•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Professeur décapité en France : hommage national et Légion d'honneur

Le cercueil du professeur assassiné Samuel Paty est porté dans la cour de l'université de la Sorbonne, à Paris.

Le cercueil du professeur assassiné Samuel Paty est porté dans la cour de l'université de la Sorbonne lors d'un événement commémoratif national, à Paris, France le 21 octobre 2020.

Photo : Reuters / POOL

Agence France-Presse

La France rend mercredi un hommage national à Samuel Paty, le professeur d'histoire décapité vendredi dans un attentat qui a bouleversé le pays, tandis que sept personnes, dont deux mineurs, seront présentées dans la journée à un juge pour « complicité d'assassinat terroriste ».

Parmi ces sept suspects, deux mineurs de 14 et 15 ans sont accusés d'avoir désigné l'enseignant à Abdoullakh Anzorov, le meurtrier, un jeune réfugié d'origine russe tchétchène, en échange de 300 à 350 euros, a dit le procureur antiterroriste, Jean-François Ricard.

Selon le procureur, Abdoullakh Anzorov, qui a tué l'enseignant en pleine rue, avait raconté aux collégiens qu'il voulait humilier et frapper Samuel Paty et l'obliger à demander pardon pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet.

Poursuivre de jeunes mineurs dans un dossier terroriste n'est pas une chose inédite, mais interroge, a commenté le procureur.

Parmi les autres suspects déférés devant la justice figure Brahim C. un parent d'élève qui avait posté des vidéos appelant à la vindicte populaire contre l'enseignant. Le père de famille lui reprochait notamment d'avoir montré des caricatures de Mahomet en classe.

Quelques jours après la diffusion des vidéos, Samuel Paty était assassiné par Abdoullakh Anzorov, qui a lui-même ensuite été abattu par la police.

Brahim C. est accusé, tout comme le militant islamiste Abdelhakim Sefrioui, d'avoir nommément désigné le professeur comme cible sur les réseaux sociaux.

Les enquêteurs des services de lutte antiterroriste s'intéressent aussi à des messages échangés sur WhatsApp entre ce père de famille et l'assaillant.

Trois amis du meurtrier, dont l'un soupçonné de l'avoir amené sur les lieux du meurtre et un autre de l'avoir accompagné au moment de l'achat de son arme, seront aussi entendus par un juge.

Dans un message audio en russe authentifié par une source proche du dossier, Abdoullakh Anzorov dit avoir vengé le prophète Mahomet, reprochant au professeur de l'avoir montré de manière insultante.

Le jeune homme est essoufflé dans ce message, qui est ponctué de références au Coran. Frères, priez pour qu'Allah m'accepte en martyr, lâche-t-il.

Neuf autres personnes gardées à vue ont été relâchées dans la nuit de mardi à mercredi, parmi lesquelles trois collégiens, les parents, le grand-père et le petit frère du meurtrier, ainsi que la compagne d'Abdelhakim Sefrioui.

Emmanuel Macron présidera l'hommage au professeur

L'émotion qu’a créée ce drame est toujours vive en France, et un hommage national présidé par Emmanuel Macron doit être rendu à Samuel Paty en fin de journée dans la cour de l'université parisienne de la Sorbonne, un lieu symbolique de l'enseignement. Le professeur devrait recevoir la Légion d'honneur à titre posthume.

Après l'arrivée du cercueil, un chant sera interprété par l'orchestre de la Garde républicaine et deux textes seront lus par des élèves et des enseignants. Le chef de l'État prononcera ensuite un bref discours, suivi d'une minute de silence.

Des personnes assises pour assister à une cérémonie.

Les gens se rassemblent pour rendre hommage à Samuel Paty dans le cadre d'un hommage national à la prestigieuse université française La Sorbonne à Paris, le 21 octobre 2020.

Photo : Reuters / Gonzalo Fuentes

Parallèlement, l'appareil gouvernemental continue son offensive tous azimuts contre les personnes et les structures soupçonnées d'accointances avec les islamistes, Emmanuel Macron ayant promis mardi d'intensifier les actions.

Dans le viseur des autorités se retrouve notamment le collectif propalestinien Cheikh Yassine, créé par Abdelhakim Sefrioui et dissous mercredi en Conseil des ministres.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas a fait savoir dans un communiqué qu'il n'avait aucun lien avec cette organisation et encore moins avec son chef.

Une cinquantaine d'autres associations françaises jugées proches de l'islamisme radical pourraient être fermées.

La mosquée de Pantin, qui rassemble plus de 1300 fidèles au nord de Paris, va fermer ses portes mercredi soir pour six mois. Ses responsables sont accusés d'avoir relayé sur Facebook la vidéo de Brahim C.

Les autorités françaises ont promis une guerre contre les ennemis de la République.

La question n'est pas de savoir s'il y aura un attentat, mais quand, a martelé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Cet assassinat s'inscrit dans un contexte d'appels aux meurtres lancés depuis la republication des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo début septembre avant l'ouverture du procès sur les attentats de janvier 2015.

Une attaque au hachoir a été perpétrée le 25 septembre devant les anciens locaux du journal satirique et trois communications d'Al-Qaïda et de sa branche yéménite qui incitaient au meurtre des personnes à l'origine de la rediffusion de ces dessins ont été diffusées.

Une quinzaine d'enquêtes pour des faits d'apologie du terrorisme, de menaces de mort ou de provocation au crime ont été ouvertes depuis l'assassinat du professeur, a par ailleurs annoncé le parquet de Paris.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !