un casse-croûte.

Le nom Groundhog vient de la rivière qui traverse le village de Fauquier. ( archives)

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Quand Alex Albert a obtenu son diplôme, Joanne Boulet a été grandement touchée de voir l’un des siens réussir. Elle ne s’attendait certes pas à recevoir un appel de son ancien étudiant.

Comme j’enseignais le français, il m’a demandé de relire ses menus pour voir s’ils ne contenaient pas de fautes. Les gens m’appellent beaucoup Madame Santé, il voulait s’assurer qu’il ait des choses santé sur son menu .

En 2016, Alex Albert lançait son chipstand aux abords de la route Transcanadienne. Il avait toujours son groupe de goûteurs avant la journée d’ouverture : ses confrères de la classe de Madame Santé au CANO.

Des gens regroupés pour la coupe du ruban marquant l'ouverture du commerce.

En 2016, le député provincial Gilles Bisson et la mairesse de Fauquier, Madeleine Tremblay, participaient à l'ouverture officielle du Groundhog Chip Stand .

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Son casse-croûte deviendra le point de mire pour les camionneurs, les travailleurs du pont de Fauquier (Nouvelle fenêtre) et ceux qui traversent le pays par la route 11.

En 2018, son travail s’attire les plus grands honneurs dans sa région. La chambre de commerce de Kapuskasing le nomme jeune professionnel de l’année.

Une pandémie qui freine son élan

La restauration n’est pas un secteur facile dans lequel évoluer en 2020. La COVID-19 aura eu le dessus sur son casse-croûte qui était pourtant sur un élan.

Le manque d’employés a été un gros défi pour moi. C’est la raison pour laquelle j’ai dû fermer, raconte le jeune qui travaille 7 jours sur 7 pendant la saison estivale et souvent plus de douze heures par jour.

En affaires, on frappe des murs à tous les coins de rue. Il ne faut pas avoir peur de bûcher et d’essayer, disait son professeur Michel Mainville au Collège Boréal.

En septembre dernier, Alex Albert achète le dépanneur Blanchette à Fauquier.

Un jeune homme dans son dépanneur.

Le dépanneur d'Alex Albert est en quelque sorte le magasin général du village, on retrouve notamment des produits d'épicerie, le bureau de poste et une succursale de la LCBO.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Alors que de nombreux enseignants du secondaire citent en exemple des modèles comme JK Rowling ou Walt Disney, Joanne Boulet n’a qu’un seul nom en tête : Alex Albert.

Quand mes élèves tout découragés me disent ‘’ je suis en 10e année, ça ne va pas bien’’, je leur montre la photo de finissant d’Alex. Je leur dis: ‘’ lui n’allait pas bien non plus quand il est arrivé ici. Il s’est relevé les manches. Il a fini par obtenir un diplôme et c’est un entrepreneur ''.

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