•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Les arts meurent ici » : le milieu culturel dénonce le manque de vision des partis

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Annie Bérubé dans son manteau d'hiver devant la galerie PAVED Arts de Saskatoon.

Annie Bérubé est insatisfaite des engagements en matière de culture des partis politiques de la Saskatchewan.

Photo : Trevor Bothorel

Les artistes et organisations culturelles de la Saskatchewan demandent des investissements pour les organismes SK Arts et Creative Saskatchewan. Cependant, les grands partis de la Saskatchewan tardent à s’engager.

Avant de se consacrer à la peinture, Annie Bérubé était designer industrielle. Elle se spécialisait dans les équipements pour les plateformes de forage pétrolières. Selon elle, l’appui gouvernemental pour son nouveau domaine est bien différent.

Celle qui est membre du collectif d’artistes francophones Sans-atelier dénonce les conditions actuelles. Il n'y a pas eu de fonds investis depuis des années, il y a eu que des peanuts.

Elle donne l'exemple des réductions au budget de SK Arts qui a diminué de près de 20 % dans les 10 dernières années. En effet, la contribution du gouvernement au budget de l’organisme est passée de 10,4 millions de dollars en 2010, à 8,8 millions en 2020.

C’est la dépression, les gens s’en vont dans d’autres jobs, les arts meurent ici.

Annie Bérubé, peintre membre du collectif Sans-atelier

Elle déplore le manque d'intérêt du Parti saskatchewanais envers le secteur culturel. [Les gens du Parti saskatchewanais] disent qu’ils sont déjà investis dans Creative Saskatchewan, et que c'était leur contribution, ce qui n'est pas suffisant, selon elle.

L'investissement de la province au budget de l'organisme n’a pas augmenté sensiblement depuis sa création, il oscille autour de 7,4 millions de dollars par année depuis 2013.

Si elle accueille favorablement la promesse du Nouveau Parti démocratique (NPD) de la Saskatchewan de restaurer le crédit d'impôt pour l'industrie cinématographique, elle est déçue de son manque d’engagement envers le milieu des arts et de la culture. Je sens, quand je parle aux représentants du NPD, qu’il y a une volonté, mais personne ne s’avance à dire s’ils vont mettre plus de fonds aux organismes provinciaux, dit-elle.

Le revenu de base, une nécessité dans l'après-COVID?

Même son de cloche de la part de la présidente de la Saskatchewan Arts Alliance, Jamie Boldt. L'organisme qui représente plusieurs groupes culturels et artistiques de la province affirme qu’il est nécessaire d’investir dans SK Arts et Creative Saskatchewan. Ils n’ont pas eu d'augmentation de leur budget équivalente à l’augmentation au coût de la vie, investir dans ces organismes serait très marquant, mentionne-t-elle.

Jamie Boldt, la présidente de la Saskatchewan Arts Alliance, dans un bureau du Globe Theatre.

Jamie Boldt déplore que les partis ne proposent pas plus de mesures pour protéger l'industrie des arts et de la culture.

Photo : Germain Wilson

La pandémie a frappé durement le secteur des arts et de la culture. Son organisme aimerait donc que les partis fassent connaître leurs stratégies pour appuyer le secteur. Nous sommes vraiment intéressés par les plans immédiats et à long terme pour la relance. Nous avons été les premiers à fermer et serons les derniers à rouvrir.

Jamie Boldt est inquiète pour le secteur même au-delà de la pandémie. La pérennité à long terme suscite de nombreuses préoccupations, confie-t-elle. Ainsi, son organisme aimerait connaître la position des partis sur le revenu de base.La précarité dans le secteur créatif n’a pas seulement lieu pendant la période COVID-19, souligne-t-elle.

[Les travailleurs culturels] vont de contrat en contrat, et sans savoir ce qui va suivre. Ils n'ont pas d'assurance-emploi, pas le droit au chômage, pas de contrats à long terme. C'est l'une des raisons pour lesquelles nous voulons savoir quel serait le revenu de base.

