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Andrew Wilkinson.

Le chef du Parti libéral de la Colombie-Britannique, Andrew Wilkinson, a dévoilé sa plateforme électorale quelques heures avant le débat des chefs de la province.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Certains le décrivent comme étant froid, hautain et déconnecté du Britanno-Colombien moyen. Andrew Wilkinson, le chef du parti libéral, est conscient du fait que les électeurs le connaissent peu. « J’espère qu’ils voient en moi quelqu’un de crédible, de compétent, d’expérimenté, un choix sûr pour nous aider à sortir de cette pandémie », dit-il. À 63 ans, il tentera de faire mentir les sondages qui donnent son parti perdant le 24 octobre prochain.

À l’interne, ceux qui le connaissent l’admettent : Andrew Wilkinson n’a pas le charisme de sa prédécesseure, Christy Clark, ou de l’ancien premier ministre albertain Ralph Klein. On le décrit comme un leader logique, mais qui a à coeur l’intérêt public.

Marié et père de trois enfants dans la vingtaine, Andrew Wilkinson est amateur de vélo et de kayak en été, et de ski en hiver. Mais vous l’entendrez peu s’exprimer sur sa vie privée.

Mon but est de donner l’impression d’un leader calme, compétent et sûr, affirme le principal intéressé, qui, au cours d’une campagne marquée par la COVID-19, n’hésite pas à rappeler sa formation de médecin.

Une carte qui l'aidera, pense ce leader peu connu du grand public.

Andrew Wilkinson debout sur scène pointe son doigt vers la foule après sa nomination à la tête du Parti libéral de la Colombie-Britannique le 3 février 2018.

Andrew Wilkinson le soir de sa nomination à la tête du Parti libéral de la Colombie-Britannique

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dick

D’ailleurs, son élection à la tête du Parti libéral en février 2018 s’est révélée une surprise. Il a été élu au cinquième tour face à Diane Watts, qui faisait figure de favorite. Le nouveau chef libéral Andrew Wilkinson avait jusque-là fait peu de vagues. Le Parti libéral, au pouvoir depuis 16 ans, venait d'être renversé aux élections l'année précédente.

Andrew Wilkinson a été élu pour la première fois en 2013. Nommé ministre de la Technologie, de l’Innovation et des Services au citoyen, puis ministre de l’Enseignement supérieur, il a occupé des rôles mineurs au sein du gouvernement libéral jusqu’à ce qu’il soit nommé ministre de la Justice, le 12 juin 2017. Un poste qu’il n'a occupé que quelques semaines, le temps que le gouvernement soit défait à la Chambre.

Or, le chef du Parti libéral ne s’inquiète pas de cette absence de profil public. C’est toujours un défi pour les chefs de l’opposition d’être connus des électeurs avant une élection, dit-il. Mon travail est de connecter avec le plus de gens possible durant la campagne électorale en faisant connaître notre plate-forme positive pour la Colombie-Britannique.

Un parcours éclectique

Immigrant et fils d’immigrants (sa famille a quitté l’Australie pour Kamloops quand il avait 4 ans), Andrew Wilkinson a fait des études en médecine à l’Université de l’Alberta avant d’obtenir une prestigieuse bourse Rhodes, qui lui a permis d’étudier le droit à l’Université d’Oxford.

En début de carrière, Andrew Wilkinson a pratiqué la médecine pendant trois ans à Campbell River, à Lillooet et à Dease Lake avant de bifurquer vers le droit. C’est d’ailleurs à Lillooet qu'une de ses patientes a prénommé son bébé Andrew en son honneur, a-t-il déclaré lors du débat des chefs.

Toutefois, il a rapidement quitté la médecine pour aller terminer son droit à Dalhousie, avant d’être reçu au Barreau de la Colombie-Britannique en 1988.

De 1993 à 1995, Andrew Wilkinson a été président de l’Association des libertés civiles de a Colombie-Britannique, poste qui a fait connaître le ministre de la Justice sortant, David Eby.

Mais c’est dans l’ombre, loin des projecteurs, qu'Andrew Wilkinson a poursuivi sa carrière. Il est rapidement devenu actif au sein du Parti libéral, comme président du parti. Au début des années 2000, à la suite de l’arrivée des libéraux au pouvoir, il a été nommé sous-ministre aux affaires intergouvernementales. Il a occupé différents postes dans l’appareil gouvernemental avant de reprendre la pratique privée du droit, en 2006.

C’est un désir de vouloir changer les choses qui l'a mené, en 2013, à se présenter en politique.

Le chef urbain

À la tête d’une coalition de centre droit, dans un parti dont les racines sont régionales, Andrew Wilkinson sait qu’il a peu de marge de manoeuvre s’il veut remporter les élections.

Représentant la circonscription de Vancouver-Quilchena, une des plus riches de la province, l’homme politique est toutefois accusé d’être déconnecté des électeurs.

 C'est un chef urbain, il représente une circonscription urbaine et, en plus, il est avocat et médecin. Les électeurs en région pourraient ne pas se voir en lui, souligne Hamish Telford, politologue à l’Université de la vallée du Fraser.

Mais le politicien travaille fort pour se défaire de cette perception. En entrevue, Andrew Wilkinson rappelle son enfance dans l’intérieur de la Colombie-Britannique et son côté travailleur, affirmant qu'il a livré des journaux au cours de son adolescence et payé lui-même ses études universitaires.

La chef des verts Sonia Furstenau est debout à un lutrin entre le chef libéral Andrew Wilkinson et le chef du NPD John Horgan.

Le seul et unique débat télévisé a eu lieu le mardi 13 octobre.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Lors du débat, le 13 octobre dernier, il est celui qui a abordé la question du logement le plus souvent. Il a aussi mis de côté, le temps de la pandémie, toute idée de revenir à l’austérité fiscale.

L’austérité ruinerait des centaines de milliers de personnes dans cette province, nous devons nous entraider en ces temps difficiles.

Andrew Wilkinson, chef du Parti libéral de Colombie-Britannique

Mais le chef libéral se retrouve souvent sur la sellette pour des commentaires jugés déplacés ou son le temps qu'il met à dénoncer les propos de ses candidats.

Dans les jours précédant le débat, Andrew Wilkinson a tardé à dénoncer les propos jugés sexistes d’une candidate libérale lors d’une rencontre en visioconférence à laquelle il assistait. La controverse a duré jusqu’au débat, ou il a dû s’en excuser publiquement.

En entrevue, on l'a aussi pressé de dénoncer les propos d’un autre candidat, Laurie Throness, dans la vallée du Fraser, dans une circonscription acquise au parti.

Il n’y a pas de place pour la discrimination basée sur l’âge, le genre, l’orientation sexuelle, le revenu ou l’origine. C’est inacceptable au sein de mon parti, a-t-il fini par lâcher.

Quelques jours plus tard, Andrew Wilkinson est finalement passé de la parole aux actes, poussant Laurie Throness à quitter le caucus libéral.

Avec des informations de Tanya Fletcher

Bannière du dossier réunissant la couverture électorale.

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