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Un homme arrêté à Matane pendant la crise d'Octobre raconte son histoire

Gros plan sur le visage de Jean-Luc Arène dans une vidéo d'archives.

Jean-Luc Arène se tenait à La maison du pêcheur de Percé en 1969 et en 1970.

Photo : Radio-Canada

Le 17 octobre 1970, Jean-Luc Arène se réveille sur la banquette arrière d'une automobile avec une mitraillette pointée sur lui. Il se dirigeait vers Gaspé avec des connaissances avant d'être intercepté à Matane.

Le groupe se dirigeait vers Gaspé puisqu'il avait entendu parler de la répression qui allait se tenir à Montréal, sans en connaître réellement la forme.

Par hasard, on a su par un journaliste qu'il se préparait quelque chose au gouvernement fédéral. Qu'il y aurait quelque chose d'assez spécial et une loi. On ne savait pas que c'était la Loi sur les mesures de guerre à ce moment-là. [...] On avait écho de, peut-être, l'armée, tout ça, se remémore M. Arène.

Selon M. Arène, le groupe aurait été reconnu lorsqu'il s'est arrêté pour manger un peu plus tôt dans la journée à Rimouski.

Ils avaient barré la route, carrément, à Matane. Moi, quand j'ai ouvert les yeux, j'avais une mitraillette dans le ventre.

Jean-Luc Arène

M. Arène a fréquenté des membres influents du Front de libération du Québec (FLQ), notamment à La maison du pêcheur de Percé pendant les étés 1969 et 1970, mais sans se considérer lui-même comme un membre en tant que tel.

Il explique qu'aucune preuve ni aucune carte de membre n'existait à l'époque pour déterminer qui étaient les personnes qui formaient le FLQ.

Jean-Luc Arène estime qu'il n'avait rien de particulier à se reprocher. On a vu les gens qui ont été arrêtés. Pauline Julien a été arrêtée. Gérald Godin a été arrêté. Tout le monde se faisait arrêter, explique-t-il.

On avait un doute que c'était possible qu'on se fasse arrêter étant donné la Maison du pêcheur, étant donné les liens avec Paul [Rose].

Jean-Luc Arène

D'abord amené dans un centre de détention de Matane, Jean-Luc Arène est transféré dans une cellule du quartier général de la SQ, situé sur la rue Parthenais, à Montréal.

M. Arène affirme avoir été emprisonné pendant plusieurs mois sans savoir combien de temps il passerait derrière les barreaux et ce qu'il adviendrait de lui. Ça, ça a été très difficile, lâche-t-il.

Deux étés à la Maison du pêcheur

Jean-Luc Arène raconte que La maison du pêcheur, située au cœur de Percé, était d'abord une boîte à chansons.

Des jeunes s'y rassemblaient pour discuter et y passer leur temps, mais selon lui, les autorités n'aimaient pas beaucoup ça.

Des jeunes hommes et une jeune femme qui discute à La maison du pêcheur en 1969 à Percé.

Jean-Luc Arène (en bas à gauche) lors d'une réunion à La maison du pêcheur à Percé à la fin des années 1960 (archives).

Photo : Radio-Canada

Il ajoute qu'on estimait, à l'époque, que les activités de La maison nuisaient au tourisme.

On n'était pas réellement bienvenus dans ce coin-là de la Gaspésie, se souvient-il.

Selon lui, les jeunes qui se tenaient à La maison du pêcheur étaient loin d'être tous membres du FLQ.

Après le premier été passé à Percé, en 1969, une partie du groupe se déplace et s'installe dans une résidence de Gaspé.

Selon Jean-Luc Arène, ils se rendaient souvent à Montréal.

Il se rappelle qu'ils voulaient créer d'autres maisons, d'autres lieux de rencontre comme celui de Percé.

Il précise qu'aucune action violente n'est commise ni n'est prévue.

Un mur extérieur de La maison du pêcheur.

La maison du pêcheur, à Percé (archives)

Photo : Radio-Canada

En 1970, le groupe ouvre une deuxième Maison du pêcheur à Percé, mais en haut de la côte, puisque, toujours selon Jean-Luc Arène, il était impossible de retourner s'installer dans La maison où ils avaient passé l'été précédent.

Il ajoute que la deuxième Maison du pêcheur a brûlé pendant la crise d'Octobre.

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