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Procès Montsion : une décision « dévastatrice » pour la communauté somalienne d'Ottawa

Farhia Ahmed prononce un discours à l'extérieur.

Farhia Ahmed (au centre) est présidente sortante de la coalition Justice pour Abdirahman.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La communauté somalienne d'Ottawa est sous le choc après la décision rendue par le juge Robert Kelly, mardi, de reconnaître non coupable l'agent de police Daniel Montsion des trois chefs d'accusations qui pesaient contre lui à la suite à la mort d’Abdirahman Abdi.

Environ 250 membres de la coalition Justice pour Abdirahman et de la communauté somalienne d'Ottawa se sont rassemblés au parc de la Confédération mardi après-midi pour exprimer leur colère et leur tristesse.

Aujourd’hui, nous avons reçu une nouvelle dévastatrice, a lancé à la foule Farhia Ahmed, présidente sortante de la coalition.

Abdirahman Abdi est mort à la suite d'une intervention policière musclée le 24 juillet 2016 à Ottawa. L'agent Daniel Montsion était accusé d'homicide involontaire, de voie de faits graves et d’agression armée. Il a été blanchi des trois chefs d'accusation.

Farhia Ahmed a déploré que le système de justice ne soit pas adapté aux personnes issues des minorités. Aujourd’hui, c’est une démonstration et un rappel brutal que le soi-disant système de justice continue à échouer à protéger une certaine partie de la population, en particulier les Noirs, les Autochtones et les minorités, a-t-elle déclaré.

Mme Ahmed a dénoncé un système qui confère, selon elle, un pouvoir abusif à la police.

Que va-t-il rester de notre démocratie si la police reste au-dessus de la loi?

Farhia Ahmed

La fondatrice de la coalition, Dahabo Ahmed-Omer, a aussi pris brièvement la parole pour dire sa colère et son sentiment d'impuissance.

Nous sommes fatigués de voir injustice après injustice, a-t-elle affirmé.

Poursuite au civil

L'avocat de la famille, Lawrence Greenspon, a rappelé qu'une poursuite au civil était en cours. Le combat n'est pas terminé. Il y a une poursuite au civil que nous avons lancée il y a longtemps. Nous devions attendre que le processus judiciaire arrive à sa fin, a-t-il expliqué.

La décision a été vraiment dévastatrice pour la famille aujourd’hui.

Lawrence Greenspon, avocat de la famille d'Abdirahman Abdi

Me Greenspon regrette que les policiers ne soient pas formés pour intervenir auprès de personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale.

Trois chefs de police de suite ont tous dit que la majorité de nos appels concernent des personnes qui ont des problèmes de santé mentale [...] et pourtant il n’y a aucune formation additionnelle pour les policiers qui font face à des personnes qui ont des problèmes de santé mentale. [...] Il n’y a aucune formation additionnelle pour assurer la désescalade de ces situations, a-t-il poursuivi.

Après les discours, les manifestants se sont ensuite rendus en face de la colline du Parlement.

Des engagements

Interrogé sur la décision du juge, le maire d'Ottawa Jim Watson a reconnu que c'était une journée difficile, pas seulement pour la famille de M. Abdi et ses amis, mais pour toute la communauté.

Il faut continuer de travailler avec les communautés, comme la communauté somalienne. On a un dialogue avec 5000 membres de cette communauté, a-t-il ajouté, rappelant aussi avoir adopté une proposition du conseiller Rawlson King pour lutter contre le racisme dans la communauté.

Dans une déclaration, la présidente de la Commission des services policiers d'Ottawa, Diane Deans, a reconnu que le processus judiciaire avait envenimé la relation déjà tendue entre la communauté et les membres du Service de police d’Ottawa. Notre Commission sait qu’elle est aux prises avec d’importants problèmes, notamment en ce qui concerne la confiance au sein de la population et en matière d’imputabilité.

La commission s'engage désormais à améliorer les formations et les protocoles, et à réformer notre manière de répondre aux appels en cas de crise de santé mentale.

Pour sa part, le Service de police d'Ottawa (SPO) a annoncé qu'il menait un examen d'incident, de service et des politiques dont les résultats seront rendus publics par la Commission de services policiers.

Le SPO dit avoir entendu les demandes d'amélioration de la manière dont il oeuvre et recherché de meilleures manières de venir en aide aux personnes en situation de crise.

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