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La sonde OSIRIS-REx recueille un échantillon de l'astéroïde Bennu

Illustration de la sonde OSIRIS-REx.

Illustration de la sonde OSIRIS-REx en orbite autour de l'astéroïde Bennu

Photo : NASA

Et... contact! La sonde américaine OSIRIS-REx a réussi tout un exploit, mardi : arriver à effleurer Bennu, un astéroïde, pour y recueillir des échantillons rocheux à des fins d'analyse. L'engin spatial doit ensuite rapporter sa poussière stellaire sur Terre, en 2023.

Tout s'est passé parfaitement, a annoncé quelques minutes après les événements Dante Lauretta, le chef de la mission, submergé d'émotions.

Nous avons écrit une page d'histoire ce soir, a-t-il dit.

Voilà quatre ans qu'OSIRIS-REx se rapprochait lentement de Bennu. Depuis son lancement à partir du cap Canaveral, en Floride, l'engin a voyagé sur une distance de plus de 1,5 milliard de kilomètres pour atteindre son objectif.

La sonde était en orbite autour de l'astéroïde depuis plus d'un an, avant de tenter sa délicate manoeuvre.

À son bord, entre autres appareils scientifiques, OSIRIS-REx contenait de l'équipement canadien, soit un altimètre laser essentiel pour cartographier l'astéroïde.

À la surface de Bennu, dont la taille équivaut à celle de l'Empire State Building, la zone désignée pour le prélèvement occupait un espace similaire à quelques cases de stationnement.

Pour recueillir ses échantillons, la sonde a déployé un appareil à la surface de l'astéroïde. Grâce à un jet d'azote, OSIRIS-REx cherchait à faire voler des pierres de très petite taille et de la poussière, histoire de capter le tout dans un espace spécialement conçu.

Une fois cette captation effectuée, l'engin spatial s'est rapidement éloigné de Bennu pour éviter tout risque de collision avec la surface accidentée de l'astéroïde.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Un objet complexe

Avec sa forme irrégulière et sa très faible masse, Bennu posait tout un défi aux ingénieurs et aux chercheurs de la NASA : non seulement fallait-il réussir à cartographier la surface de l'astéroïde avant de tenter de s'en rapprocher, mais la gravité de cet objet céleste est si faible, soit 100 000 fois moindre que sur notre planète, que stabiliser la sonde était d'une complexité immense.

Autre obstacle : la nécessité de maintenir les communications avec la Terre. Si Bennu orbite relativement près de notre planète, à une distance du Soleil équivalente à celle de la Terre, les moyens techniques disponibles étaient limités.

Ainsi, la NASA ne disposait que d'une vitesse de transmission maximale de 940 kilo-octets par seconde, bien en deçà de ce que peut accomplir un téléphone intelligent relié au réseau 4G, par exemple.

Cela explique pourquoi il était impossible, au moment du prélèvement, d'envoyer des photos de Bennu en « direct ». La NASA s'attend plutôt à recevoir les véritables clichés au cours de la nuit.

Un astéroïde sous la loupe

L'examen de la composition de cet astéroïde riche en carbone permettra peut-être de mieux cerner la formation du système solaire il y a 4,6 milliards d’années et d'expliquer l’origine de la vie sur Terre.

Il est possible que la surface rocheuse de Bennu contienne des minéraux argileux, qui sont reconnus pour renfermer de l’eau. Les instruments embarqués sur la sonde pourraient aussi détecter la présence de composés organiques, comme des sucres ou des acides aminés. Ces unités de base des protéines et de l’ADN sont essentielles à toute forme de vie terrestre.

Plusieurs astrophysiciens pensent que les éléments constitutifs de la vie sont parvenus sur la Terre grâce à des impacts météoritiques. La découverte de composés organiques sur cet astéroïde pourrait donc permettre de confirmer cette thèse.

À ce jour, les scientifiques ont répertorié environ 500 000 astéroïdes. De ce nombre, quelque 9000 sont des géocroiseurs.

En 2010, la sonde Hayabusa du Japon avait réussi à rapporter sur Terre un peu de poussière d'Itokawa, un autre lointain astéroïde. Une seconde sonde japonaise, Hayabusa 2, devrait revenir sur Terre en décembre prochain après avoir recueilli un échantillon de l’astéroïde Ryugu.

Cet astéroïde est six fois plus gros que Bennu.

Avec les informations d'Alain Labelle

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