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Chronique

Halloween : les morts plus présents que les friandises et les citrouilles

Des décorations d'Halloween sur un balcon.

L'Halloween sera différente en 2020.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Cette année, je pense pouvoir résister jusqu’au bout. Mes enfants ont beau me rappeler que l’Halloween approche à grands pas, je me suis promis que, contrairement à mes habitudes, je n'achèterai ni bonbons, ni citrouille, ni costume.

La COVID-19 est mon prétexte tout trouvé. Je le rappelle à profusion: je ne vois pas comment gérer ces gens qui pourraient se succéder à ma porte, sans craindre une possible contamination. 

J’imagine ce que des visiteurs éventuels verront à mes fenêtres, au soir du 31 octobre. Les rideaux resteront tirés et la lumière, à l’entrée principale, éteinte. À l’intérieur de la maison, la vie poursuivra son cours normal.

Pour une fois, depuis des années, je vais peut-être contenter mon épouse qui n’a jamais caché son hostilité à l’égard de l’Halloween.

Elle n’aime pas cette célébration qui mêle la quête de friandises aux fantômes, aux sorcières, aux monstres, aux vampires et aux morts.

C’est quoi cette idée d’habituer nos enfants à ces choses?, m’a-t-elle souvent répété. 

C’est une question pour le moins sensible dans l’imaginaire africain qui m’habite depuis l’enfance. 

Comme d’autres enfants, je redoutais des personnes soupçonnées de sorcellerie. 

Je me faisais aussi dire que les morts se baladaient dans les cimetières pendant la nuit, se payaient des visites parmi nous et pouvaient participer incognito à nos repas festifs.

Cet imaginaire, le poète sénégalais Birago Diop l’a coulé dans son poème Leurres et lueurs écrit en 1960.

Ceux qui sont morts ne sont jamais partis. (...) Ils sont dans l’ombre qui s’épaissit (...) Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule. Les morts ne sont pas morts,  dit le poème dont je reprends ici les mots.

Cette année, je vais me dispenser des citrouilles. Mes oreilles et ma bouche, comme ceux de mes enfants, resteront fermés aux Trick or Treat (des bonbons ou un sort). 

À la place, je vais méditer à nouveau ma croyance d’enfance. 

Je me dispenserai de célébrer les êtres effrayants de l’Halloween. À la place, je me prêterai à nouveau à imaginer ces morts qui n’ont jamais cessé de se mêler à ma vie!

À chacun son Halloween, donc!

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