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Raymond Lévesque, poète et patriote

Le chanteur Raymond Lévesque, une guitare à la main, dans le salon de sa résidence.

Le chanteur Raymond Lévesque en 1959.

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Radio-Canada

Il y a 15 ans, l’auteur-compositeur indépendantiste Raymond Lévesque refusait le Prix du Gouverneur général pour des raisons politiques. Portrait en quelques moments tirés de nos archives d’un artiste québécois engagé à la langue toujours aussi aiguisée.

Le parcours artistique de Raymond Lévesque s’amorce dans les années 40. Il commence alors à écrire des chansons tout en travaillant comme commis dans un cabaret de Montréal.

Fernand Robidoux – qu’il rencontre dans ce contexte – sera le premier à interpréter ses chansons. Il permettra également au jeune auteur-compositeur de faire ses premiers pas à la radio.

Raymond Lévesque participe ainsi à plusieurs émissions de radio comme chanteur et animateur.

Dès les débuts de la télévision canadienne, il apparaît aussi au petit écran comme comédien ou dans des variétés.

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Trois chansons, 27 octobre 1952

Dans cet extrait de l’émission Trois chansons du 27 octobre 1952, Raymond Lévesque parle de sa jeune carrière de chanteur qui a démarré trois ans plus tôt avec l’aide de son ami Fernand Robidoux.

À l’invitation de l’animateur Jean Faucher, il joue la chanson de ses débuts, La petite partie de cartes, puis son plus grand succès à la radio, Une petite canadienne.

Le chanteur au ton joyeux s’apprête à partir pour Paris, où il se conscientise et s’éveille politiquement.

À Paris

Raymond Lévesque s'installe à Paris en 1954.

Durant ses cinq années de l’autre côté de l’Atlantique, il écrit, chante dans les cabarets parisiens et enregistre des chansons pour la légendaire maison de disques d’Eddie Barclay.

Plusieurs vedettes françaises de l’époque interprètent ses compositions. Eddie Constantine sera d’ailleurs le premier à enregistrer sa grande chanson Quand les hommes vivront d'amour.

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Raymond Lévesque interprète une chanson sur une scène.

Dessine-moi un dimanche (radio), 13 novembre 2016

Photo : Radio-Canada / Francis J. Menten

C’est sur fond de guerre d’Algérie que Raymond Lévesque a écrit Quand les hommes vivront d'amour en 1956.

À l’émission Dessine-moi un dimanche du 13 novembre 2016, l'auteur, compositeur et arrangeur Stéphane Venne analyse ce qui fait que cette chanson est devenue un grand classique de la francophonie.

Si vous lisez les paroles, il n’y a rien qui est hostile, il n’y a rien qui est agressif, explique Stéphane Venne. C’est tout apaisant. Apaisant, mais pas con.

Sur la scène et à la télévision

En parallèle à sa carrière en chanson, Raymond Lévesque se démarque aussi comme comédien au théâtre et à la télévision.

En 1953, son rôle de Moineau dans la pièce Zone de Marcel Dubé lui avait valu le prix du meilleur rôle de soutien au Festival d'art dramatique du Canada.

Le dramaturge lui écrit par la suite des rôles dans les télé-théâtres Médée et 9 à 5 diffusés à la télévision de Radio-Canada.

À son retour de Paris, Raymond Lévesque se fait également monologuiste et revuiste.

Il se produit dans les boîtes à chansons comme membre des Bozos, un collectif de chansonniers qu’il fonde avec Clémence DesRochers, Hervé Brousseau et Jean-Pierre Ferland.

Au cours des années 70, en raison de sa surdité grandissante, Raymond Lévesque quitte toutefois la scène et sa carrière de chanteur pour se consacrer à l’écriture.

La pensée d’un auteur engagé

À travers le temps, les propos et écrits de Raymond Lévesque se teintent d’une vision philosophique avant-gardiste de l’humain et de la société, puis d’une vision humaniste empreinte de mélancolie.

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5 D, 16 février 1975

Reçu à l’émission 5 D du 16 février 1975, Raymond Lévesque discute des thèmes qui le soulèvent avec l’animateur Jean-Rock Roy.

Je puise dans ce que je vois dans notre société, exprime-t-il. Je suis plutôt contestataire, je suis même un peu révolté, mais enfin, je ne suis pas particulièrement violent non plus.

Être politisé ce n'est pas compliqué. Il s'agit seulement de ne pas être indifférent.

Raymond Lévesque

Raymond Lévesque revient dans cette entrevue sur son éducation politique à Paris et sur l’importance de la solidarité et de la fraternité pour agir. Là se situe toute son espérance.

Je crois vraiment à l'évolution du monde et je crois qu'on s'en va vers quelque chose de beau, même si c'est difficile aujourd'hui.

Raymond Lévesque

L’auteur vient alors de publier deux recueils de poésie qu’il qualifie de religieux, ce qui l’amène à s’ouvrir sur sa philosophie chrétienne.

Je pense qu’il y a un esprit à la base du monde, soutient-il, Pour moi Dieu, c’est l’énergie.

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La vie d'artiste, 15 mars 1998

Dans cet extrait de l’émission La vie d’artiste du 15 mars 1998, Raymond Lévesque offre un discours considérablement plus indigné.

L'homme est une insulte à la création, il doit disparaître et il disparaîtra.

Raymond Lévesque

Il aborde dans cet entretien en plusieurs temps sa réflexion sur la vie, l’avenir et la société dans laquelle nous évoluons.

La société industrielle, c'est contraire à la vie, déclare-t-il. C'est contraire à la nature.

Ce qui m'a le plus chagriné, c'est de ne pas avoir terminé mes études musicales, confie Raymond Lévesque sur un ton plus mélancolique.

Sa surdité qui affecte dorénavant son élocution ne semble toutefois pas le troubler outre mesure. La vue, c'est toute la vie. Bien plus que l'ouïe, affirme-t-il dans cet extrait.

Des hommages et des coups d’éclat

En 2005, Raymond Lévesque est intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens.

Une distinction qui s’ajoute à plusieurs autres telles que le Félix hommage au gala de l’ADISQ en 1980 ainsi que le titre de chevalier de l’ordre national du Québec et le Prix Denise-Pelletier en 1997.

En revanche, il refuse le Prix du Gouverneur général du Canada des arts de la scène pour des raisons politiques.

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Le Téléjournal/Le Point, 25 octobre 2005

Au Téléjournal du 25 octobre 2005, le journaliste Davide Gentile s’entretient avec Raymond Lévesque pour connaître les motifs de son refus.

Une question de fierté et d’honneur, lui explique l’auteur-compositeur, qui a été particulièrement choqué par le discours d'investiture de la nouvelle gouverneure générale Michaëlle Jean.

Accepter le prix équivaudrait à cautionner les gestes posés par Ottawa lors de la crise d'Octobre en 1970, soutient Raymond Lévesque.

L’homme de conviction indépendantiste dénonce du même coup le manque d’honnêteté du gouvernement fédéral, qu’il accuse d’avoir volé le référendum de 1995.

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Le Téléjournal 18h, 7 février 2011

Plus récemment, la Ville de Longueuil nommait une nouvelle bibliothèque de son réseau en l’honneur de Raymond Lévesque.

Ce reportage de Jean-Sébastien Cloutier au Téléjournal 18 h nous montre que le poète engagé n’a rien perdu de sa verve.

Avant que cette bibliothèque disparaisse, le Québec sera libre, déclare Raymond Lévesque lors de l’inauguration de la bibliothèque le 7 février 2011.

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