•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des études montrent des résultats mitigés du tocilizumab contre la COVID-19

Gros plan sur une boîte de tocilizumab.

Le tocilizumab est utilisé pour traiter la polyarthrite rhumatoïde grave et le syndrome de libération des cytokines potentiellement mortel.

Photo : Reuters / Pascal Rossignol

Agence France-Presse

Plusieurs études publiées mardi n'ont pas permis de trancher sur l'efficacité du tocilizumab, un médicament dont on espérait qu'il pourrait lutter contre le phénomène inflammatoire responsable des cas les plus graves de COVID-19 et réduire la mortalité.

Les résultats de trois études de qualité ont été publiés mardi dans la revue américaine JAMA Internal Medicine : une grande menée dans une soixantaine d'hôpitaux américains et deux plus petites, en Italie et en France, chez des malades sévères de la COVID-19, mais pas en état critique requérant une intubation.

La conclusion, telle que résumée par le docteur Jonathan Parr, de l'Université de Caroline du Nord, dans un éditorial : Les études française et italienne suggèrent un rôle potentiel pour le tocilizumab contre la COVID-19, mais ne fournissent pas de preuves claires d'efficacité, contrairement à l'étude américaine.

L'étude américaine, dite d'observation, n'a toutefois pas comparé le médicament, qui est donné en intraveineuse, à un traitement standard, ce qui aurait permis de conclure à une éventuelle relation de cause à effet.

À l'inverse, les études française et italienne étaient randomisées, c'est-à-dire que la moitié des malades ont reçu le médicament, tandis que l'autre moitié recevait les traitements habituels, ce qui a permis de réellement vérifier l'efficacité du tocilizumab.

Essais encore en cours

Ces résultats ne permettent pas de justifier l'utilisation de routine du tocilizumab contre la COVID-19 dans la plupart des centres, poursuit le docteur Parr, qui dit préférer attendre les résultats des cinq autres essais randomisés en cours, notamment le très grand mené au Royaume-Uni, l'essai Recovery.

Le tocilizumab (un type d'anticorps monoclonaux) était une piste jugée prometteuse pour traiter la deuxième phase de la maladie, quand le coronavirus provoque chez les patients une surréaction immunitaire aux conséquences potentiellement désastreuses pour les organes.

D'autres types d'anticorps de synthèse, notamment ceux développés par la société Regeneron et injectés au président américain Donald Trump, semblent à l'inverse efficaces, selon des résultats préliminaires.

Dans le détail, l'étude américaine indique une baisse de mortalité pour les patients ayant reçu l'injection dans les deux premiers jours après l'admission en soins intensifs, par rapport à ceux n'en ayant pas eu, mais les groupes n'étaient pas tout à fait comparables dans la gravité de leurs symptômes.

L'étude française, sur 131 patients, suggère une légère réduction du risque d'oxygénation, d'intubation ou de décès à 14 jours, mais à 28 jours, autant de patients étaient morts dans les groupes traités et non traités.

Quant à l'étude italienne, sur un nombre similaire de malades, aucun effet significatif n'a été observé sur la progression des symptômes ou la mortalité entre les deux groupes.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !