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Voyager outre-mer à 77 ans en dépit de la pandémie 

Les deux personnes qui posent dehors devant un lac et des arbres.

Malgré les péripéties liées à la pandémie de COVID-19, le couple ne regrette pas d'être parti en voyage à l'étranger.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Maude Montembeault

Un couple de septuagénaires de Trois-Rivières revient d’un mois en Hongrie et en Croatie. Un voyage minutieusement planifié avant la pandémie de COVID-19 que les aînés ne voulaient absolument pas annuler.

On est un peu fous, lance François Isabelle, 77 ans. J’aime mieux rester fou. C’est ma vie. À ses côtés, sa femme, Claudette Gervais, 75 ans, le tempère. Si on l’avait attrapée, on se serait trouvés moins fins.

Le 13 août dernier, le couple s’est envolé pour la Hongrie. Dans son cellulaire, monsieur Isabelle avait enregistré les résultats négatifs des deux tests de COVID-19 auxquels sa femme et lui devaient se soumettre avant le départ. Une sorte de certificat à donner aux douaniers une fois arrivés à Budapest, où tout s’est bien déroulé. Les mesures sanitaires sont presque les mêmes qu’ici, remarquent-ils lors de leurs déplacements en autobus, leurs repas dans les restaurants et leur séjour à l’hôtel.

Photo : Radio-Canada / courtoisie

Après huit jours dans la capitale hongroise, le couple loue une voiture, direction Croatie. À la frontière, la situation se corse. La douanière leur indique que leurs tests COVID-19 ne sont pas à jour. Elle leur mentionne connaître la situation des aînés au Québec.

Ça a l’air que vous vivez des moments avec les personnes âgées. Elle m’a dit ça en anglais, se rappelle monsieur Isabelle. J’ai été très surpris. Les personnes âgées dans les CHSLD, ça meurt.

Elle exige des preuves médicales actualisées. Elle accepte qu’ils traversent seulement s’ils se rendent immédiatement dans une clinique de dépistage, qui n’ouvrait que le lendemain matin.

Alors on a couché dans notre auto. Très l'fun. Ratatinée sur le banc d’en arrière et lui en avant qui n’a pas dormi , raconte madame Gervais.

Leurs tests étaient négatifs et leur ont permis de visiter la Croatie. On ne se sentait pas plus en danger là-bas. On se disait qu’un coup que les frontières seront passées, ça va être correct, témoigne le couple.

Quarantaine au retour

L'homme sur un vélo dans une rue.

À 77 ans, François Isabelle est encore très actif.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Depuis la fin de sa quarantaine, qui se terminait au début du mois d’octobre, François Isabelle a repris la natation et le vélo. À 77 ans, il se considère en pleine forme. Il parle avec passion de son voyage, que tout son entourage lui avait déconseillé de faire.

Après une longue carrière d’entrepreneur durant laquelle il a consacré la plupart de son temps à son entreprise, François Isabelle veut maintenant en profiter pendant que sa santé le lui permet. On vit de ça, des souvenirs. On est rendu à l’âge des souvenirs, dit-il. C’est parce qu’il n’a pas tellement voyagé avant de travailler très longtemps. Alors là, on se reprend, ajoute sa femme.

Les deux Trifluviens espèrent bien refaire leurs valises rapidement pour l’étranger, mais ils ne comptent pas repartir pendant la pandémie.

« C’est vraiment marginal »

Dans les bureaux de l’agence Voyages Arc-en-ciel, on pourrait presque entendre une mouche voler. L’arrivée de la grisaille automnale ravive tout de même un certain intérêt pour les destinations soleil. Les rares clients consultent les conseillers davantage pour des informations liées aux enjeux de la COVID-19 que pour planifier un voyage. Les aînés ne sont pas nombreux à vouloir voyager, selon lui.

La demande en provenance de la clientèle plus âgée relativement à des voyages outre-mer, c’est vraiment marginal, affirme Justin Bordeleau, vice-président de l’agence. On parle vraiment de quelques cas, ajoute-t-il. La majorité des gens sont conscients qu’il y a actuellement un avis d’éviter tout voyage non essentiel.

L'homme devant le logo de l'entreprise, avec un masque.

Justin Bordeleau, vice-président de l'agence Voyages Arc-en-ciel, à Trois-Rivières, affirme que peu de personnes âgées se rendent à l'étranger en ce moment.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Le gouvernement canadien a en effet émis plusieurs avertissements aux voyageurs, dont celui d'éviter tout voyage non essentiel. Justin Bordeleau prévient ses clients que le volume de sièges est actuellement inférieur à la normale et que les vols commerciaux ont leur limite. Le gouvernement a dit : "cette fois-ci, vous êtes avisés, on n’ira pas vous chercher avec des vols de secours", avertit-il.

Plusieurs clients ne savent pas que les transporteurs offrent une protection COVID-19, mais que le montant est limité. Il s’agit d’une protection pour les frais médicaux à destination, qui n’inclut pas l’annulation avant la date de départ.

Je comprends cette nostalgie de voyage là, je la vis moi-même. Pour certains, ça faisait partie de leur projet de retraite que de voyager, confie la Dre Caroline Marcoux-Huard, médecin-conseil pour le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ). Elle rappelle que voyager peut être très risqué.

De se retrouver en insuffisance respiratoire, de devoir potentiellement être intubé aux soins intensifs dans un pays qu’on ne connaît pas où les soins ne sont pas nécessairement les mêmes qu’ici. En plus, si on n’a pas une couverture d’assurances qui a comme exemption la COVID-19. De défrayer ça, de se faire rapatrier au travers de tout ça… Pour moi, ce serait un scénario d’enfer.

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