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Visons et COVID-19 : les éleveurs canadiens s’inquiètent des éclosions en Europe

Un éleveur tient un vison.

L'éleveur Thorbjoern Jepsen tient un vison dans sa ferme au Danemark, le 9 octobre dernier. Les autorités danoises ont exterminé quelque 2,5 millions de visons possiblement atteints de la COVID-19.

Photo : Associated Press / Henning Bagger

Des éleveurs canadiens de vison se disent vigilants, car des fermes d'élevage en Europe et aux États-Unis signalent des éclosions de COVID-19 et abattent des millions d’animaux possiblement atteints de la maladie.

Merv Wiseman, vice-président de l’association terre-neuvienne des éleveurs d’animaux à fourrure, surveille attentivement les éclosions au Pays-Bays (Nouvelle fenêtre), où plus de 100 exploitations ont dû fermer leurs portes, et au Danemark (Nouvelle fenêtre), où plus de 2,5 millions d'animaux ont été exterminés plus tôt ce mois-ci.

La maladie semble s’être propagée très, très rapidement. [...] Nous sommes tous vigilants et nous nous assurons que les mesures de sécurité sont en place et que nous avons des plans de contingence, explique M. Wiseman.

Alan Herscovici, agent de presse de l’Association des éleveurs des visons du Canada, indique que les éleveurs de visons resserrent les mesures de biosécurité, c’est-à-dire les protocoles déjà en place pour éviter la propagation des virus et la présence des animaux sauvages.

Un vison dans une ferme d'élevage à Litusovo, en Biélorussie.

Un vison dans une ferme d'élevage à Litusovo, en Biélorussie (archives).

Photo : La Presse canadienne / Sergei Grits

Le port de gants, d'un manteau et de bottes de sécurité est préconisé et les personnes présentes sont limitées au personnel responsable de l’élevage.

On sait depuis longtemps que les visons sont vulnérables à la grippe, mais on a aussi découvert qu’ils sont vulnérables à la COVID et qu’ils peuvent l’attraper des humains, indique M. Herscovici.

On a avisé les employeurs que si un employé est malade, il ne devrait pas travailler avec les animaux pour éviter que les animaux tombent malades.

Que se passe-t-il en cas d’éclosion?

M. Herscovici explique que la propagation de la COVID-19 dans les fermes d’élevage en Europe semble être le résultat de la présence de travailleurs atteints du virus, mais note que la contamination des humains par les visons n’a pas encore été prouvée.

MM. Herscovici et Wiseman soulignent que jusqu'à présent, aucun cas de COVID-19 n'a été détecté dans les fermes d’élevage de visons du Canada.

Il précisent que si une contamination est signalée, le vétérinaire en chef de la province est immédiatement avisé. Ce dernier décide la démarche à suivre : la quarantaine d’une grange ou d’une ferme au complet, ou l’extermination d’une population entière.

Dans les cas graves, comme certaines éclosions décelées en Europe, on va euthanasier tous les animaux juste pour contrôler la maladie et s’assurer que ça ne se répande pas, se désole M. Herscovici, en rappelant que l’automne est toutefois le moment de l’année où les visons élevés pour leur fourrure sont abattus.

Il ajoute pourtant que les éleveurs en Europe ont aussi dû abattre des animaux gardés spécifiquement pour la reproduction, ce qui représente une perte substantielle pour ces entrepreneurs qui dépensent d’importantes sommes à élever des animaux avec des traits génétiques spécifiques.

Un autre coup dur pour l'industrie

Merv Wiseman explique que l’industrie de la fourrure était déjà en difficulté avant la pandémie à cause de la surproduction et de la chute des prix des peaux. Le ralentissement économique causé par la crise sanitaire et les restrictions sur les déplacements nécessaires pour vendre les peaux aux enchères viennent jeter de l’huile sur le feu.

Il y a six ans, lorsque le prix d’une peau s’élevait à environ 100 $, il y avait environ 25 éleveurs de visons à Terre-Neuve-et-Labrador. À l’heure actuelle, le prix s’élève à environ 40 $, selon M. Herscovici.

Après plusieurs fermetures et la consolidation de certaines exploitations au cours des dernières années, il ne reste que six fermes dans la province, selon les chiffres du gouvernement provincial.

En termes du retour sur investissement, l’industrie de la fourrure est dans un creux historique, indique M. Wiseman. [Avant la COVID-19] on pensait que les prix allaient rebondir parce que les consommateurs en Russie et en Chine commençaient à manifester leur intérêt. Mais la pandémie a frappé et la relance n’est jamais arrivée.

En fait, les choses s’aggravent comme je n’aurais jamais pu l'imaginer.

Des éleveurs européens reçoivent une compensation

Merv Wiseman note que certains éleveurs européens confrontés à l'extermination de leur cheptel ont reçu une compensation gouvernementale. Pour le moment, les gouvernements canadiens n’ont pas annoncé de programmes similaires pour les éleveurs au Canada.

Lundi, le ministre des Pêches, de la Foresterie et de l’Agriculture de Terre-Neuve-et-Labrador, Elvis Loveless, n’était pas disponible pour une entrevue. Mais son ministère indique que toute décision sur le dépistage et la quarantaine d’animaux serait prise en collaboration avec la santé publique et l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

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