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Les libéraux survivent à un autre vote de confiance, pas d'élections cet automne

Le sommet de la tour de la Paix comporte une horloge à quatre cadrans et des sculptures.

Il n’y aura pas d’élections fédérales anticipées cet automne; la motion conservatrice a été rejetée par le Parlement.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

La motion conservatrice sur la création d’un comité parlementaire exclusivement dédié à l’étude de l’affaire UNIS, dont les libéraux avaient fait une question de confiance, a été rejetée mercredi grâce à l’appui des néo-démocrates accordé in extremis au gouvernement Trudeau.

La proposition conservatrice, appuyée par les bloquistes, qui risquait de renvoyer les Canadiens aux urnes, à peine un an après les dernières élections générales, a finalement été battue en Chambre par le vote combiné des libéraux, des néo-démocrates et des verts.

Le gouvernement minoritaire de Justin Trudeau reste donc aux commandes du pays jusqu’à nouvel ordre.

La motion visant la création d’un Comité spécial sur l’anticorruption a obtenu l’appui de 146 députés, alors que 180 députés ont voté contre.

Auparavant, les parlementaires avaient voté sur un amendement proposé par le député conservateur Gérard Deltell qui stipulait notamment que la création du Comité ne doit pas, de l’avis de la Chambre, constituer un motif légitime de déclencher une élection générale.

La mesure a été rejetée puisque 143 députés ont voté en faveur et que 181 députés s’y sont opposés.

Les députés conservateurs et bloquistes ont accusé le gouvernement libéral d’être prêt à tout pour empêcher le Parlement de faire la lumière sur l’affaire UNIS (WE Charity, en anglais).

Rodriguez parle de motion « abusive »

Le leader parlementaire du gouvernement Trudeau, Pablo Rodriguez, s’est montré satisfait du résultat et estime que la bonne décision a été prise par les parlementaires, permettant ainsi au gouvernement de continuer à travailler pour la santé et la sécurité des Canadiens et la relance économique du pays.

Je suis content qu’il n’y ait pas d’élections. Il n’y a personne du côté du gouvernement qui souhaite des élections. Je ne voulais pas d’élections. C’est mon quatrième Parlement minoritaire.

Pablo Rodriguez, leader parlementaire du gouvernement Trudeau

[Je suis] mécontent que l’on ait dû passer toute la journée hier [mardi] à débattre de ceci au lieu de discuter de ce que nous pouvons faire pour améliorer la vie des Canadiens, a-t-il dit.

Pablo Rodriguez.

Le leader du gouvernement en Chambre, Pablo Rodriguez, accuse les conservateurs de pouvoir paralyser le Parlement.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Au sujet de l’appui des troupes néo-démocrates, Pablo Rodriguez n’a pas indiqué que des concessions leur aient été faites. Il a soutenu que les députés ont pris leur propre décision.

À propos de la motion de confiance, le leader du gouvernement en rejette la responsabilité sur les conservateurs qui, selon lui, n’ont pas respecté la représentation au sein de la Chambre des communes dans leur projet de comité. La motion irresponsable des conservateurs nous a forcé la main, a-t-il lancé.

Quand vous créez un comité, il doit être le reflet ou le miroir du Parlement. Et le Parlement est le miroir des résultats électoraux, a-t-il déclaré, ajoutant qu’il y avait consensus que la motion conservatrice était abusive.

Par ailleurs, il a confirmé son intention d’aller de l’avant avec la création d’un comité spécial des Communes sur les dépenses liées à la COVID-19. J’attends l’occasion de pouvoir discuter avec mes homologues, a-t-il affirmé.

Le Bloc ne lâchera pas le morceau

Le député bloquiste Alain Therrien a dénoncé l’appui du NPD au gouvernement Trudeau qui, selon lui, a les deux mains dans le copinage, qualifiant même les députés néo-démocrates de chiens de poche des libéraux.

Le gouvernement s’est trouvé un ami dans le NPD pour qu’il puisse continuer à payer la traite à ses amis, a-t-il déploré après l'issue du vote.

Alain Therrien debout dans la salle de presse du Parlement.

Le député bloquiste Alain Therrien.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Selon lui, la menace d’élections de la part des libéraux prouve que dans WE Charity, la vérité peut être brutale pour ce gouvernement.

Le Bloc québécois va continuer le travail. On va talonner le gouvernement. On va continuer à étudier WE Charity pour pouvoir savoir qu’est-ce que le gouvernement a à cacher dans cet immense scandale.

Alain Therrien, député bloquiste

Pour que les libéraux fassent cela [tenir un vote de confiance] pour mettre le couvercle sur la marmite WE Charity, c’est parce que ça doit bouillir solide. Il doit y avoir quelque chose de très important qu’ils cachent, et nous, on veut aller au fond des choses. Ce n’est pas vrai que ces gens vont s’en sauver aussi facilement, a-t-il déclaré.

Le NPD fait pencher la balance

Deux heures avant le début du vote, le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, avait mis fin au suspense en annonçant que son parti refusait de fournir aux libéraux un prétexte pour déclencher des élections et qu’il rejetait, par conséquent, la motion des conservateurs.

Un scrutin que souhaitent, selon lui, les libéraux désireux de profiter de leur position avantageuse dans les sondages pour tenter d'obtenir un gouvernement majoritaire.

Jagmeet Singh s'adresse aux journalistes.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, annonce que son parti rejettera la motion des conservateurs pour éviter de donner aux libéraux l'occasion de déclencher de nouvelles élections.

Photo : Radio-Canada

Pendant que monsieur le premier ministre parle d’une élection, monsieur ou madame Tout-le-monde parlent de leurs inquiétudes. Ils ont peur pour leur avenir, pour leurs enfants, pour leurs proches dans les centres de soins de longue durée. Les petites entreprises ont peur de fermer leurs portes, a rappelé le chef néo-démocrate.

On ne va pas donner une excuse au premier ministre pour déclencher une élection.

Jagmeet Singh, chef du NPD

Les libéraux, qui sont depuis un an à la tête d’un gouvernement minoritaire, avaient besoin de l'appui d'un nombre suffisant de députés de l’opposition pour se maintenir au pouvoir.

Rappelons que le gouvernement Trudeau avait récemment survécu au vote de confiance sur le discours du Trône grâce à l'appui du NPD.

En ce qui concerne le comité parlementaire que réclament les conservateurs et le Bloc, M. Singh répond : On va utiliser les outils qui existent dans les comités [actuels] pour s’assurer que le gouvernement ne dépense pas l’argent pour aider ses amis riches.

Composition actuelle du Parlement

  • Libéraux : 154 sièges
  • Conservateurs : 121 sièges
  • Bloquistes : 32 sièges
  • Néo-démocrates : 24 sièges
  • Verts : 3 sièges
  • Indépendants : 2 sièges

L'opposition partagée

Sur les bancs conservateurs, on considère aussi que les libéraux ont des choses à cacher dans cette affaire WE Charity.

Rappelons qu’en début de pandémie, l’organisme UNIS, qui avait versé des centaines de milliers de dollars à des proches de Justin Trudeau pour une série de conférences et payé un voyage de 41 000 $ à la famille de l'ex-ministre des Finances Bill Morneau, a obtenu sans appel d’offres la gestion d’un programme de bénévolat chez les jeunes de 500 millions de dollars.

Accusant les députés libéraux de faire de l'obstruction dans les comités des finances et de l'éthique chargés de se pencher sur le dossier, les conservateurs – tout comme le Bloc québécois – réclament un comité exclusivement voué à cette affaire.

Ce qu’on demande dans notre motion, c’est d’aller au fond des choses. C’est notre travail de député et on va tout faire pour l’accomplir. [...] S’ils n’ont rien à cacher, qu’ils déposent les documents sur la table, qu’ils aillent en comité.

Gérard Deltell, député conservateur de Louis-Saint-Laurent

Le Parti vert, quant à lui, n'a pas appuyé la motion, refusant, comme le NPD, d'accorder aux libéraux l'occasion de déclencher des élections pour servir leurs intérêts plutôt que ceux des Canadiens.

Les trois députés du Parti vert qui siègent aux Communes se sont par conséquent prononcés contre la motion conservatrice.

Ce n'est pas le moment pour nous d'affaiblir cette coopération entre les partis, alors que les gens ont encore besoin de notre aide pour répondre à leurs besoins les plus urgents, a expliqué plus tôt dans la journée la nouvelle chef du parti, Annamie Paul.

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