•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des hôtels presque vides s’inquiètent pour leur avenir

Une chambre du Drake Hotel avec un lit, des lumières et des robes de chambre.

Le taux d'occupation dans les hôtels du centre-ville de Toronto frôle les 10 %, selon l'association du secteur.

Photo : Radio-Canada / Dean Gariepy

Frappée de plein fouet par la pandémie de COVID-19, l’industrie hôtelière peine à se redresser alors que les voyageurs de l’étranger sont toujours absents et que les touristes canadiens semblent éviter les grands centres.

Le Drake Hotel, populaire établissement torontois qui comprend aussi un resto-bar et une salle de spectacle, reste toujours peu fréquenté, malgré le déconfinement.

Le retour des restrictions dans la Ville Reine exacerbe la situation, selon la responsable des services, Ana Yuristy.

Le taux d'occupation, c'est normalement 90 %. Mais maintenant c'est un quart de ça et parfois, encore moins.

Ana Yuristy, directrice des services, Drake Hotel Properties
Ana Yuristy, directrice des services au Drake Hotel.

Ana Yuristy, directrice des services au Drake Hotel

Photo : Radio-Canada / Dean Gariepy

Sans les grands événements culturels, comme le Festival international du film de Toronto, les conférences et les foires, l’afflux habituel de visiteurs dans la métropole ne s’est pas manifesté.

L’hôtel ne peut d’ailleurs plus tenir de soirées thématiques ni de concerts à l’intérieur en raison des limites imposées par la province sur les rassemblements. Toutes les choses qui rendent The Drake si spécial, si unique, on ne peut pas les faire maintenant. Elles sont toutes mises sur pause, affirme la directrice.

L’entreprise compte normalement plus de 400 employés au pic de la haute saison, mais n’en emploie qu’une centaine d'entre eux ces temps-ci, dit-elle.

Je pense qu’on sera l'une des dernières industries qui retrouveront un semblant de normalité, affirme Mme Yuristy.

Un homme nettoie une vitrine en plexiglas à la réception d'un hôtel.

Le populaire Drake Hotel à Toronto suit des consignes sanitaires strictes afin de protéger ses clients et son personnel, notamment la prise de température à l'entrée de l'établissement.

Photo : Radio-Canada / Dean Gariepy

Creux record des taux d’occupation

À Toronto, le taux d’occupation des hôtels se situe entre 5 % et 10 % au centre-ville et près de l’aéroport Pearson, selon l’association du secteur.

L’industrie hôtelière, contrairement aux restaurants et aux détaillants, n’a pas pu bénéficier d’un rebond lors du déconfinement cet été, affirme le PDG de l’Association des hôtels du Grand Toronto, Terry Mundell.

Il souligne que le manque de liquidité est un problème important pour les exploitants. On se dirige vers nos mois les plus difficiles, sans nos réserves habituelles pour l'hiver, s’inquiète-t-il.

Nous sommes dans une situation vraiment désespérée.

Terry Mundell, PDG de l’Association des hôtels du Grand Toronto

M. Mundell ajoute que bon nombre d’assureurs refusent maintenant de couvrir les hôtels puisqu’ils représentent un risque trop élevé.

Le président de l’association réclame donc un sérieux coup de main financier des gouvernements. Il a communiqué sa demande lundi lors d’une rencontre avec des élus, dont le maire John Tory, ainsi que d’autres représentants des industries du tourisme, de la restauration et de l’hôtellerie.

John Tory, maire de Toronto.

Le maire de Toronto, John Tory.

Photo : Radio-Canada

Le maire de Toronto dit travailler avec la province et le gouvernement fédéral pour soutenir ces secteurs fragilisés par la pandémie. En point de presse, mardi, il disait reconnaître que les coûts fixes des hôtels dépassent souvent leurs revenus.

Ils ont un grand problème. Ils n'ont pas de visiteurs, mais les coûts fixes n'ont pas disparu.

John Tory, maire de Toronto

L'Association des hôtels du Canada estime que le quart des hôtels au pays pourraient mettre la clé sous la porte si les gouvernements n'interviennent pas.

Exode des touristes vers les régions rurales

Frédéric Dimanche, directeur de l’école de gestion du tourisme et de l’hôtellerie à l’Université Ryerson, souligne que le tourisme local a surtout profité aux régions éloignées des grands centres et relativement épargnées par la COVID-19.

Les zones rurales ont fonctionné pendant l'été, par exemple, pas trop mal. Elles ont réussi à avoir un petit peu de revenus, avoir des visiteurs. Les villes, beaucoup moins, dit-il.

L’entreprise Drake Hotel Properties a justement constaté un plus grand engouement pour ses deux hôtels situés dans le comté de Prince Edward, une région dans l’Est ontarien bien connue pour ses vignobles et ses plages.

Je pense que les gens veulent s’éloigner et profiter des grands espaces. Il y en a beaucoup en Ontario, lance Mme Yuristy.

Le gîte Iron Kettle à Comber, en Ontario.

Le gîte Iron Kettle à Comber, en Ontario, a fermé temporairement ses portes en raison de la crise sanitaire.

Photo : Dale Molnar/CBC

Mais c’est loin d’être facile, même en région rurale.

Benjamin Leblanc-Beaudoin a décidé de temporairement fermer son gîte à Comber, dans le Sud-Ouest de l'Ontario. Notre entreprise, on a perdu environ 350 000 $ en annulant les mariages, les événements qu'on avait planifiés et évidemment le revenu de nos chambres, explique-t-il.

Face à ses lourdes pertes de revenus, le propriétaire et chef du gîte Iron Kettle a réorienté ses activités : il prépare des repas à emporter, qu’il vend deux jours par semaine, et il s’est lancé dans la production de pain.

Auparavant, j'aurais dit que le tourisme était notre gagne-pain, maintenant c'est le pain qui est notre gagne-pain.

Benjamin Leblanc-Beaudoin, propriétaire et chef du gîte Iron Kettle

Mes collègues dans l'industrie qui sont seulement axés sur le tourisme, ils ne sont pas dans la même situation que nous et malheureusement, ça ne s'annonce pas mieux avec le futur, affirme M. Leblanc-Beaudoin. Le soutien de notre communauté nous permet vraiment de passer à travers cette dure épreuve.

Benjamin Leblanc-Beaudoin épluche des pommes de terre dans la cuisine de son gîte.

Le propriétaire Benjamin Leblanc-Beaudoin prépare des repas à emporter et du pain pour tenter de compenser les pertes encourues par la fermeture de son gîte.

Photo : Dale Molnar/CBC

L'entrepreneur espère pouvoir rouvrir son gîte au public en janvier si la situation sanitaire s’améliore.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !