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Pourquoi le taux d’accidents est-il si élevé en Abitibi-Témiscamingue?

Affiche de la route 117, située dans le secteur de la réserve La Vérendrye.

Affiche de la route 117, située dans le secteur de la réserve La Vérendrye (archives)

Photo : Radio-Canada / Angie Landry

L'Abitibi-Témiscamingue fait piètre figure dans le bilan routier 2019 de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ). La région enregistre le taux d'accidents corporels ou matériels et le taux de victimes parmi les plus élevés de la province.

Pour l’année 2019, l’Abitibi-Témiscamingue a le plus haut taux d’accidents corporels ou matériels par 10 000 titulaires de permis de conduire, soit de 253,2.

Le porte-parole de la SAAQ Mario Vaillancourt affirme qu’il est difficile d’identifier des raisons précises pour ces taux élevés, qui peuvent varier chaque année.

Il y a une chose qui est certaine, cependant, c’est que les causes d’accidents avec dommages que l’on constate sont les mêmes à peu près partout, précise-t-il. On parle de distraction, de vitesse, on parle encore d’alcool au volant, de fatigue.

Apprendre à conduire en Abitibi-Témiscamingue

Le copropriétaire des écoles de conduite Tecnic à Val-d'Or et Amos Nicolas Lemieux pense que la conduite dangereuse est un problème dans l’ensemble de la province, mais il constate qu’on peut développer un faux sentiment de sécurité quant aux conditions routières.

Quand tu es habitué d’avoir des autoroutes et tout ça et que tu arrives en Abitibi avec des petites routes où la végétation est très proche de la route, où c’est très sombre, les jeunes qui ont grandi ici ne voient pas ça, dit-il.

Le manque de pratique sur des routes plus achalandées peut être un autre facteur de risque, croit Martine Parent, de l’école de conduite du Centre de formation professionnelle du Lac-Abitibi.

À Ville-Marie, il y a une lumière. Ce n’est pas comme à Rouyn-Noranda ou ailleurs où il y a beaucoup de changements de voies, des chemins pour tourner à gauche et à droite, les voies réservées, énumère-t-elle. C’est comme plus difficile, une fois qu’ils ont leur permis, d’aller conduire ailleurs.

Toutefois, Nicolas Lemieux observe que la mentalité des conducteurs et des futurs conducteurs est difficile à changer en ce qui concerne les comportements à risque.

Les jeunes, même avant d’apprendre à conduire, sont au courant qu’il y a beaucoup d’accidents sur la 117, et quand on leur demande pourquoi, sans hésiter, la plupart des jeunes vont dire "eh bien, le monde est épais". Et c’est flagrant qu’il n’y a pas d’autres raisons pour eux, ils n’en cherchent même pas. C’est un peu décourageant, déplore-t-il.

Le vaste territoire force plusieurs jeunes à apprendre à conduire tôt, pour poursuivre leurs études ou se déplacer. C’est sûr que, des fois, à 17 ans, ils ne sont pas encore tout à fait assez matures pour la conduite, remarque Martine Parent.

Mario Vaillancourt mentionne deux éléments dont il faut tenir compte en analysant ces taux, sans pour autant croire qu’ils expliquent tout.

Les gens, quand ils se déplacent, vont utiliser plus souvent des routes avec une limite de vitesse de 90 km/h, où lorsqu’il y a accident, les dommages peuvent être plus importants, précise-t-il. Il ajoute aussi qu’une faible population peut augmenter le taux de victimes par 100 000 habitants.

Mario Vaillancourt conclut qu’il faut aussi analyser les causes précises des accidents. Par exemple, la région obtient une meilleure note que la province en général en ce qui concerne la proportion des décès pour lesquels la distraction est en cause : 29 % et Abitibi-Témiscamingue, et 36,8 % dans l’ensemble du Québec.

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