•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Arsenic : la 2e étude de biosurveillance confirme l’imprégnation des résidents du quartier Notre-Dame

Un quartier résidentiel tout près d'une fonderie de cuivre.

Le quartier Notre-Dame, à Rouyn-Noranda (archives)

Photo : Radio-Canada / Vanessa Limage

Annie-Claude Luneau

Les résidents du quartier Notre-Dame, à Rouyn-Noranda, adultes et enfants confondus, sont quatre fois plus imprégnés à l’arsenic que les membres d’un groupe-témoin situés à Amos.

C’est ce qui ressort du rapport final de la deuxième étude de biosurveillance, déposé mercredi.

Les résultats diffèrent significativement entre les populations à l’étude, les moyennes géométriques dans le quartier Notre-Dame étant environ quatre fois plus élevées que celles mesurées à Amos, et ce, autant pour les enfants que pour les adultes. À noter que des valeurs extrêmes (12 % des données) s’élevant entre 15 et 59 fois la valeur de la moyenne géométrique des enfants de la population témoin ont été mesurées chez les enfants du QND [quartier Notre-Dame]. Ces valeurs extrêmes (7 % des données) peuvent représenter entre 14 et 33 fois la valeur de la moyenne géométrique des adultes d’Amos chez les adultes du QND. - Extrait de l'étude

Les enfants sont aussi trois fois plus imprégnés que les adultes, une proportion qui s'observe autant à Rouyn-Noranda qu'à Amos.



Les auteurs de l’étude établissent donc pour la première fois un parallèle entre la proximité de la Fonderie Horne et le taux d’imprégnation à l’arsenic.

Selon les tests statistiques réalisés, il y aurait chez les enfants du QND ayant participé à l’étude une association statistique significative entre les concentrations d’arsenic unguéal mesurées et la distance du lieu de résidence par rapport à la Fonderie. La même tendance est également observée chez les adultes. La visualisation de la distribution spatiale des concentrations d’arsenic unguéal dans le QND permet de déceler que les concentrations d’arsenic unguéal les plus élevées se trouvent au nord du quartier, c’est-à-dire à proximité des installations de Glencore Fonderie Horne, indique le rapport.

Les résultats indiquent que les enfants allant à l’école, à la garderie ou restant à la maison dans le QND, donc ceux passant la majorité de leur temps dans le quartier, ont des concentrations d’arsenic plus élevées. À l’instar des enfants, les adultes travaillant dans le QND, donc passant la majorité de leur temps dans celui-ci, ont tendance à avoir des concentrations plus élevées d’arsenic, lit-on dans le rapport.

Ces résultats amènent la Direction de la santé publique en Abitibi-Témiscamingue à réitérer ses recommandations à la Fonderie Horne, c’est-à-dire de réduire considérablement ses émissions d’arsenic le plus rapidement possible.

On ne veut pas attendre de voir l'impact réel avant d'agir, je pense que c'est le temps que les actions se prennent.

La Dre Lyse Landry, directrice de la santé publique en Abitibi-Témiscamingue

La meilleure chose à faire, c'est un assainissement global du quartier, ce qui passe par une réduction des émissions atmosphériques et la restauration des sols qui présentent des concentrations trop élevées d'arsenic, explique le responsable de l'étude, Frédéric Bilodeau. On est face à un cancérigène qui est sans seuil. Plus on est imprégné à un cancérigène sans seuil, à partir de zéro, le risque augmente.

La Fonderie Horne a d’ailleurs déposé un plan d’action bonifié cet été et doit en présenter l’évolution aux médias mercredi après-midi.

La Ville de Rouyn-Noranda rappelle l'urgence d'agir

La Ville de Rouyn-Noranda a pris connaissance du rapport de la santé publique et rappelle qu'il est urgent d'agir dans ce dossier.

Au cours des derniers mois, nous avons interpellé à maintes reprises le comité interministériel dont le mandat vise à faire le suivi du plan d’action de la Fonderie Horne. En rencontre ce matin, le comité nous a confirmé que les travaux sont en cours et se poursuivent malgré le contexte de la COVID et que leur rapport serait disponible dans les prochaines semaines. Nous sommes conscients des attentes de la population et c’est pourquoi nous leur avons rappelé l’urgence d’agir, assure la mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire.

La Ville indique aussi avoir fait ses devoirs. Suite aux recommandations formulées par la Direction de santé publique, nous avons rapidement procédé à l’évaluation des aménagements qui peuvent être effectués afin de contribuer à l’assainissement général du quartier. Maintenant, tout cela a un coût et nous interpellons le gouvernement afin de savoir quel sera le soutien financier en lien avec ces aménagements, indique la mairesse par voie de communiqué.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !