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De nombreux jeunes commencent à s'adapter à la COVID-19, selon une étude

Isaac Rosenberg devant sa maison.

Isaac Rosenberg, 17 ans, dit qu'il se sent mieux qu'au printemps.

Photo : CBC/Dan Rosenberg

Radio-Canada

Le niveau de stress et d'inquiétude chez bien des adolescents a baissé depuis le printemps dernier, indiquent des chercheurs ontariens.

Deux professeurs en psychologie de l'Université de Western Ontario, à London, ont interrogé 444 Ontariens de 14 à 19 ans sur la pandémie en avril, puis à nouveau en août dernier.

Au printemps, 43 % des répondants disaient être « très inquiets » comparativement à 25 % cet été.

Leur niveau d'anxiété au sujet de la COVID-19 et de l'école semblait être à la baisse, raconte la chercheuse Wendy Ellis, coauteure de l'étude.

Les jeunes se sentaient moins seuls, moins déprimés et moins anxieux qu'en avril. Je pense qu'ils s'étaient un peu habitués [à la COVID-19].

Wendy Ellis, professeure de psychologie à l'Université de Western Ontario

Selon la professeure Ellis, les facteurs qui ont aidé les jeunes à réduire leur stress incluent :

  • Passer du temps avec leurs parents
  • Voir des amis en personne

Les interactions virtuelles avec des amis n'ont pas mené à une baisse de la solitude, selon l'étude.

La professeure Ellis ajoute que les adolescents qui n'ont pas une bonne relation avec leurs parents et l'appui d'amis ou qui ont des problèmes existants de santé mentale pourraient avoir des séquelles à long terme.

Il y a certainement des signes de résilience, dit-elle, mais je pense que si vous regardez un peu plus profondément, vous allez voir une différence entre les participants.

Elle indique également que près des deux tiers des répondants disaient que leurs pairs les incitaient à moins respecter la consigne d'écart sanitaire.

Une situation difficile pour les jeunes

Isaac Rosenberg devant son ordinateur.

L'élève Isaac Rosenberg dit que c'est rassurant d'avoir un horaire régulier de cours.

Photo : CBC/Isaac Rosenberg

Isaac Rosenberg, un élève en 12e année à Toronto, raconte que lorsque le gouvernement ontarien a fermé les écoles, en mars dernier, il s'est senti complètement dépassé par la situation.

Mes mains se sont mises à trembler, dit-il, et mon coeur s'est mis à battre plus fort que jamais. Je pense que c'est parce que je ne me sentais plus en contrôle.

Sept mois plus tard, il se sent mieux. Il suit des cours en ligne avec le Conseil scolaire public anglais de Toronto (TDSB) et affirme qu'il a un bon enseignant qui motive le groupe à apprendre.

Je me suis plutôt bien adapté à la situation.

Isaac Rosenberg, élève

Il rencontre ses amis en personne environ une fois par mois à l'extérieur, dans sa cour arrière, en respectant l'écart sanitaire et en portant un masque. Il a même formé un groupe de musique rock avec des amis durant l'été.

Maintenant, je leur envoie des textos et je les appelle, dit-il. C'est désagréable de ne pas pouvoir les voir aussi souvent en personne.

De son côté, l'organisme Jeunesse, J'écoute (Kids Help) continue à recevoir des centaines d'appels chaque jour de jeunes ayant besoin d'aide psychologique.

Toutefois, depuis que l'école a repris, en septembre, les questions portent moins sur l'isolement, les dépendances et l'abus. Les thèmes des relations interpersonnelles, de la santé mentale, de l'école et du suicide sont devenus plus fréquents, selon la porte-parole Alisa Simon.

Les jeunes d'un océan à l'autre demeurent préoccupés, sont encore très anxieux et s'inquiètent de l'avenir, dit-elle.

Cela dit, les jeunes qui communiquent avec l'organisme semblent moins préoccupés qu'au début de la pandémie, ajoute-t-elle, et elle les félicite d'avoir le « courage » de demander de l'aide.

Où obtenir de l'aide?

Aseefa Sarang en entrevue.

Aseefa Sarang incite les parents à discuter davantage avec leurs adolescents et à les aider à organiser leur emploi du temps.

Photo : CBC/Aseefa Sarang

Pour sa part, Aseefa Sarang, la directrice générale de l'organisme torontois Across Boundaries, affirme que le niveau d'anxiété n'a pas diminué chez les personnes racialisées souffrant de problèmes de santé mentale et de dépendances auxquelles elle vient en aide.

Pour nos jeunes, pas vraiment, dit-elle.

Mme Sarang, qui travaille dans le quartier défavorisé Jane-Finch, dans le nord-ouest de Toronto, souligne que la pandémie a accentué les inégalités dont souffrent souvent les communautés racialisées et moins nanties.

Nos jeunes ne reçoivent pas assez d'appui avec leurs cours en ligne et les horaires. Les choses changent constamment sans préavis adéquat et ça mine leur assiduité, raconte-t-elle.

Elle craint que certains jeunes soient pénalisés à cause des failles du système.

Avec les informations de CBC News

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