•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La demande d'injonction des pêcheurs autochtones est accordée

Deux hommes chargent des casiers à homard vides dans une camionnette.

Pêcheurs micmacs à Saulnierville, en Nouvelle-Écosse, en septembre 2020.

Photo : CBC / Robert Short

Radio-Canada

La cour a statué qu'il est interdit à qui que ce soit d'empêcher les pêcheurs autochtones d’avoir accès aux quais de Saulnierville et de Weymouth, ainsi qu’à un vivier à homards à New Edinburgh.

La Première Nation de Sipekne'katik a demandé mercredi une injonction destinée à mettre fin aux confrontations en mer et aux menaces dont les pêcheurs autochtones disent être la cible dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Des confrontations ont eu lieu sur ces quais entre les pêcheurs commerciaux et les pêcheurs autochtones depuis que la Première Nation de Sipekne'katik a lancé, en septembre, une pêche de subsistance modérée.

Les pêcheurs autochtones signalent aussi des confrontations en mer. Des casiers à homard leur appartenant ont été endommagés ou volés par des pêcheurs non autochtones, affirment-ils.

Le droit des Premières Nations à la pêche, à la chasse et à la cueillette pour s’assurer d’une subsistance modérée est garanti par la décision Marshall rendue par la Cour suprême du Canada en 1999.

Les pêcheurs commerciaux de la Nouvelle-Écosse jugent que la pêche de subsistance qu’effectue en ce moment la Première Nation de Sipekne'katik dans la baie Sainte-Marie, en Nouvelle-Écosse, est illégale, car elle se déroule hors des saisons de pêche déterminées par Pêches et Océans Canada.

Les avocats qui représentent la Première Nation de Sipekne'katik en cour demandent au juge d’ordonner à la police d’arrêter ou d’expulser des lieux visés par l’injonction toute personne qui y contreviendrait.

Dans l’affidavit qu’ils ont présenté mercredi, on argue que les membres de la bande sont les cibles d’une campagne de violence, d’intimidation et de dommages matériels de la part de pêcheurs non autochtones et leurs partisans.

L’une des déclarations sous serment est celle de Jason Marr, un pêcheur de Sipekne'katik.

Il raconte que le jour où la pêche au homard a été lancée, une flottille d’environ 75 bateaux de pêcheurs non commerciaux a encerclé les bateaux des Autochtones dans le but de les effrayer. Depuis, ajoute-t-il, des casiers à homard ont été volés ou endommagés, des cordages ont été sectionnés à Saulnierville.

À cause de ces pertes, il dit avoir été contraint d’acheter 260 casiers à homard.

Deux groupes de gens brandissant des drapeaux et quelques policiers entre les deux.

Un groupe de personnes soutenant les pêcheurs autochtones à gauche et un groupe de pêcheurs commerciaux à droite sont séparés par des policiers, le 20 septembre 2020 au quai de Saulnierville, en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Taryn Grant

La semaine dernière, Jason Marr dit avoir transporté, avec un autre pêcheur de Sipekne'katik, Randy Sack, 33 caisses de homard à un vivier situé à Pubnico-Ouest-le-Centre. Ils ont dû se rendre à cet endroit, ont-ils dit, car leur autre lieu d’entreposage à New Edinburgh était encerclé par des pêcheurs commerciaux.

M. Marr raconte qu’une foule en colère les attendait à Pubnico-Ouest-le-Centre et qu’ils ont dû s’enfermer dans l’édifice pour se mettre à l’abri.

Le pêcheur estime que de 6 à 10 policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) sont arrivés sur les lieux, un nombre insuffisant face au groupe de personnes en colère. 

Dans une déclaration sous serment, Jason Marr explique que les gendarmes sont restés à l’écart pendant que la foule en colère vandalisait des biens appartenant aux Autochtones et sortaient leur homard de l’entrepôt.

Randy Sack et Jason Marr ont plus tard été escortés hors de l’édifice, sains et saufs, mais sans leurs homards.

Des débris d'une usine. Il ne reste rien sauf quelques morceaux de bois et déchets.

Ce qu'il reste du bâtiment qui était utilisé pour entreposer du homard au 1065, route 335, à Pubnico-Ouest-le-Centre, en Nouvelle-Écosse, le 17 octobre 2020.

Photo : CBC / Taryn Grant

Depuis l'événement, Jason Marr dit ne pas avoir pêché. Je crains pour ma sécurité et je ne veux pas subir d’autres dommages matériels ou de vols, dit-il.

Comme preuve, M. Marr dit avoir soumis à la cour une clé USB contenant une vidéo tournée la nuit de l’incident.

J’ai accordé quelques entrevues aux médias et je crois que cela m’a donné une certaine visibilité en tant que pêcheur autochtone. J’ai été menacé sur les réseaux sociaux. En raison de ces menaces et de l’expérience du 13 octobre 2020, je ne quitte pas mon domicile aussi souvent que je le ferais autrement, écrit M. Marr.

Quelques jours après cet événement à Pubnico-Ouest-le-Centre, le vivier à homard a été détruit par un incendie, que les autorités qualifient d’incendie suspect.

D’après le reportage de Paul Withers, de CBC

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.