Jamie Boldt, présidente de la Saskatchewan Arts Alliance

Quelle est l'importance de la culture dans cette campagne?

La directrice générale du Conseil culturel fransaskois, Suzanne Campagne, constate un manque d'initiative des politiciens. Je déplore le manque de vision, je pense qu’on remet beaucoup la responsabilité sur les programmes fédéraux. C’est un peu frustrant pour nous qui essayons d'avoir des engagements, confie-t-elle.

Je ne pense pas qu’on met beaucoup d’importance sur la culture.

Suzanne Campagne, directrice générale du Conseil culturel fransaskois
Suzanne Campagne se tient debout et sourit durant une entrevue (archives).

Suzanne Campagne aimerait voir des engagements des partis pour appuyer les diffuseurs de spectacles au cours de la pandémie (archives).

Photo : Radio-Canada

Elle aimerait que les partis proposent des plans pour appuyer les diffuseurs artistiques, comme les salles de spectacles. C’est frustrant pour ces diffuseurs-là, parce que l’on permet des rassemblements dans les églises de 100 personnes et plus, mais pour les spectacles, on serre vraiment la vis par rapport aux mesures sécuritaires, fait-elle remarquer.

Prendre soin du secteur culturel est aussi une façon d’appuyer l’économie selon elle. Il y a quand même 62 000 travailleurs culturels et artistes qui travaillent en Saskatchewan, c’est beaucoup de gens, affirme-t-elle.

Les partis promettent peu

La plateforme électorale que le Parti saskatchewanais a publiée mentionne les investissements effectués dans le secteur des arts et de la culture depuis son élection en 2008. Cependant, il ne propose pas d'autres mesures. Le ministre sortant qui était responsable de la culture, Gene Makowsky, affirme qu’il veut plutôt s’engager dans la continuité.

Nous avons certainement été présents pour le secteur des arts et de la culture. Si nous avons l'honneur de former le gouvernement, nous continuerons dans cette voie.

Gene Makowsky, ministre sortant du Parti saskatchewanais
Gene Makowsky devant son bureau de campagne à Regina.

Gene Makowsky est heureux de pouvoir affirmer que le gouvernement n'a pas effectué de réduction aux budgets de Creative Saskatchewan et SK Arts au cours de la pandémie.

Photo : Cory Herperger

Pour appuyer la relance économique, il mentionne les initiatives de SK Arts et de Creative Saskatchewan qui ont modifié leurs budgets pour rediriger des fonds.

Il est fier d’affirmer que le gouvernement n'a pas effectué de coupure dans leurs budgets. Ils ont été maintenus en place malgré ces temps difficiles pour les revenus, souligne-t-il.

Ryan Meili serre la main d'un homme pendant que derrière eux des gens applaudissent debout sur une scène (archives).

Le NPD de Ryan Meili s'est engagé à réintroduire le crédit d'impôt pour l'industrie cinématographique, mais peu d'autres promesses à propos de la culture ont été faites (archives).

Photo : La Presse canadienne

La plateforme du Nouveau Parti démocratique s'engage à réinstaurer le crédit d'impôt pour l’emploi dans l'industrie cinématographique. Le chef du parti, Ryan Meili, affirme qu’il voudrait donner plus de moyens aux organismes comme SK Arts et Creative Saskatchewan, mais le parti n’a pas précisé comment.

Notre nouveau ministre de la culture va travailler avec l’industrie pour élaborer un nouveau plan pour voir où sera le meilleur endroit pour faire des investissements, assure-t-il.

Ryan Meili compte aussi soutenir l'industrie de la scène pour surmonter la pandémie. On va rejoindre les artistes et les gens qui montent les spectacles pour voir quels seront les investissements les plus efficaces dans les prochains mois, poursuit-il.

Peu importe qui les Saskatchewanais choisissent pour gouverner, Jamie Boldt croit que les arts et la culture sont plus importants que jamais. Nos communautés et nos spectateurs ont envie de sortir et de voir des choses. Nous avons besoin des arts. La magie sur scène améliore notre santé mentale, conclut-elle.

Élections Saskatchewan 2020

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !