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Plus d’eau courante pour une Première Nation qui attend l’eau potable depuis 25 ans

Le centre de traitement des eaux de Neskantaga.

Un avis d'ébullition d'eau est en vigueur depuis 9393 jours dans la communauté de la Première Nation de Neskantaga, dans le Nord-Ouest de l'Ontario. Aucun avis de ce type n'a été diffusé aussi longtemps au Canada.

Photo : Facebook/Matawa First Nations

La Première Nation de Neskantaga, dans le Nord-Ouest de l’Ontario, a coupé l’eau courante en raison de la présence d’une écume huileuse dans son réservoir. La communauté pourrait devoir attendre les résultats de tests pendant 10 jours avant d'être en mesure de faire fonctionner le système à nouveau.

Le chef de la Première Nation Chris Moonias dit avoir entamé l'évacuation des membres les plus vulnérables. Il demande au gouvernement d'appuyer sa décision.

C’est l’état d’urgence! Je ne peux pas insister assez sur les dangers d’une telle situation, a-t-il lancé mardi au ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, lors de l’Assemblée des chefs de la Nation Nishnawbe Aski.

L'eau du réservoir.

Une couche huileuse est apparue dans le réservoir d'eau de la Première Nation de Neskantaga.

Photo : Facebook/Matawa First Nations

Même en temps normal, l’eau coulant des robinets des 90 maisons et commerces de la communauté est impropre à la consommation. Un avis d’ébullition est en vigueur depuis plus de 25 ans – aucun avis de ce type n'a été diffusé aussi longtemps au Canada.

Avant, on ne pouvait pas boire l’eau, mais au moins, on pouvait prendre notre bain et faire notre lessive.

Chris Moonias, chef de la Première Nation de Neskantaga

Le chef explique qu'il y a des problèmes de pression dans le système d’aqueduc depuis plusieurs mois. Avant de couper complètement l’eau courante, il soutient avoir dû fermer le système chaque nuit depuis le 8 octobre. Notre réservoir est sale parce qu'il semble que nous perdons de l'eau quelque part, dit-il.

Lundi, des experts d’Ottawa sont venus effectuer des tests, mais la Première Nation pourrait devoir patienter plus d’une semaine avant d’en avoir les résultats.

Aidez-nous, s'il vous plaît, faites sortir nos gens. Mettez-les en sécurité! a dit le chef en implorant le ministre Miller.

Réunion d’urgence

Le ministre Marc Miller s’est dit très inquiet de la situation.

J'ai demandé [aux équipes] d'accélérer les tests. Nous devons trouver un moyen de nettoyer l'eau et relever les défis du système de distribution, affirme-t-il.

Tests d'eau.

Une équipe d'Ottawa est venue faire des tests d'eau lundi.

Photo : Facebook/Matawa First Nations

Le gouvernement a organisé une rencontre d'urgence en fin d’après-midi mardi afin de discuter de la situation et de voir ce qui peut être fait, selon le ministre.

Attente pour le centre de traitement des eaux

Ce n’est pas la première fois que Neskantaga doit couper l'eau courante : l’an passé, le bris des pompes a entraîné une évacuation partielle de la communauté à ses frais. Services aux Autochtones Canada n’avait alors pas jugé qu’une évacuation était nécessaire, car il n’y avait pas de risque immédiat pour la santé.

La Première Nation de Neskantaga attend encore la fin de la construction d'un nouveau centre de traitement des eaux. Une fois qu'il sera fonctionnel, on pourra lever l’avis d’ébullition de l’eau.

Promis pour mai 2018, le projet a été retardé à plusieurs reprises. La construction du centre de traitement des eaux est encore en cours, selon le chef Chris Moonias. C'est très frustrant de vivre comme ça. Ma fille de 23 ans n'a jamais eu d'eau potable, dit-il.

C’est inacceptable que cette situation perdure depuis aussi longtemps, concède le ministre Miller.

Je suis heureux de savoir que la construction du nouveau centre de traitement des eaux sera bientôt terminée et sera une grande source de fierté pour la communauté.

Marc Miller, ministre des Services aux Autochtones

Pas moins de 61 avis à long terme sur la qualité de l’eau potable sont encore en vigueur au Canada. Le gouvernement s’est engagé à les lever d’ici mars 2021.

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