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La trêve compromise par de nouveaux combats dans le Haut-Karabakh

Un soldat arménien près d'une pièce d'artillerie.

Un soldat arménien opère une pièce d'artillerie.

Photo : Reuters / Ministère arménien de la Défense

Reuters

De nouveaux affrontements mardi entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan autour du Haut-Karabakh ont fragilisé un peu plus le nouvel accord de cessez-le-feu conclu samedi dernier entre les deux pays.

Les responsables du Haut-Karabakh, région séparatiste d'Azerbaïdjan peuplée majoritairement d'Arméniens de souche, ont fait état de nouveaux tirs d'artillerie et ont noté que les combats étaient particulièrement intenses dans les zones sud de la zone de conflit.

Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a également signalé des combats dans plusieurs secteurs, y compris dans la zone contestée près de la ligne de front qui sépare les deux camps.

La première trêve, négociée par la Russie une semaine plus tôt, tout comme l'accord de samedi, semble avoir peu d'effet sur le terrain, où les deux camps se rejettent mutuellement la responsabilité de la reprise des hostilités.

Les autorités azerbaïdjanaises, qui ne divulguent pas leurs pertes militaires, ont fait état de 61 morts et 282 blessés parmi les civils depuis la reprise des combats, le 27 septembre.

Les autorités du Haut-Karabakh parlent, elles, de 729 soldats et de 37 civils tués.

Une carte du Caucase mettant en évidence le Haut-Karabakh.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan échangent des tirs dans la région du Haut-Karabakh.

Photo : Radio-Canada / Google

Mission d’observation

Vassili Nebenzia, le représentant permanent de la Russie au Conseil de sécurité des Nations unies, a déclaré que le conseil avait discuté lundi du conflit. Interrogé sur la possibilité que des observateurs de l'ONU se rendent dans la région, il a indiqué qu'un mandat du conseil serait nécessaire pour cela.

Ce n'est pas un processus rapide, a-t-il noté, cité par l'agence de presse russe Tass.

Il a par ailleurs laissé entendre qu'une éventuelle mission d'observation pourrait également impliquer l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui conduit la médiation sur ce conflit via le groupe de Minsk (que coprésident la France, la Russie et les États-Unis).

À Moscou, le Kremlin a annoncé mardi que Vladimir Poutine et Emmanuel Macron s'étaient entretenus de la situation par téléphone.

Les deux dirigeants, précise de son côté la présidence française, se sont mis d’accord pour poursuivre les efforts de la coprésidence du groupe de Minsk afin de faire respecter les engagements de cesser le feu pris par les parties ces derniers jours.

Ils ont convenu de la nécessité de relancer des négociations substantielles entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan sous les auspices de la coprésidence du Groupe de Minsk, ajoute l'Élysée.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan ont par ailleurs indiqué que leurs ministres respectifs des Affaires étrangères, Zohrab Mnatsakanyan et Jeyhun Bayramov, allaient rencontrer vendredi à Washington le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo.

Le département américain d'État n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat sur ces rencontres prévues, mais elles donnent à penser que les États-Unis souhaitent s'impliquer davantage dans le processus de paix à deux semaines de l'élection présidentielle américaine du 3 novembre.

La Turquie, alliée de l'Azerbaïdjan, estime pour sa part que la médiation du groupe de Minsk a échoué et qu'il revient à Ankara de jouer un rôle dans la recherche de la paix, conformément au souhait de Bakou.

L'Azerbaïdjan réclame le retrait des Arméniens du Haut-Karabakh, une demande rejetée par Erevan qui accuse Bakou de vouloir s'emparer de ses terres.

Les nouveaux combats entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan sont les plus violents depuis l'accord de cessez-le-feu conclu en 1994, qui a mis fin à une guerre ayant fait au moins 30 000 morts.

Leur reprise fait craindre que le conflit ne se transforme en guerre plus vaste impliquant la Turquie, proche de Bakou, et la Russie, liée à Erevan par un accord de défense. La région est en outre traversée d'oléoducs essentiels à l'approvisionnement des marchés mondiaux du pétrole et du gaz.

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