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Ruée vers les vaccins contre la grippe

Submergés par les demandes, les établissements de santé promettent de s’ajuster et d'offrir de nouvelles plages horaires.

Des mains gantées tiennent une seringue pointée vers le bras d'un homme

Au total, près de 14 millions de doses de vaccins contre l'influenza ont été commandées cette année par Ottawa.

Photo : Associated Press

Trouver un créneau horaire pour se faire vacciner contre l’influenza, dès le début du mois de novembre, s’avère déjà un casse-tête. À peine commencée, la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière semble victime de son succès.

Complet, annonce le site Internet de la Ville de Dollard-des-Ormeaux. Il ne reste plus de places pour la clinique de vaccination dans l’ouest de l’île, précise-t-on.

Effectivement, nous observons une forte hausse des demandes de vaccination par rapport aux années précédentes, confirme également le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’île-Montréal.

On assiste depuis quelques jours à une augmentation de la demande. Nos plages horaires sont complètes.

Sonia Bélanger, directrice du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal

Cette année, pour éviter les rassemblements et les risques de propagation de la COVID-19, il est impératif de prendre un rendez-vous. Il est possible également, pour la première fois, de faire appel à des pharmaciens, grâce à une modification législative adoptée il y a quelques mois.

Mais dans la métropole et ses alentours, par exemple, rares sont les plages horaires encore disponibles dans certains quartiers pour obtenir ce vaccin. Il faut souvent sélectionner plusieurs établissements avant de trouver une disponibilité.

Francine Galipeau n’a pas encore eu cette chance. Cette résidente de Boucherville, âgée de 67 ans, souhaite prendre son rendez-vous annuel habituel pour son mari et elle. En vain. Depuis une dizaine de jours, elle s’est heurtée à une quinzaine de refus.

J’ai appelé toutes les pharmacies et des cliniques. À chaque fois, on m’a dit qu’il n’y a plus de places. Ça ne m’était jamais arrivé, lance-t-elle, désemparée.

Je n’ai pas le goût d’attraper la grippe cette année et de me retrouver à l’hôpital. Il faut trouver une meilleure organisation pour avoir ce vaccin.

Francine Galipeau, résidente de Boucherville

Un réajustement des établissements

Cette situation semble similaire dans une bonne partie de la province, alors que de nombreux employeurs ont renoncé à mener cet hiver des séances de vaccination en entreprise, en raison de la pandémie.

Le CISSS de la Montérégie-Est admet un fort volume d’appels et reconnaît des difficultés techniques pour gérer cette demande. Au CISSS du Bas-Saint-Laurent, qui a lancé sa campagne de vaccination lundi, on constate aussi une hausse de la prise de rendez-vous.

Un même phénomène a également été observé ces derniers jours en Ontario.

À Montréal, on promet de s’ajuster.

Les rendez-vous se comblant très rapidement, nous ajouterons donc des plages horaires de vaccination au fur et à mesure, et ce, en fonction de la disponibilité du personnel.

Émilie Jacob, porte-parole du CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal.

Nous avons déjà offert 16 000 rendez-vous. Nous venons également d’ajouter 1500 plages horaires afin de répondre à la demande, souligne-t-on du côté du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, qui dit recevoir, pour son territoire plus de 400 appels par jour.

Une rencontre est d’ailleurs prévue jeudi matin à ce sujet, entre les patrons des établissements montréalais, révèle Sonia Bélanger.

L’ensemble des CIUSSS va regarder la possibilité d'augmenter les plages horaires et les modalités pour rendre accessible davantage la vaccination. C’est quand même une bonne nouvelle qu’il y ait de la demande. Ce n’est pas comme ça l’an passé et les années antérieures, reprend-elle.

Qui peut se faire vacciner?

Ce vaccin contre la grippe saisonnière est à la fois gratuit et recommandé pour les personnes suivantes :

  • Les personnes âgées de 75 ans et plus;

  • Les personnes atteintes d’une maladie chronique;

  • Les femmes enceintes au 2e et 3e trimestre;

  • Les personnes résidant sous le même toit et aidant naturel des personnes mentionnées ci-haut;

  • Les parents, les frères et les sœurs des enfants de moins de 6 mois;

  • Les travailleurs de la santé en contact direct avec les personnes à risque dans les hôpitaux et les centres d’hébergement.

Le vaccin est également gratuit pour :

  • Les personnes de 60 à 74 ans en bonne santé;

  • Les proches des enfants de 6 à 23 mois en bonne santé;

  • Les travailleurs en garderie.

Moins de circulation d’influenza

Cette demande de la population n’est pas une surprise pour les autorités publiques et sanitaires. Dans l’ensemble du pays, on parle de 13,8 millions de doses commandées par Ottawa pour l’ensemble des provinces et territoires. Au Québec, 2 millions de doses ont été demandées, contre 1,6 million habituellement.

Considérant la pandémie de COVID-19, nous anticipons une plus grande intention de vaccination de la part de la population, comme cela a été vu dans d’autres pays, mentionnait d’ailleurs, début septembre, le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Dans le même temps, les experts canadiens se veulent optimistes. Si la demande est plus élevée, les risques d’une vive circulation de l’influenza seraient néanmoins réduits.

L’activité grippale demeure inférieure à la moyenne pour cette période de l’année.

Pour expliquer cette faible circulation au Canada, les autorités sanitaires se tournent notamment vers l’hémisphère sud. En Australie, l’influenza a par exemple été quasi absente durant leur dernier hiver.

On s’attend à une saison grippale probablement beaucoup moins importante. C’est ce qui a été vécu dans l’hémisphère Sud, assure Mylène Drouin, directrice de la santé publique montréalaise. 

Évidemment, l’ensemble des mesures de distanciation qu’on met actuellement vont aussi avoir un impact sur la transmission [de ce] virus, affirme-t-elle, en évoquant le lavage des mains, le port du masque et la distanciation physique.

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