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La COVID-19 cause une baisse de services dans les cliniques et les GMF

Pancarte d'accueil d'un GMF, ou groupe de médecine familiale.

Les groupes de médecine de famille (GMF) doivent composer avec l'urgence de la pandémie et les interventions de routine.

Photo : Radio-Canada

Plusieurs établissements de santé envoient leurs employés vers des centres de dépistage et des zones chaudes qui hébergent des patients atteints de la COVID-19. Cette situation entraîne le report d'examens médicaux non prioritaires dans les cliniques et les groupes de médecine de famille (GMF).

Les soignants des unités COVID sont choisis sur la base du volontariat. Établie à Laval, Anne-Marie Perras a troqué sa blouse d'infirmière du GMF Ste-Rose contre celle d'une zone chaude lorsqu’elle a appris que le CISSS recrutait des volontaires.

Sa nouvelle affectation au CHSLD Fernand-Larocque se concentre dans un secteur où une vingtaine de lits ont été aménagés pour des patients atteints de COVID-19. Quand il y a des éclosions dans une résidence pour aînés, une RI ou un CHSLD, on amène les malades ici pour leur convalescence, explique Mme Perras.

Les séjours des patients sont généralement de 14 à 28 jours, le temps de se refaire une santé. Quand on est appelé, ça fait un pincement au cœur, admet Mme Perras, mais je me suis dit : on y va, c'est pour une bonne cause.

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Portrait de Marie-Claude Perras à son travail.

Redéploiement des effectifs

Comme l’explique la porte-parole du CISSS de Laval, Judith Goudreau, différentes équipes ont été délestées afin d'apporter du renfort dans les centres de dépistage ou dans des zones chaudes.

La réorganisation comprend le déplacement de 47 employés volontaires, dont 27 infirmières, précise Mme Goudreau. Nous cherchons toujours à combler 292 postes en lien avec la COVID, dont 48 infirmières, 53 infirmières auxiliaires et 30 PAB [préposés aux bénéficiaires].

En plus des volontaires, nous avons dû déplacer 62 employés pour répondre à des besoins causés par la pandémie, poursuit-elle.

La liste des besoins s’étend également aux professionnels du soutien psychosocial, aux techniciens de laboratoire, aux agents administratifs, sans oublier les gestionnaires.

Maintenir un plancher de services de 30 % en GMF

Membre du Comité directeur clinique COVID-19 au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), le médecin de famille Réal Barrette décrit une stratégie panquébécoise inévitable pour trouver les ressources nécessaires dans la deuxième vague de la pandémie.

L’ensemble des cliniques pour toutes les régions à peu près [...] sont délestées vers d'autres activités jugées prioritaires, assure-t-il.

Les orientations sont d'ailleurs officiellement définies dans un document intitulé Plan provincial de priorisation des activités cliniques. Envoyé cette semaine aux cliniques de première ligne, il définit les priorités à maintenir malgré la baisse possible du nombre d’infirmières et de médecins.

Un test Pap [dépistage du cancer du col de l'utérus] de plus de trois ans sera fait, mais un test de moins de trois ans va être reporté si le dernier était normal, illustre le Dr Barrette. Idem pour le bilan de santé annuel, qui sera reporté s'il n’y a pas d'indication précise pour faire un bilan, précise-t-il.

Portrait du Dr Réal Barrette, un stéthoscope au cou.

Le Dr Réal Barrette, médecin de famille

Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

Les patients devront prendre leur mal en patience pour des interventions mineures comme une vasectomie ou le retrait d'un ongle ou d'un kyste bénin, cite-t-il en exemple.

Contrairement à ce qui a eu lieu durant la première vague, au printemps, les cliniques et les GMF ne seront pas fermés. L'indication que le ministère a donnée, c'est de garder un plancher [d’activités] de 30 %, dit-il.

Il faut que la population comprenne que, pour plusieurs mois, la situation ne sera pas comme avant. C'est comme ça, ça va être difficile.

Le Dr Réal Barrette

L’infirmière Anne-Marie Perras, de Laval, redoute déjà le retour à la normale, une période où elle devine tout le rattrapage médical qui sera nécessaire à son GMF.

Il y a [déjà] minimalement une dizaine de mois de retard sur les consultations en GMF. C’est important de respecter les règles, parce que moins on va les respecter, plus les zones rouges vont demeurer longtemps, prévient-elle.

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