•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mort d’un ado de 16 ans : les Premières-Seigneuries critiquées par la coroner

La polyvalente de Charlesbourg

La polyvalente de Charlesbourg

Photo : Radio-Canada

Le bureau du coroner estime que la polyvalente de Charlesbourg et le Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries auraient pu faire mieux pour éviter la mort d'un adolescent de 16 ans dans un cours d'éducation physique. Il leur est reproché de ne pas avoir tenu compte des besoins particuliers de l’élève et de ne pas avoir utilisé le défibrillateur externe automatisé.

David Bluteau était atteint d’une maladie cardiaque et de paralysie cérébrale et il a succombé à un malaise cardiaque le 16 octobre 2018. Le cours d’éducation physique, malgré la recommandation de ses médecins, n’aurait pas été adapté à ses capacités.

Au contraire, les informations au dossier indiquent que tous les élèves, y compris David, avaient fait toutes les activités de la même façon, écrit la coroner dans son rapport publié mardi. L’état de santé du jeune homme était pourtant connu de l’école et des professeurs.

La coroner Tremblay indique que les parents de David Bluteau transmettaient diligemment tous les documents pertinents a l’école chaque début d’année scolaire. Dans un de ces documents, la coroner note que la physiatre de David Bluteau recommandait que les activités physiques soient adaptées à la situation de David et que celui-ci soit évalué en fonction de ses efforts et non en fonction des normes pour les jeunes de son âge.

Selon ce qu’a pu constater Me Tremblay dans son enquête, l’école semble s’être dissociée du problème en laissant la responsabilité à David, sous prétexte que celui-ci connaissait ses problèmes et était capable de les gérer .

Elle ajoute que l’adolescent en 5e secondaire était performant dans toutes les matières et ne voulait pas que sa moyenne académique diminue en ne participant pas aux activités du cours d’éducation physique.

Dans ces circonstances, la coroner est d’avis que la maladie préexistante de David ne peut à elle seule expliquer son décès.

Défibrillateur inutilisé

La coroner recommande aussi au Centre de services scolaire de mieux former son personnel sur l’utilisation du défibrillateur externe automatisé (DEA). L’enseignante qui a porté secours à David Bluteau quand il s’est effondré a pris le DEA en main, mais elle ne l’a pas utilisé, préférant attendre l’arrivée des ambulanciers.

Il se serait écoulé 25 minutes avant la première utilisation du défibrillateur externe automatisé (DEA) par les ambulanciers , estime la coroner. Monique Tremblay précise que le DEA n’aurait peut-être pas sauvé David Bluteau, mais l'utilisation rapide aurait, à tout le moins, augmenté ses chances de survie.

Le CSS des Premières-Seigneuries a décliné notre demande d'entrevue, disant vouloir prendre le temps de bien analyser le rapport de la coroner Tremblay avant de le commenter.

Le CSS s'explique

La secrétaire générale du CSS des Premières-Seigneuries, Martine Chouinard, explique que l’ensemble des intervenants qui ont porté secours à l’élève ce jour-là n’a pas jugé utile d’utiliser le DEA.

Elle souligne que même les policiers, qui sont arrivés sur les lieux huit minutes avant les ambulanciers, ne l’ont pas utilisé. Les policiers aussi sont intervenus. Ils ont pris en charge la situation. Ces intervenants-là n’ont pas jugé qu’il était requis d’utiliser le défibrillateur dans les circonstances. La gestionnaire assure que tous les membres du personnel sont formés en secourisme en milieu de travail et qu’un volet sur l’utilisation du DEA fait partie de cette formation.

Au sujet des cours d’éducation physique dont les exigences n’auraient pas été adaptées aux contraintes de santé de David Bluteau, Martine Chounard reproche à la coroner de ne pas avoir cherché à obtenir de clarifications de la part des enseignants.

L’élève a quand même eu dans son parcours scolaire quatre enseignants en éducation physique qui auraient été à même de pouvoir échanger sur comment se déroulaient les cours d’éducation physique. Malheureusement, notre personnel n’a pas eu l’occasion d’être entendu.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !