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Explosion des menaces en ligne contre des politiciens

Le nombre de ces signalements est passé de 53 l'an passé à 300 cette année, selon la Sûreté du Québec.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Quelqu'un tape sur un clavier d'ordinateur.

Le reportage de Camille Simard

Photo : CBC

Les menaces contre les personnalités publiques sont en forte croissance sur les réseaux sociaux depuis le début de la pandémie. Un homme de Québec qui aurait proféré des menaces contre le premier ministre François Legault a d'ailleurs comparu mercredi matin au palais de justice de Québec.

Martin Tremblay fait face à des accusations de harcèlement contre François Legault, mais aussi d’incitation à la haine envers les élus. Les faits qui lui sont reprochés auraient eu lieu le 29 juillet dernier.

L'accusé a plaidé non coupable. Il n’a plus le droit pour l’instant de s’approcher à moins de 500 mètres de l’édifice de l'Assemblée nationale.

De nombreux cas similaires

Dans la région de Québec seulement, six personnes ont été accusées au cours des dernières semaines relativement à des menaces qui auraient été proférées entre les mois de juillet et octobre.

Selon des données diffusées par La Presse et validées par Radio-Canada, l’an dernier, entre les mois de mars et de septembre, la Sûreté du Québec (SQ) avait reçu 53 plaintes pour des menaces à l’endroit d’élus de l’Assemblée nationale.

Cette année, durant la même période, la SQ en a déjà reçu environ 300, soit près de 6 fois plus.

Contexte propice

Stéphane Villeneuve, professeur spécialisé en cyberintimidation à l’UQAM, souligne que le contexte actuel y est possiblement pour beaucoup.

Les gens sont de plus en plus polarisés sur différents sujets, comme le port du masque, par exemple. C'est noir ou blanc. Les gens n'ont plus trop de sens critique, avance-t-il.

Il n'y a plus de nuance qui est faite dans la société. Ça génère beaucoup d'agressivité chez les gens, ajoute le professeur.

Cibles multiples

Que ce soit le premier ministre du Québec, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, le maire de Québec, Régis Labeaume, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, les humoristes Guy Nantel et Mike Ward, ils ont tous été visés au cours des derniers mois.

Les corps policiers n'en finissent plus de répondre à des plaintes concernant des internautes qui tiennent des propos menaçants à l'égard des élus et des personnalités.

Ann Mathieu, sergente aux communications de la Sûreté du Québec

Ann Mathieu, sergente aux communications de la Sûreté du Québec

Photo : Radio-Canada

Souvent les gens se croient à l'abri à l'intérieur de leur résidence, croient que derrière un clavier, ils sont inaccessibles. Ils sont bien identifiables et après une plainte, l'enquête s'amorce, rappelle la porte-parole de la SQ, Ann Mathieu.

Conséquences réelles

Que les menaces soient faites de façon virtuelle ou en personne, il n’y a aucune différence aux yeux de la loi.

Les gens pensent que ça tombe dans le vide et ce n'est pas le cas. Si on fait une menace par les réseaux sociaux, c'est comme si on allait à six pouces du visage de la personne et qu'on lui disait en le regardant dans le blanc des yeux, illustre l’avocat spécialisé en droit criminel Richard Philippe Guay.

Les conséquences sont les mêmes pour les personnes reconnues coupables.

Ça peut aller jusqu'à un maximum de cinq ans de détention. Ça peut être aussi un mandat de paix, une amende, mais les conséquences sont énormes sur la vie présente et future, surtout si la personne a des antécédents judiciaires, explique l’avocat.

Ces menaces ne peuvent d’ailleurs pas être prises à la légère. Le Dr Arruda est protégé depuis peu par un garde du corps.

Un policier devant une scène de crime.

L'intervention policière du 19 octobre dernier s'est déroulée à proximité de la bibliothèque Étienne-Parent, à Beauport.

Photo : Radio-Canada / Éric Careau

Une autre personne accusée, Jean Darveau, a été arrêtée le 19 octobre dans l’arrondissement de Beauport. Il avait en sa possession un couteau et aurait résisté lorsque les policiers de la Ville de Québec l'ont abordé.

Il aurait proféré des menaces de mort envers la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, le 13 octobre dernier.

Il doit subir une évaluation psychiatrique. S'il est jugé apte à comparaître, il fera aussi face à une accusation d'avoir menacé de mort l'ensemble des policiers de la province du Québec.

L’homme a déjà été condamné pour des menaces à l'endroit d’autres personnalités.

Il avait bénéficié d'un sursis de peine à la Cour municipale de Québec après avoir menacé les humoristes Guy Nantel et Mike Ward, de même que l'ex-dragon François Lambert.

Si les individus ont une responsabilité quant à ce qu’ils publient sur les réseaux sociaux, le professeur spécialisé en cyberintimidation Stéphane Villeneuve estime que les géants du web pourraient également en faire davantage pour détecter les messages haineux et sensibiliser leurs auteurs avant qu’ils ne soient publiés.

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